La politique monétaire revient au centre des débats

Asset Management - 02/09/2016

La poursuite de la normalisation de la politique monétaire est revenue au centre des débats. Le discours de Janet Yellen lors du symposium de Jackson Hole s’est révélé optimiste sur l’état actuel de l’économie américaine. En rappelant que cette dernière se rapprochait des objectifs fixés par la Fed en termes d’inflation et de plein emploi, ce discours confirme selon nous le scénario d’une remontée progressive des taux d’ici le mois de décembre. La probabilité de hausse des taux de la Fed se maintient d’ores et déjà à 35% pour le mois de septembre et 60% pour le FOMC de décembre.
Actions
européennes
Actions
américaines
Actions
japonaises
Marchés
émergents
Matières
premières
Dettes
d'entreprises

La bonne manière pour faire la différence entre le bruit et le signal consiste vraisemblablement à se concentrer sur les trois principaux officiels de la Fed. Ainsi, après les propos de Dudley et Fisher en faveur d’une nouvelle hausse des taux, Yellen est venue valider la préparation d’une nouvelle action. En termes d’impacts sur les marchés de taux, si l’on note une légère tension sur les taux courts, la partie longue de la courbe de taux reste particulièrement stable.

Sur le plan de la conjoncture économique, notons la bonne résistance de l’économie britannique en dépit des Cassandre qui prévoyaient une baisse brutale de l’activité après le Brexit. Après les bons chiffres d’emplois et de la confiance des ménages, les enquêtes d’activité dans le secteur manufacturier et de la construction demeurent bien orientées. Sur le marché des changes, la livre a nettement rebondi dans le sillage de ces statistiques. Aux Etats-Unis, les chiffres économiques continuent de se situer au-dessus des attentes. L’enquête d’activité dans le secteur manufacturier, sensiblement inférieure aux attentes et au seuil des 50, avec une composante « emploi » à son plus bas niveau depuis le début de l’année, est venue tempérer cet enthousiasme.

S’agissant de l’allocation d’actifs, nous demeurons confiants sur l’évolution des marchés à horizon fin d’année, en particulier sur les actions de la zone euro et les obligations High Yield de cette zone, dans un contexte où la BCE dispose des marges de manœuvre suffisantes pour prolonger ses achats d’actifs au-delà de mars 2017.

 

 

  Actions européennes

haut de page

Les marchés européens n’auront finalement que peu réagi aux propos tant attendus de Janet Yellen et se seront affichés quasi stables sur la semaine écoulée. La publication de chiffres décevants de ventes au détail en Allemagne et des dépenses des consommateurs en France sur le mois de juillet, ou la remontée du taux de chômage en zone euro en juillet n’auront pas non plus eu d’impact significatif.

Le secteur des télécoms a été très en vue. Bouygues a affiché des résultats meilleurs qu’attendu grâce à la bonne performance commerciale des télécoms et présente un carnet de commande soutenu dans la construction dont la rentabilité s’améliore. Le management laisse par ailleurs ses perspectives d’une amélioration de la profitabilité en 2016 inchangées et a créé la surprise avec la nomination de deux directeurs généraux adjoints pour assister Martin Bouygues (le responsable de Bouygues Telecom Olivier Roussat, et le directeur financier Philippe Marien).

Iliad a pour sa part dévoilé une bonne publication au titre du deuxième trimestre, enregistrant dans le mobile 180.000 nouveaux recrutements, un chiffre légèrement en-dessous des attentes du consensus mais meilleur que ses concurrents sur le trimestre (Orange +152.000, Bouygues +171.000 et SFR -254.000). Bonne performance en Broadband (large bande) également avec +45.000 nouveaux recrutements. La croissance trimestrielle reste donc solide (+2,9% au deuxième trimestre 2016) malgré la pression sur les prix. La marge d'EBITDA du groupe continue de progresser à 35,2% contre 33,9% au second semestre 2015 et 33,6% au premier semestre 2015.

Par ailleurs, la Commission européenne a autorisé le projet d'entreprise commune dans le secteur des télécommunications en Italie entre les filiales de Hutchison (H3G ou 3 Italia) et VimpelCom (Wind), respectivement numéro quatre et trois du secteur. Hutchison vendra des fréquences radio et partagera ou transférera plusieurs milliers de stations de base pour téléphonie mobile, tandis qu'un accord de transition donnera accès à Iliad à la 2G, 3G, 4G et aux nouvelles technologies.

