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Vent favorable pour les actifs risqués

Stratégie d'allocation d'actifs - 07/10/2016

Certains considèrent que nous touchons au terme des politiques monétaires ultra-accommodantes, parce qu’elles seraient inefficaces ou alors parce qu’elles possèdent trop d’inconvénients (risque de bulles, mise sous pression de l’industrie financière...), ou bien encore parce que les banques centrales auraient bientôt épuisé le gisement nécessaire de papiers pour poursuivre le quantitative easing.

Benjamin Melman
Benjamin Melman
Directeur allocation d’actifs et dettes souveraines

Au contraire, nous sommes convaincus que la BCE et la Banque du Japon trouveront les moyens de poursuivre leur politique au moins quelques trimestres de plus : l’inflation est encore trop faible. Ces deux banques centrales devraient vraisemblablement clarifier ce point au cours du quatrième trimestre, selon nous. Seule la Réserve fédérale devrait remonter de 25 points de base les taux directeurs en décembre. Il n’en est pas moins que nous ne pouvons plus anticiper « un cycle de hausse de taux » aux Etats-Unis mais seulement une approche au compte-gouttes, ne se réactivant que si les cieux sont bien dégagés. Autant dire que les politiques monétaires vont rester très accommodantes pendant longtemps.

       
 

A retenir

 
 

Hausse de la surpondération en actions

 
 

Achat d’actions japonaises

 
 

Poids renforcé des actions émergentes

 

 

Des incertitudes perdurent mais l’environnement économique s’améliore

L’environnement économique s’améliore un peu, dépassant à la marge nos attentes. Les enquêtes américaines mettent en lumière la poursuite d’une activité soutenue, tandis que l’économie chinoise poursuit son redémarrage à la suite de la politique de relance. Quant à l’économie européenne, le choc du Brexit n’aura (pour l’instant) pas eu lieu. Ainsi, l’enquête IFO, baromètre du moral des industriels allemands de septembre, s’est inscrite à un plus haut depuis deux ans. Enfin, les cours du pétrole ont gagné en sérénité après l’accord surprise de l’OPEP réduisant la production. La probabilité de revivre la crise de ce début d’année n’en est que plus faible.


Certes, beaucoup d’incertitudes perdurent. La situation de la Deutsche Bank continue d’inquiéter les investisseurs, non pas tant parce que le risque de faillite est élevé - il ne l’est pas, notamment grâce à toutes les nouvelles mesures prises depuis la faillite de Lehman Brothers - mais parce que cette banque est significativement systémique. Ensuite, le risque politique est toujours présent. Aux Etats-Unis, l’éventualité de l’élection de Donald Trump peut laisser perplexe tant son programme manque de cohérence et risque de relancer le protectionnisme. En Italie, l’issue du référendum sur les institutions qui se tiendra le 4 décembre reste également très incertaine. Une victoire du non pourrait conduire à une réappréciation du risque politique italien et européen.


 

La Banque du Japon sort de l’impasse et reconstruit une pente positive de la courbe des taux

Ce mois-ci, nous choisissons de remonter un peu notre surpondération en actions car en dépit des risques évoqués, les principaux moteurs des actifs risqués nous semblent plus favorables, dans un environnement de taux de la Fed qui va demeurer bas. Nous achetons des actions japonaises (en changes couverts). En effet, les dernières mesures de la Banque du Japon permettent à cette institution de sortir de l’impasse dans laquelle elle s’était mise elle-même en passant en taux négatifs. En ciblant un ordre de grandeur pour le taux gouvernemental 10 ans, la banque centrale reconstruit une pente positive de la courbe des taux qui viendra en support de l’industrie financière (qui avait été malmenée par les dernières orientations monétaires). Enfin, en ciblant désormais une inflation supérieure à 2%, et non plus de 2%, la Banque du Japon cherche à frapper les esprits car elle prend un risque de crédibilité. Si l’inflation ne converge pas vers cette nouvelle cible, la banque centrale prendra de nouvelles mesures et nul ne pourra alors exclure une opération de « helicopter money » visant à monétiser quelques dépenses publiques. Une tel changement serait très favorable aux actions, à l’inverse de la devise.

Nous remontons également le poids des actions émergentes dans leur globalité, prenant acte de la tendance haussière des anticipations de bénéfices et de la croissance économique, de la meilleure tenue de l’économie chinoise et d’une Réserve fédérale s’annonçant de plus en plus prudente sur le moyen-terme. De plus, cette zone bénéficie d’une croissance supérieure à celle des pays développés, avec des valorisations sans excès et même attrayantes au regard des marchés développés.


 

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A SUIVRE

  • Prochaine réunion de la BCE : 20 octobre
  • Prochaine réunion de la Fed : 1er et 2 novembre
  • Prochaine réunion de la BoJ : 31 octobre et 1er novembre
  • Référendum italien : 4 décembre