​​

Semaine de rebond sur les marchés

Analyse de marché - 15/07/2016

Les marchés d’actions ont fortement rebondi sur les principales bourses mondiales tandis que les taux des emprunts d’Etats se sont tendus aux Etats-Unis comme en Europe.
Actions
européennes
Actions
américaines
Actions
japonaises
Marchés
émergents
Matières
premières
Dettes
d'entreprises

Les marchés d’actions ont fortement rebondi sur les principales bourses mondiales tandis que les taux des emprunts d’Etat se sont tendus aux Etats-Unis comme en Europe. Ce retour en grâce des marchés s’explique par des phénomènes techniques (la levée de protections mises en place avant l’échéance du Brexit et la faible exposition au risque des investisseurs), la publication de statistiques économiques encourageantes aux Etats-Unis (création d’emplois, l’ISM des services supérieur aux attentes), la possibilité d’un prochain assouplissement de la politique monétaire et fiscale au Japon et au Royaume-Uni, le discours de la Fed permettant de borner le risque de resserrement monétaire, et la stabilisation de la croissance en Chine.

Les marchés seront sensibles à la publication des stress tests de la BCE sur les banques européennes le 29 juillet, la question étant de prendre la mesure de l’état de santé des banques italiennes pour estimer leur besoin de recapitalisation. Les dernières déclarations laissent à penser que les négociations entre l’Italie et l’Union européenne pour laisser l’Etat recapitaliser des banques du pays progressent. Toutefois, les marges de manœuvre cédées à l’administration Renzi ne sont pas encore connues. L’incertitude politique demeure élevée.  

Les préoccupations liées au Brexit semblent presque oubliées alors même que le calendrier politique s’est vivement accéléré au Royaume-Uni, avec la nomination de Mme May comme Premier ministre et d’un gouvernement dont la composition reflète l’une de ses première déclaration : « Brexit means Brexit ». La probabilité (qui était objectivement assez faible) que le Brexit n’ait finalement pas lieu semble totalement effacée. Si cette clarification méritait d’avoir lieu, il est à ce stade impossible de savoir quelle tournure prendra la négociation tant attendue, d’autant plus que l’article 50 n’a pas été sollicité et qu’il ne devrait pas l’être avant la fin de l’année. L’incertitude sur l’impact économique de moyen terme du Brexit va donc perdurer de nombreux mois. 

Rappelons également que la date du référendum italien sur des changements constitutionnels (prévu en octobre) demeure inconnue. Enfin, notons la dégradation de l’avance de Mme Clinton sur Mr Trump dans les sondages.

 

 

  Actions européennes

haut de page

Semaine de rebond avec notamment les secteurs banques et automobile qui ont repris des couleurs.

En Italie, le secteur bancaire a été porté par les propos d’Angela Merkel évoquant une résolution rapide du conflit portant sur les modalités de recapitalisation des banques italiennes, au premier rang desquelles la banque Monte dei Paschi di Siena. Pour rappel, les stress tests de l’EBA qui seront publiés durant le week-end du 29 juillet sont fortement attendus. De son côté, Unicredit a annoncé une revue stratégique et a d’ores et déjà cédé 10% du courtier en ligne Finecobank, ce qui porte sa participation à 55%.

Au sein du secteur automobile, Daimler a annoncé plus tôt que prévu initialement ses résultats opérationnels, largement supérieurs au consensus, mais les perspectives 2016 n’ont pas été relevées. Chez Peugeot, la croissance des ventes en Europe au premier semestre est compensée par une moins bonne dynamique en Chine et en Asie du Sud-Est, et le constructeur anticipe un ralentissement des ventes de voitures au deuxième semestre en raison du Brexit.

L’activité continue d’être porteuse au sein du secteur de l’aéronautique civil comme en témoignent les nombreuses commandes engrangées par Airbus lors du salon de Farnborough. Le constructeur en a profité pour revoir à la hausse sa prévision de croissance de marché pour les 20 prochaines années, mais a annoncé une révision en baisse de son objectif de livraisons d'A380 à 12 par an à partir de 2018, contre 27 en 2015.