De son côté, Orange discute avec le premier opérateur mobile iranien, Mobile Telecommunication Company of Iran (MCI), en vue d'une éventuelle coopération dans plusieurs domaines.

Enfin, l’une des participations du groupe Alstom a décroché un contrat de 1,8 milliard d’euros pour fournir à l'opérateur ferroviaire américain Amtrak 28 nouveaux trains à grande vitesse et en assurer la maintenance "à long terme".

 

 

  Actions américaines

haut de page

Les publications économiques américaines se révèlent en demi-teinte cette semaine. L'économie américaine a créé moins d'emplois que prévu en août, selon les statistiques officielles publiées vendredi par le Département du Travail. Le mois dernier, 151.000 emplois non agricoles ont été créés, alors que les économistes anticipaient en moyenne 180.000 créations de postes. L’ISM manufacturier ressortant inférieur aux attentes à 49,4 pour le mois d’août (vs. 52 estimé et vs. 52,6 précédemment) et des ventes automobiles sous les 17 millions en rythme annualisé ; en revanche le marché immobilier continue d’afficher des fondamentaux solides, avec des ventes de logements existants plus solides qu’anticipé à 1,3% (vs. 0,7% estimé et vs. 0,2% précédemment).

Dans l’habillement, Limited Brands publie des ventes comparables supérieures aux attentes pour le mois de juillet, en hausse de +2% sur un an (vs. +0,4% estimé). Par division, Victoria’s Secret dévoile des ventes comparables qui stagnent (vs. -1,2% estimé) alors que Bath & Body Works enregistre une performance de +7% (vs. +2,9% estimé). L’éditeur de logiciels Salesforce.com baisse après la publication de résultats trimestriels en ligne mais des perspectives de croissance inférieures au consensus.

Enfin, le groupe chocolatier Hershey recule après l’abandon de l’offre de Mondelez, les sociétés n’étant pas parvenues à un accord.

Au cours des cinq dernières séances, le secteur financier affiche une progression de 1,5% dans un marché atone, porté par les attentes de remontée de taux de la Réserve fédérale après les interventions de la semaine passée. En revanche, les secteurs perçus comme défensifs reculent (services publics -2,5%, télécom -0,5%).

 

 

  Actions japonaises

haut de page

Le TOPIX a progressé de 2,5% à la suite d’un affaiblissement du yen en raison d’attentes accrues d’une hausse des taux aux États-Unis. Cette baisse de la devise nipponne (-3,1% face au dollar et -1,8% face à l’euro) a bénéficié aux exportateurs. L’indice a également été stimulé par le rebond des grandes capitalisations sous-valorisées, comme les financières. Certains intervenants de marché ont gardé les yeux rivés sur les investissements du fonds de pension du gouvernement japonais (GPIF), le plus important du monde, et sur les achats d’ETF par la BoJ.

Les secteurs banques et titres ainsi que matières premières ont respectivement gagné 8,3% et 5,7%. Le fer et l’acier (+8,1%) et les métaux non ferreux (+6%) ont également enregistré de bonnes performances après la publication d’un indice PMI du secteur manufacturier plus élevé que prévu en Chine. Seuls cinq secteurs ont terminé la période en léger repli.

Sumitomo Mitsui Trust Holdings s’est adjugé 11 % après quatre jours consécutifs de hausse. Mitsubishi UFJ Financial Group, qui affiche de faibles ratios P/E et P/B, s’est apprécié de 9,5%.

H.I.S.Co., l’une des principales agences de voyages au Japon, a cédé 4% en raison d’un résultat opérationnel inférieur aux attentes et de la publication de résultats consolidés décevants pour la période novembre 2015-juillet 2016.

 

 

  Marchés émergents

haut de page

Les marchés actions émergents ont baissé cette semaine et annulé leur troisième gain mensuel consécutif, le recul des prix des matières premières ayant pesé sur les marchés des pays exportateurs, de la Russie à l’Afrique du Sud en passant par le Brésil. En Chine, l’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier s’est hissé le mois dernier à son plus haut niveau en presque deux ans. L’indice PMI manufacturier a atteint 50,4 en août contre 49,9 en juillet. L’indice PMI non-manufacturier s’élève à 53,5 contre 53,9 en juillet.

