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Les investisseurs peuvent-ils encore envisager des performances attractives avec un niveau de risque limité sur les marchés obligataires ?

Analyses - 20/07/2017

Les marchés obligataires semblent épuisés après presque une décennie de politiques monétaires ultra-accommodantes adoptées par toutes les économies développées.

Le niveau du taux allemand à deux ans, qui se situe à -0.60 %, en offre un exemple flagrant : il montre combien les marchés obligataires sont tributaires des manoeuvres des banques centrales. Mais, par ailleurs, il y a aussi les obligations portugaises et grecques avec leur taux à 2.8 % et à 5.8 % respectivement, témoignant du fait que la richesse n’est pas spécifique à tous les marchés obligataires.

Pour cette raison, et afin d’atteindre un objectif de rendement autour de 5%, nous pensons qu’il est nécessaire d’adopter une gestion flexible, active et sélective de leur portefeuille de titres obligataires, puisque les sources d’opportunités et de risque sont toujours présentes, et qu’il est crucial, aujourd’hui plus que jamais, de faire appel à des spécialistes, tant pour l’allocation et la sélection de titres, que pour la gestion dynamique des taux
d’intérêt et des risques de crédit. Les derniers mouvements de taux enregistrés fin juin sur les taux allemands prouvent encore une fois que la flexibilité est essentielle si l’on entend investir dans les marchés obligataires
dans ce contexte d’insécurité.

Voic les principales pistes offrant, selon notre analyse, de belles opportunités

  • La dette financière est le segment de marché qui nous paraît receler un bon potentiel de valeur, tant en absolu qu’en relatif. Les valorisations sont intéressantes, et les rendements qu’offrent les emprunts subordonnés demeurent attractifs en comparaison d’instruments de crédit traditionnels à notation similaire. Les risques d’une remise en question de l’Union européenne s’éloignent, et le système bancaire retrouvant peu à peu sa santé, ce à quoi s’ajoute le potentiel assouplissement de la réglementation sont également des facteurs porteurs.
  • En Europe, malgré la diminution de la perception du risque et le fait que la BCE ait amorcé des pourparlers au sujet de l’avenir de l’assouplissement quantitatif, nous voyons un potentiel dans certains investissements, le Portugal et la Grèce en particulier, qui offrent des rendements intéressants et davantage de marge pour le resserrement de spreads. En effet, nous nous attendons, pour le Portugal, à une inclusion future dans les indices obligataires, et pour la Grèce, à des pourparlers en vue de la renégociation de la dette qui commenceront juste après les élections en Allemagne.
  • En ce qui concerne le crédit, le marché «investment grade» américain affiche un profil risque/rendement intéressant, offrant des rendements absolus attrayants par rapport à d’autres segments du marché crédit «investment grade», ainsi qu’une certaine exposition à la «Trumponomie», favorable aux entreprises (position à duration neutre). Le crédit à haut rendement « en euros » offre toujours une certaine valeur avec des spreads faibles, en termes absolus, par rapport aux moyennes historiques, et avec un levier plus faible pour le marché, et des indicateurs tels que la prime de risque rapportée au levier financier laissent entrevoir une marge de performance supplémentaire.
  • Sur les marchés émergents, au vu, d’une part, de l’amélioration des fondamentaux et la régularité des flux et, de l’autre, de la volatilité sur les taux et les devises ainsi que des incertitudes politiques, nous privilégions les investissements spécifiques et les monnaies fortes, tout en demeurant prudents sur le niveau d’exposition globale au marché.

Sur le plan de la zone risque

  • Les obligations souveraines allemandes et plus généralement les emprunts souverains à notation supérieure causent quelques soucis, car nous prévoyons que les banques centrales adopteront une attitude plus haussière, à l’instar de Mario Draghi, président de la BCE, de Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, et de Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada.
  • Aux États-Unis, nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale procède à davantage de hausses que ne le prévoit actuellement le marché, ce dont le segment à court terme pourrait souffrir.
  • Le resserrement des spreads pour la dette à haut rendement (aux États-Unis plus particulièrement) et pour la dette émergente signifie un moindre potentiel d’amortissement en cas d’épisode d’aversion au risque, raison pour laquelle nous maintenons quelques protections stratégiques sur ces segments.

Benjamin Melman
Directeur Allocation d’actifs et Dettes souveraines
Edmond de Rothschild Asset Management


Cette analyse est extraite du premier numéro de la House View publiée par Edmond de Rothschild.

Cette publication présente les principales convictions d’Edmond de Rothschild en matière de macroéconomie, d’allocation stratégique et pour les principales classes d’actifs.

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