Nokia et Samsung ont annoncé cette semaine l’extension de leur accord sur des licences croisées de propriété intellectuelle. Accor a annoncé un projet de cession du contrôle de la foncière Hotel Invest qui détient les murs d’hôtels, afin de se donner les moyens de renforcer dans ses activités hôtelières. Eutelsat a initié le processus de cession de sa participation de 33.69% dans Hispasat. Bayer a  annoncé le  relèvement de son offre sur Monsanto, et Infineon le rachat de la division Wolfspeed de Cree pour 850 millions de dollars soit 4,9 fois les ventes.

 

 

  Actions américaines

haut de page

Les marchés actions américains ont signé une forte progression au cours des derniers jours. Les chiffres très positifs des créations d’emplois pour le mois de juin furent suivis d’indicateurs économiques encourageants. L’indice de confiance des petites et moyennes entreprises (NFIB) a surpris par son niveau élevé et l’indice du PPI (prix à la production) était également au-dessus des attentes au mois de juin, notamment la mesure hors énergie et nourriture qui progressait de 1.3% contre 1% attendu. 

Dans ce contexte plutôt rassurant, JPMorgan a surpris à deux reprises : une première fois en annonçant très médiatiquement une hausse des salaires généralisée pour ces employés, citant l’importance de sécuriser un actif stratégique – des employés qualifiés - de plus en plus rare.  La seconde surprise provient de sa robuste publication de résultats trimestriels, ceci en dépit d’un environnement de taux bas. Les crédits octroyés ont progressé de près de 10% et la société continue de penser que l’économie n’est qu’en milieu de cycle et conserve donc du potentiel d’expansion.

La saison de publication de résultats fut également ouverte par Omnicom (agence publicitaire), Delta Airlines ou encore Yum Brands. Dans l’ensemble les chiffres trimestriels furent bien accueillis, mais il est trop tôt pour esquisser une quelconque tendance.  Les publications de Citigroup, Wells Fargo, Bank of America ou encore IBM dans les prochains jours seront suivies attentivement.

Au cours des cinq derniers jours, ce sont les secteurs des matériaux et des financières qui progressent le plus fortement. Les secteurs traditionnellement défensifs (services publics et consommation de base) ne participent pas ou peu au rebond.

 

 

  Actions japonaises

haut de page

L’indice TOPIX a bondi de 6,9%, le yen se dépréciant et les marchés mondiaux enregistrant un rallye. Après la victoire retentissante de la coalition du Premier ministre Shinzo Abe dimanche dernier à la Chambre des Conseillers, le sentiment des investisseurs s’est amélioré grâce aux attentes grandissantes concernant des mesures économiques de plus de 10 trillions de yens et de nouvelles stratégies de croissance visant à relancer l’économie.

Les 33 secteurs ont terminé la semaine en hausse. Le secteur qui a tiré son épingle du jeu est celui des « Autres Produits », qui a gagné 25,1%, grâce à Nintendo. L’éditeur n°1 de jeux vidéo au Japon s’est envolé de 69,4% en raison d’anticipations selon lesquelles les ventes augmenteraient fortement grâce au succès planétaire de son nouveau jeu vidéo mobile, Pokemon Go. Après son lancement le 6 juillet aux Etats-Unis, l’application caracole en tête des ventes et des téléchargements. Ce jeu devrait également être vendu au Japon et dans d’autres pays.

Du côté négatif, ONO PHARMACEUTICAL CO s’est vu octroyer la licence pour développer et commercialiser son nouveau médicament anti-cancer Opdivo, mais le cours de Bourse a chuté de 3,9%. Les investisseurs ont réagi à un article publié sur le site Internet de la Société japonaise d’oncologie médicale selon lequel des patients seraient décédés de pneumonie après avoir pris le médicament.

 

 

  Marchés émergents

haut de page

Les marchés émergents ont terminé la semaine en territoire positif, les données économiques meilleures que prévu en provenance de Chine ayant joué le rôle de principal catalyseur.

L’économie chinoise se stabilise grâce à la hausse des prêts octroyés et des dépenses de consommation. Les données suggèrent que l’économie réagit aux nouvelles mesures de relance. Le PIB a progressé de 6,7% au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente. La production industrielle et les données de la vente au détail en juin ont toutes deux dépassé les estimations et un rapport de la banque centrale a révélé que l’estimation la plus large des nouveaux crédits octroyés dépasse les prévisions des analystes.