En Inde, l’économie a progressé à son rythme le plus lent en 15 mois durant le trimestre avril-juin. Son produit intérieur brut (PIB) a crû de 7,1% au premier trimestre de l’exercice actuel, contre 7,9% au trimestre précédent. Le gouvernement indien essaie d’attirer davantage d’entrepreneurs étrangers en leur offrant la résidence contre leurs investissements. New Delhi a en effet annoncé cette semaine que les étrangers prêts à investir 100 millions de roupies (1,5 million de dollars) sur 18 mois, ou 250 millions sur trois ans, pourront obtenir un statut de résident pendant 10 ans.

Aux Philippines, l’indice boursier, qui avait atteint un pic de 15 mois après la victoire de Rodrigo Duterte à la présidentielle de mai, a reperdu tout le terrain gagné depuis la prise de fonction du nouveau président. La confiance des investisseurs s’amenuise, un phénomène qui s’est accéléré à la suite du désinvestissement de quelque 250 millions de dollars dans le pays depuis mi-août.

En Corée du Sud, Hanjin a fait faillite et ses navires ont été saisis dans des ports chinois. Dans une tentative de minimiser les pertes, un tribunal sud-coréen a déclaré qu’une procédure de redressement allait bientôt être lancée, ce qui permettrait à Hanjin d’entreprendre une action en justice dans d’autres pays afin d’empêcher la saisie de sa flotte et d’autres actifs.

Après être sortie de la récession, la Russie a vu son activité manufacturière s’améliorer en août, les commandes nouvelles et la production ayant poussé l’indice manufacturier à 50,8 (juste au-dessus du seuil des 50 points qui sépare la contraction de l’expansion). Dans le même temps, Moscou lève lentement mais sûrement les sanctions à l’encontre de la Turquie, notamment sur les vols charter et les importations de denrées alimentaires. Ces mesures sont une bonne nouvelle pour l’économie turque en difficulté et contribueront à réduire l’inflation sur les prix alimentaires en Russie. En Turquie, l’indice des directeurs d’achats (PMI) de Markit, qui représente un tiers de l’économie du pays, s’est contracté pour la sixième fois consécutive en août.

Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a été destituée et remplacée par Michel Temer. Au deuxième trimestre, l’évolution du PIB (-0,6 %) a été plus faible que prévu, mais le secteur industriel a dépassé les prévisions, tandis que les investissements ont fini par augmenter. En revanche, les exportations ont ralenti et les importations de nouveau augmenté. Nous restons optimistes à l’égard des marchés émergents, en particulier l’Inde, l’Indonésie et le Brésil.

 

 

  Matières premières

haut de page

Alors qu’ils étaient repassés au-dessus des 50 dollars le baril, les prix du pétrole ont corrigé de près de 8% sur la semaine pour revenir à 46 dollars pour le baril de Brent. Au travers des déclarations du ministre du pétrole d’Arabie Saoudite, le marché réalise que la probabilité d’une action des membres de l’OPEP lors de la réunion prévue le 26 septembre est peu probable. Les statistiques hebdomadaires ont fait ressortir une hausse des stocks de brut, avec des importations au plus haut depuis 2012, contribuant à la baisse des prix. Le long week-end du Labor Day aux Etats-Unis marque par ailleurs la fin de la driving season, période estivale de forte consommation d’essence dans les transports. La demande à venir au cours des prochains mois sera plus faible, notamment en raison de la traditionnelle période de maintenance des raffineries. Tout n’est pas noir pour autant, puisque la production continue de baisser aux Etats-Unis (-50.000 barils par jour sur l’estimation des statistiques hebdomadaires, et -193.000 barils par jour en juin pour le chiffre réel du Département de l’Energie, portant la baisse à 619.000 barils par jour depuis le début de l’année). La production est également impactée à court terme dans le Golfe du Mexique avec le passage de la dépression tropicale Hermine. La tendance sur les prix manque cependant de support à court terme.

