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N'ignorons ni le cycle, ni les banques centrales

Stratégie d'allocation d'actifs - 05/10/2017

Le cycle de reprise mondiale se poursuit à bon rythme tandis que l’inflation demeure stable et anormalement faible (à l’exception notable du Royaume-Uni). Dans cet environnement où l’accélération économique se distingue dans les pays industrialisés, les grandes banques centrales des pays du G7 (sauf la Banque du Japon) poursuivent prudemment ou s’apprêtent à mettre en place un léger durcissement de la politique monétaire.

La reprise se poursuit 

Deux phénomènes s’affirment, en contradiction avec le comportement du marché qui a remis en cause les chances de reflation sur lesquelles il avait tablé dans la foulée de l’élection de Donald Trump : 

  • La reprise se poursuit et les perspectives de relâche budgétaire en Allemagne, probablement au Japon et aux Etats-Unis l’an prochain, donnent un peu plus de visibilité sur le cycle. Même si la croissance n’a pas été jusqu’ici en mesure de générer de l’inflation, rien n’empêche de tabler sur une toute autre dynamique dans le futur. Schématiquement, certains experts, comme Janet Yellen, pensent que le lien entre croissance et inflation a simplement été un peu distordu par la grande crise de 2008 mais sera restauré progressivement. D’autres pensent que l’inflation est devenue un phénomène mondial (la croissance domestique ne jouerait plus qu’un rôle subalterne) plombé par d’importants changements structurels (guerre des prix issue de l’émergence d’acteurs comme Amazon sur de nouveaux créneaux). Nous sommes enclins à considérer que l’inflation devrait peu à peu se normaliser, mais que surtout les marchés, faute de preuves tangibles, ne doutent pas assez du scénario d’une poursuite d’une inflation anormalement faible et stable.
  • Une grande majorité de banques centrales nous embarquent vers un univers de taux plus élevés, avec toute la prudence nécessaire eu égard à la faiblesse de l’inflation mais aussi la volonté de ne pas susciter de soubresauts de marchés. Mais le comportement des marchés montre que les investisseurs peinent encore à y croire.
A retenir
  • Regain d’intérêt pour le Japon
  • Prise de profits sur les obligations subordonnées financières
  • Sous-pondération des actions anglaises

Les actions japonaises offrent la valorisation la plus attractive

Il y a donc un risque de retour de balancier sur les marchés qui nous conduit à avoir baissé tactiquement nos positions sur les obligations américaines mais aussi à remonter les investissements en actions japonaises au détriment des actions émergentes. En effet, les premières tendent à surperformer et les secondes à sous-performer dans un environnement plus reflationniste ou de remontée de taux d’intérêts. Par ailleurs, au Japon, la reprise est manifeste et les tensions sur le marché du travail battent des records historiques, alors que la banque centrale maintient une politique monétaire très expansionniste. Ce pays est donc un excellent candidat pour la reflation, l’obstacle principal que les autorités font tout pour contrer étant le frein au niveau des comportements que 25 ans d’environnement déflationniste auront pu entraîner. Par ailleurs, en convoquant de nouvelles élections, Shinzo Abe remet à l’ordre du jour un agenda volontariste, car quelle que soit l’issue du prochain scrutin, le programme consiste à s’assurer de la pérennité de la reprise. Les actions japonaises sont également intéressantes car elles offrent la valorisation la plus attractive parmi les principaux marchés. A contrario, les actions émergentes, après un excellent parcours cette année, se voient actuellement offrir moins de potentiel. Bien surpondérées dans les portefeuilles des investisseurs, elles pourraient être victimes de prise de profit, notamment du fait que le cycle des valeurs technologiques et des matières premières est déjà bien mature. Et la baisse du dollar et des rendements obligataires ne seront toujours pas présents pour doper ces marchés.

Nous prenons également quelques profits sur les obligations subordonnées financières, tout en restant surpondérés. Nous ne décelons pas de dangers spécifiques concernant la classe d’actifs qui offre toujours dans l’univers obligataire l’un des meilleurs couples rendement-risques. Enfin, nous abaissons le score sur les actions anglaises. Le revirement de la Banque d’Angleterre en faveur d’un durcissement monétaire et le risque de « hard Brexit » nous invitent à la sous-pondération de ce segment du marché.

    Nos vues pour octobre Evolution par rapport au mois précédent
ACTIONS
US
Europe
  Euro
  Royaume-Uni
Japon
Emergents
TAUX
US
Euro
Investment Grade
High Yield
Dette émergente (hard currency)
Monétaire
DIVERSIFICATION    
Convertibles Euro
Dollar
A suivre
  • Prochaine réunion de la BCE : 26 octobre
  • Prochaine réunion de la Fed : 31 octobre et 1er novembre
  • Prochaine réunion de la BoJ : 30 et 31 octobre



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