Mardi, la Cour permanente d’arbitrage de la Haye a indiqué que la Chine n’avait pas de droits historiques sur plus de 80% de la mer de Chine méridionale. Les revendications chinoises se heurtent depuis longtemps à celles de ses voisins (Brunei, Malaisie, Philippines, Taiwan et Vietnam), mais les tensions se sont renforcées dernièrement car la Chine harcelait de plus en plus les pêcheurs, réclamait et s’emparait de force de certains territoires.
Les sociétés indiennes ont commencé à publier leurs résultats trimestriels.

Le secteur informatique a délivré des résultats mitigés : tandis que les marges chez TCS ont réservé de bonnes surprises, le chiffre d’affaires et le résultat net d’Infosys sont ressortis inférieurs aux attentes. Infosys a donc légèrement revu en baisse ses prévisions de résultats au titre de l’exercice 2017. Dans le secteur financier, IndusInd Bank, a publié des résultats en ligne avec les attentes des investisseurs.

En Russie, la vente d’une participation de 10,9% dans Alrosa PJSC a été la plus importante cession d’une participation d’Etat depuis que le gouvernement a réduit sa participation dans le premier producteur de diamants bruts au monde il y a presque trois ans de cela. Géré par les deux plus grandes banques d’Etat de Russie, les actions ont été évaluées avec une décote de 3,8% par rapport au cours de clôture d’Alrosa de vendredi.
La dynamique positive continue, les fonds actions marchés émergents enregistrent une collecte nette.

 

 

  Matières premières

haut de page

Après sa forte baisse de la semaine dernière pour aller toucher un point bas depuis 2 mois à 44,3 dollars (Brent), le pétrole a légèrement progressé cette semaine. Ce rebond technique a cependant été limité suite à la publication des stocks hebdomadaires du département de l’Energie aux US. Bien que les stocks de bruts soient ressortis en baisse, l’augmentation des stocks d’essence continue de soulever des inquiétudes alors que la ‘driving season’ est caractérisée par une forte demande saisonnière propice au déstockage.

L’activité de forage continue de montrer des signes de reprise avec 10 rigs ajoutés cette semaine. La hausse de ces dernières semaines (depuis fin mai, 35 rigs ont été ajoutés) est également sujette à questionnement quant à l’impact sur le ralentissement de la production on-shore américaine. La production américaine est ressortie en hausse cette semaine (+57k b/j), expliquée par une hausse de l’Alaska (suite à la baisse de la semaine dernière) alors que la production on-shore et au Golfe du Mexique continue de baisser. Le rapport mensuel de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) se veut plutôt rassurant suite aux incertitudes causées par le Brexit sur la demande. L’agence a révisé à la hausse ses attentes sur la croissance de la demande mondiale en 2016 à 1,4M b/j (contre 1,3M b/j précédemment) grâce à une « remarquable résilience de la demande OCDE en particulier en Europe ». La production OPEC est en hausse en juin pour atteindre 33,2M b/j (+0,4M b/j), soit un plus haut depuis 8 ans, mais elle devrait être compensée par une baisse de la production non-OPEP (attendue à -0,9M b/j en 2016 par l’agence). Néanmoins, l’agence s’inquiète de l’état des niveaux d’inventaires en zone OCDE.

Les prix des métaux de base ont fortement rebondi cette semaine après la publication des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis la semaine dernière. La baisse du dollar, couplée aux attentes de politiques monétaires accommodantes a redonné des couleurs aux investisseurs. Le minerai de fer progresse par exemple de 6% cette semaine sur des attentes de stimulus en Chine. Nous sommes assez septiques vis-à-vis de ce mouvement car il n’est pas justifié par une amélioration des fondamentaux : l’offre est toujours abondante, les stocks dans les ports chinois sont au plus haut et la production d’acier est atone. Le prix du Nickel profite également de la politique environnementale aux Philippines qui vient d’annoncer la fermeture de 2 mines.

Petite faiblesse sur le prix de l’or cette semaine qui rend 40 dollars pour venir s’établir à 1330 dollars l’once, expliqué par la reprise d’appétit pour le risque des investisseurs.