L’or s’inscrit en légère baisse sur la semaine, à la suite du renforcement du dollar et du discours de Janet Yellen à Jackson Hole, confirmant la probabilité d’une hausse des taux au cours des prochains mois. L’once d’or reste cependant au-dessus des 1300 $/oz, niveau qu’elle avait franchi le 24 juin dernier avec le vote sur le Brexit. Les chiffres de l’emploi de ce vendredi sont importants pour la direction de l’or à court terme.

A noter par ailleurs que le minerai de fer, actuellement à 59 dollars la tonne, en hausse de 35% depuis le début de l’année, pourrait souffrir d’une augmentation de la production et des exportations australiennes. En août, les principaux producteurs (BHP, Rio Tinto, Fortescue, Roy Hill) ont ainsi exporté 69,4 millions de tonnes, en hausse mensuelle de 9%, et un rythme annualisé de 818 millions de tonnes, qui en ferait un niveau record.

 

 

  Dettes d'entreprises

haut de page

Crédit

La semaine fut marquée par un primaire très actif sur les obligations Investment Grade. Bureau Veritas, Delphi, Cofiroute, Evonik, Coca Cola et KPN figurent parmi la longue liste des émetteurs en euro. Dans la continuité du programme de rachat de la BCE, les émissions sont sorties à des niveaux relativement serrés. A ce jour, la principale institution monétaire de l’Union européenne a racheté près de 20 milliards d’euros portant sur approximativement 600 obligations.

Le marché primaire du High Yield euro s’est réouvert avec Saipem, société italienne offrant des services de construction et de forage. L’entreprise a émis un milliard d’euros de dette à travers deux émissions (3% maturité 2021 et 3,75% maturité 2023). Arrow Global, société anglaise offrant des services financiers, a également émis 220 millions de livres de dette avec un coupon de 5,125%.

Les résultats d’entreprises au titre du deuxième trimestre continuent à être en ligne avec les attentes. Les flux hebdomadaires sur le High Yield se sont élevés à 60 millions d’euros et totalisent près de 1,3 milliard d’euros depuis le début de l’année.

Semaine calme sur les obligations financières. Seul événement notable : une émission de 1,5 milliard de dollars par Allianz d’une PNC 5,5 Tier 2 3,875%.

Convertibles 

Le marché primaire des convertibles a rouvert sur les chapeaux de roues avec quatre nouvelles opérations dans la semaine. Le producteur de spiritueux Rémy Cointreau a émis pour 275 millions d’euros d’obligations 0,125%. L’opérateur britannique de satellites Inmarsat a émis 650 millions de dollars d’obligations convertibles 3,875% et racheté simultanément les anciennes obligations 2017. En Allemagne, le distributeur de métaux Kloeckner a émis 150 millions d’euros d’obligations convertibles 2%.

En Asie, le fonds souverain malaisien Khazanah a émis 400 millions de dollars d’obligations 0% échangeables en actions Beijing Enterprises Water. Salesforce a publié des résultats satisfaisants pour le deuxième trimestre, mais ses prévisions pour l’exercice complet ont déçu les investisseurs en raison d’un ralentissement des commandes à 15%. Ses convertibles à delta élevé ont perdu six points en une journée. La société chinoise de services de voyages en ligne Ctrip (cotée au Nasdaq) a publié de bons résultats pour le deuxième trimestre, notamment une croissance de 75% du chiffre d’affaires en glissement annuel et une marge opérationnelle supérieure aux attentes, grâce aux synergies réalisées à la suite de l’acquisition de Qunar.

Ailleurs, Moody’s a relevé la note de DP World à Baa2 avec perspective stable, en raison d’une amélioration des indicateurs de crédit. Tesla s’est concentré cette semaine sur des détails controversés de son projet d’OPA en titres sur l’entreprise en difficulté SolarCity : le constructeur automobile avait envisagé de proposer une fusion à SolarCity, avant d’opter pour une augmentation de capital de 1,4 milliard de dollars, en mai. Compte tenu de la forte consommation annuelle de trésorerie dans les deux entités, Tesla a perdu 5% et SolarCity 9% après ces annonces.


Achevé de rédiger le 02/09/2016

Elément complémentaire