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Semaine de consolidation pour les actifs risqués sur toutes les zones géographiques

Analyse de marché - 17/10/2016

​Semaine de consolidation pour les actifs risqués sur toutes les zones géographiques, principalement concernant les actions des pays émergents, notamment en raison du renforcement du dollar. En effet, les minutes de la Fed confortent une hausse des taux en décembre : la plupart des membres ont indiqué que les arguments pour une hausse ou un statu quo étaient déjà équilibrés en septembre, la tendance se renforçant pour une hausse en fin d'année.

Semaine de consolidation pour les actifs risqués sur toutes les zones géographiques, principalement concernant les actions des pays émergents, notamment en raison du renforcement du dollar. En effet, les minutes de la Fed confortent une hausse des taux en décembre : la plupart des membres ont indiqué que les arguments pour une hausse ou un statu quo étaient déjà équilibrés en septembre, la tendance se renforçant pour une hausse en fin d’année. Alors que les exportations chinoises ont plutôt pesé sur la tendance, les chiffres d’inflation ont positivement surpris. De manière plus globale, les statistiques économiques de la semaine ont été plutôt encourageantes, avec de meilleurs chiffres de production industrielle pour le mois d’août en Europe. L’indice ZEW de confiance des investisseurs en Allemagne s’est nettement amélioré tant sur la situation actuelle que sur les anticipations. Enfin, les chiffres définitifs d’inflation du mois de septembre en zone euro confirment un retour sur les niveaux de mai 2015 (+0,4% par an en France, +0,7% en Allemagne).

L’évolution du pétrole a aussi influencé les marchés cette semaine avec des déclarations contradictoires des dirigeants russes en marge du Congrès Mondial de l’Energie à Istanbul. Mardi, le ministre de l’énergie a parlé d’un gel possible de la production et non d’une baisse comme l’avait évoqué Vladimir Poutine la veille. Ainsi, le secteur pétrolier et celui des matières premières ont pesé à la baisse avec le retournement du prix du baril repassant temporairement sous la barre des 50 dollars. Ces secteurs ont, de plus, été impactés négativement par la publication des résultats d’Alcoa qui a ouvert la saison de publications des résultats du troisième trimestre. Les attentes ont été largement revues à la baisse avec une croissance prévue sur un an proche de zéro pour les entreprises américaines et européennes. On peut cependant noter une stabilisation de ces attentes depuis cet été et de façon plus notable en Europe. Ceci nous conforte dans notre volonté de rester investis sur les actifs risqués de la zone euro.

Concernant les actifs obligataires, après avoir légèrement remonté la duration sur les obligations gouvernementales de la zone euro la semaine dernière, nous conservons nos positions. Nous considérons que les craintes entourant une baisse des achats d’actifs par la Banque centrale européennes sont exagérées, et que les taux vont rester bas avec une BCE toujours active.

  Actions européennes

Les marchés actions européens se sont repris en fin de semaine, après avoir été pénalisés par le démarrage d’une saison de publications de résultats plutôt mitigés aux Etats-Unis (Alcoa), puis par les chiffres décevants sur le commerce extérieur chinois.

LVMH publie cette semaine des résultats rassurants qui confirment la qualité et l’équilibre de son portefeuille de marques dont les performances paraissent solides par rapport à la concurrence (progression de la marque Louis Vuitton de + 7% au troisième trimestre dans un environnement pourtant difficile, poursuite d’une croissance forte chez Sephora et tendances bien orientées pour le cognac et le champagne).

De son côté, Unilever publie des chiffres légèrement supérieurs aux attentes mais de qualité discutable, avec un effet prix de + 3,6% qui permet de compenser la baisse des volumes dans la plupart des catégories de produits. Unilever et le distributeur britannique Tesco sont finalement parvenus à un accord après un bras de fer. Tesco menaçait de déréférencer les produits d’Unilever qui souhaitait augmenter ses prix de + 10% afin de compenser la baisse de la livre sterling.

Du côté des moins bonnes nouvelles, on notera l’avertissement sur résultats de l’équipementier télécom Ericsson, qui rejaillit négativement sur son concurrent Nokia, mais aussi sur le secteur des semiconducteurs. Pour justifier cette déception, Ericsson invoque la faiblesse de la demande à la fois en Europe et dans les pays émergents (Brésil, Russie), mais le départ récent du PDG est sans doute aussi en partie responsable de la situation.

Les résultats publiés par Casino sont marqués par un contraste entre la bonne performance de l’international (croissance organique à + 6% au Brésil) et une activité peu dynamique en France pour la plupart des formats (Leader Price et Monoprix en particulier). Le groupe confirme néanmoins ses objectifs annuels. Les chiffres publiés par Edenred sont aussi bien orientés en Amérique Latine (accélération de la croissance organique à + 14% au troisième trimestre) et robustes en France.

Parmi les opérations de la semaine, le groupe bancaire italien UniCredit cède 20% de Fineco, ce qui ramène sa participation de 55% à 35% et lui permet d’améliorer son ratio de solvabilité de 12 points de base. Les actionnaires du groupe automobile russe Avtovaz devraient approuver le projet d'augmentation de capital à laquelle Renault va participer, renforçant son rôle de premier actionnaire d’Avtovaz à 72% du capital. Enfin, Vincent Bolloré est monté au capital de Vivendi et détient désormais plus de 20% du capital et environ 29% des droits de vote.