 

 

  Dettes d'entreprises

haut de page

Crédit

Le marché du crédit reste solide en Europe, avec un Main qui s’est resserré de 75bps à 71 bps et un Xover qui s’est resserré également de  334bps à 320bps vendredi.
Les marchés ont positivement réagi à l’arrivée de Theresa May au poste de Premier ministre du Royaume-Uni, plus tôt qu’attendu.La BoE a quant à elle maintenu son taux à 0,5% et conservé son programme de rachat d’actifs à 375 milliards de livres.

Rebond des financières avec l’amélioration du sentiment sur le système bancaire italien. Une augmentation de capital de 4 milliards d’euros et des cessions de crédits douteux seraient en discussion pour Monte dei Paschi.  Le nouveau CEO d’Unicredit a annoncé des cessions d’actifs cette semaine pour 1.1 milliard d’euros et a confirmé la nécessité d’une augmentation de capital.

Sur le marché du High Yield, Sisal, un opérateur de « Gaming » italien a émis avec succès 725 millions d’euros  en deux tranches (FRN at E+6.625% et EUR 400m 7 yrs NC3 a 7%) pour financer son rachat par CVC.

Convertibles 

Les actions ont enregistré un rallye grâce à de bonnes nouvelles qui sont venues soutenir les gains cette semaine (Eurostoxx +4,01%, Nikkei +9,21% jusqu’à vendredi). L’Asie a enregistré une solide performance soutenue par la victoire aux élections de Shinzo Abe au Japon. Son gouvernement et ses partenaires de la coalition ont remporté l’élection à la Chambre des Conseillers (chambre haute du parlement) avec une très forte majorité des deux tiers. M. Abe s’est déjà engagé à prendre des mesures « importantes et audacieuses » et la prochaine série de mesures de relance serait en cours d’élaboration (la « monnaie hélicoptère » comme évoquée avec M. Bernanke ?). Ceci pourrait donner lieu à une intervention de la Banque du Japon les 28-29 juillet.

Le ton était également positif aux Etats-Unis où selon le Livre Beige « l’activité économique devrait continuer  de progresser à un rythme modéré ». Les groupes donnant généralement une première tendance comme Alcoa et JP Morgan ont bien démarré la saison de publication des résultats du deuxième trimestre.

Prudente après le référendum sur le Brexit, la Banque d’Angleterre a maintenu les taux inchangés à des niveaux historiquement bas, M. Carney indiquant « qu’un assouplissement de la politique monétaire serait probablement nécessaire pendant l’été ».
Le prix du pétrole a eu du mal à franchir la barre des 47 dollars en raison des stocks élevés aux Etats-Unis. Néanmoins, les obligations convertibles liées au pétrole ont enregistré une solide performance, notamment la nouvelle Tullow 21 (à présent au-dessus des 111). En raison d’un rééquilibrage des indices, certains noms de référence ont été bien soutenus (par exemple, Airbus, Dassault). Sur le marché primaire, Kunlun Energy a levé 3,35 milliards de yuans via une obligation convertible à échéance 3 ans avec un coupon à 1,625% et une prime de 15% (taille et prime plus faibles et coupon plus élevé que prévu). Malgré un classement en catégorie A (ce qui est rare sur AsiaEx), la structure liée à la devise de CNH constitue un frein. Une partie de l’opération sera utilisée pour l’acquisition de la participation de PetroChina dans Kunlun Gas pour 14,8 milliards de yuans.

Steinhoff a fait part de sa décision d’acheter le discounter britannique Poundland dans le cadre d’une offre à 100% en cash de 600 millions de livres, car il cherche à développer sa présence sur le marché discount au Royaume-Uni. Nous serons particulièrement attentifs au renforcement de la participation du fonds activiste américain Elliot Capital (participation actuelle de 13,2%) dans Poundland. Les émetteurs européens ont annoncé leurs résultats du 2ème trimestre, dont Casino qui a publié un chiffre d’affaires meilleur que prévu, en hausse de +3,8% à données comparables à 9,97 milliards d’euros, grâce à une amélioration des chiffres en Amérique latine, à la fois pour les produits alimentaires et non alimentaires. 

Achevé de rédiger le 15/07/2016