Pourtant, la réalité micro-économique offre un contraste saisissant avec la situation macro-économique actuelle. En Europe notamment, les sociétés présentent d’excellents fondamentaux : marges historiquement élevées, bilans solides, liquidités abondantes.
Un contexte macro-économique complexe
Une croissance molle en Europe et un risque majeur : la crise de la dette en zone euro.
Après la bonne tenue de l’activité depuis l’automne 2010, les chiffres du dernier trimestre ont enregistré un infléchissement préoccupant. En Europe, le rythme de croissance de la zone euro a reculé de 0,8% à 0,2% au deuxième trimestre (en variation trimestrielle), même si l’Allemagne s’est distinguée par un taux de croissance de 0,1% alors qu’il avait été de 1,3% (initialement 1,5%) au premier trimestre. Les interrogations de l’été 2010 sur un nouveau décrochage de l’activité sont revenues au premier rang un an plus tard. En Europe et même dans les pays émergents, les chefs d’entreprises laissent entrevoir une poursuite de la décélération de l’activité dont l’amplitude demeure incertaine. En 2011 et 2012, les États-Unis et l’Europe devraient enregistrer une croissance inférieure à 2 %.
La zone euro doit faire face à des problèmes distincts (dette souveraine, institutions, dispositifs financiers) dont les effets se combinent. L’impréparation et les insuffisances de son fonctionnement institutionnel sont un frein à une solution du problème des dettes souveraines. Le deuxième plan d’aide à la Grèce n’a pas encore reçu de solution satisfaisante. Le fonds de stabilisation européen (FESF) dans sa nouvelle formule ne sera probablement pas mis en place avant le quatrième trimestre et ses dimensions actuelles (440 milliards d’euros) paraissent insuffisantes au regard des besoins éventuels de l’Espagne ou de l’Italie (1,8 trillion d’euros soit, 119% du PIB).
A ce jour, le doute persiste dans l’esprit des investisseurs sur la capacité de l’Italie et de l’Espagne à faire la preuve de la qualité de leur dette. L’action des gouvernements espagnols et italiens en matière de déficit public ne pourra être jugée que dans le temps et, dans l’intervalle, la BCE est la seule institution européenne vraiment opérationnelle. Son intervention sur le marché secondaire a permis d’enrayer l’envol des taux d’intérêt sur les dettes italienne et espagnole. Quels que soient les doutes des marchés, l’Italie n’est pas la Grèce et elle affiche un excédent primaire (solde avant charge de la dette) de son budget. De même, les chiffres de croissance en Espagne montrent qu’une progression annuelle de 0,7% a été possible malgré l’effort que représente la baisse sur un an du déficit public de 11% à 6% du PIB.
Cette absence de visibilité a immédiatement affecté le secteur bancaire européen. Les conditions de financement à moyen terme sont devenues plus onéreuses, mais les émissions d’obligations sécurisées se poursuivent et la BCE continue à assurer la liquidité du système, y compris en dollars. [...]