A titre d’illustration, les entreprises émergentes représentent aujourd‘hui plus de 13% du MSCI AC World. Cependant, les notions de marchés émergents ou développés sont de moins en moins pertinents. Aujourd’hui, nous nous acheminons plutôt vers un classement des pays en fonction de leur intérêt du point de vue des investissements, une conséquence bienvenue des débats entourant la dette publique.
Les marchés émergents tirent-ils leur épingle du jeu ?
Par le passé, c’est la forte croissance bénéficiaire enregistrée dans les principaux pays émergents qui était à la source de leur surperformance. Toutefois, les marchés émergents, tout comme leurs homologues des pays développés, ont souffert ces dernières semaines. Une première phase de correction avait déjà été entamée dans la sphère émergente il y a plusieurs mois en raison des tensions inflationnistes qui y règnent depuis la fin 2010.
La récente crise de confiance dans les pays développés due aux inquiétudes sur la dette souveraine en Europe et aux Etats-Unis a déclenché une nouvelle phase baissière. Certains secteurs étaient sans doute survalorisés, mais d’autres étaient et demeurent encore sousvalorisés.
Aujourd’hui, il convient de noter que le niveau de risque des pays émergents a fortement diminué - devises plus robustes et volatilité réduite notamment – et que les valorisations demeurent attrayantes par rapport à celles des pays développés. De plus, le niveau moyen d’endettement des pays émergents étant inférieur à celui des pays développés, les taux de croissance estimés de leur PIB devraient être trois fois supérieurs. Par ailleurs, leur dépendance vis-à-vis des exportations vers le monde occidental a nettement diminué alors que d’autres segments d’activité tels que la consommation domestique, les services financiers ou encore les infrastructures se sont développés à une vitesse considérable.
Croissance et processus de sélection
Si l’on regarde les marchés émergents dans leur globalité et de manière objective, nombre d’entreprises enregistrent une croissance bénéficiaire et un rendement des fonds propres supérieurs à ceux des sociétés du monde développé. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte, notamment un fort taux de croissance et une structure de coûts des entreprises favorable - charges sociales, loyers et taux d’imposition souvent plus avantageux que dans les pays développés.
Quels thèmes privilégier
D'après Thomas Gerhardt, Responsable des marchés émergents et matières premières au sein d’Edmond de Rothschild Asset Management, les marchés émergents ne formeraient pas un groupe homogène de pays mais deux types de pays émergents très différents : d’une part, ceux qui dépendent des pays occidentaux comme c’est le cas pour la Corée, Taïwan, la Malaisie ou encore le Mexique, leur économie reposant sur les exportations. D’autre part, ceux que l’on pourrait qualifier d’ « autonomes », tels que l’Inde, l’Indonésie et le Vietnam. Il existerait donc d’importantes différences structurelles au sein même du monde émergent.
Globalement, toutefois, la dépendance des marchés émergents envers les pays développés diminue. Les flux commerciaux et la collaboration intra-pays émergents sont en très nette augmentation. L’Afrique et la Chine en sont de parfaits exemples, ce dernier étant aujourd’hui le plus gros investisseur sur le continent africain. Le rôle primordial de la Chine au sein des pays émergents, comme développés est un fait acquis.
Si au cours des douze derniers mois, le marché actions chinois a subi une forte correction, c’est essentiellement dû à d’importantes tensions inflationnistes. Les autorités monétaires chinoises ont cependant décidé d’y remédier en augmentant le seuil minimum des réserves obligatoires des banques et en relevant les taux d’intérêt, entraînant ainsi un ralentissement de la hausse des prix. Quand le pic inflationniste sera atteint, le marché chinois pourrait être le premier à se redresser.
Communiqué original Edmond de Rothschild Asset Management