  Actions américaines

Les marchés américains reculent légèrement cette semaine. Le S&P abandonne 1% et le Dow Jones 0,8%. Peu de nouvelles macroéconomiques ont été publiées. En revanche, du côté microéconomique, la saison des résultats trimestriels a débuté avec la publication d’Alcoa, qui fait suite aux préannonces négatives de Dover et Honeywell. Les mauvais chiffres du commerce extérieur chinois ont constitué l’autre facteur ayant alimenté les prises de profits : la Chine a connu la plus forte baisse de ses exportations en sept mois à -10% en septembre.

Le 10-ans a continué de se tendre, pour atteindre 1,76% (contre 1,55% le 30 septembre), les minutes de la Fed ayant confirmé qu’une hausse des taux était proche. La probabilité d’une hausse des taux anticipée par le marché s’élève à 66% pour la réunion de décembre.

Cependant, les secteurs généralement corrélés positivement aux taux (bond proxy et longue duration) surperforment. Les utilities, l’immobilier et les télécoms sont tous en territoire positif sur la semaine, tandis que les financières et les matières premières perdent du terrain.

  Actions japonaises

Cette semaine, le marché actions japonais a reculé. L’indice TOPIX a perdu 0,9 %, plusieurs valeurs d’envergure mondiale ayant décroché. Alors que le yen est resté dans une fourchette autour de 103 par rapport au dollar, ce qui a pesé sur les exportations au Japon, il a baissé pour atteindre 114 face à l’euro.

Le secteur qui sort gagnant cette semaine est le secteur minier (+3,2%). Quant au secteur Pêche/Agriculture/Sylviculture, il a progressé de 2,5%, tandis que celui du Fer & de l’Acier a baissé de plus de 5%.

Les deux grands constructeurs automobiles japonais Toyota Motor et Suzuki Motor viennent d’annoncer la signature d’un partenariat stratégique. Toyota a terminé la semaine en baisse de 1%, tandis que Suzuki a gagné 0,6%. Pour survivre et conserver un avantage relatif dans le secteur automobile, une série de changements radicaux démarre.

Murata Manufacturing, fournisseur de composants électriques d’Apple, a progressé de 6,4% après que certains Galaxy Note 7 de Samsung ont pris feu.

Du côté négatif, Seven & I Holdings Co., qui gère des hypermarchés et des superettes, a fortement décroché (-9 %) en raison d’inquiétudes liées au potentiel de croissance limité du secteur, après des révélations concernant la baisse des ventes d’un groupe concurrent gérant des magasins de proximité.

  Marchés émergents

Cette semaine, les marchés émergents ont chuté à leur plus bas niveau depuis un mois et les devises ont baissé à la suite de la publication des exportations chinoises et dans la perspective d’une hausse imminente des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

En Thaïlande, le Palais royal a annoncé la mort du roi Bhumibol Adulyadej à l’âge de 88 ans. Il détient le record du règne le plus long au monde. Le Prince héritier Maha Vajiralongkorn, 64 ans, est son successeur désigné. La mort du roi a des conséquences profondes sur la stabilité politique et économique de la Thaïlande, mais pour le moment la situation reste calme.

Après avoir maintenu son taux de base inchangé à 1,25%, la Banque de Corée a averti que la crise chez Samsung pourrait impacter la croissance économique. Le groupe, basé à Suwon, a révélé vendredi un impact négatif d’environ trois milliards de dollars sur le résultat opérationnel d’ici mars 2017, qui vient s’ajouter à la baisse de 2,3 milliards de dollars déjà annoncée pour la période précédente. Cela se résume à un impact de respectivement 5% et 3% sur les résultats au titre de 2016 et 2017.

Au Brésil, le parti des travailleurs a perdu 60% de ses municipalités, ce qui confirme l’affaiblissement du parti d’opposition au gouvernement. L’effet est positif car cela renforce la probabilité d’une approbation des réformes. Confirmant cette bonne direction, la Chambre basse du Congrès brésilien a approuvé la proposition d’amendement constitutionnel visant à limiter les dépenses du gouvernement, une réforme économique essentielle proposée par le Président Michel Temer. L’amendement doit encore franchir plusieurs obstacles législatifs dont sa présentation au Sénat. Le marché brésilien a progressé cette semaine.

Le marché mexicain a aussi bénéficié d’une hausse du peso cette semaine, qui s’explique par la défection de plusieurs soutiens de Donald Trump aux Etats- Unis.

  Matières premières

Les prix du pétrole se sont stabilisés au-dessus des 50 dollars le baril, faisant tout de même une brève incursion sous les 50 dollars après la publication des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis. Ceux-ci ont fait ressortir une première hausse des stocks de brut depuis six semaines, une hausse cependant en phase avec les normes saisonnières. L’actualité pétrolière reste par ailleurs très dense, avec la publication mensuelle de l’Agence Internationale de l’Energie, qui révise fortement à la hausse la demande de 2015, et légèrement à la baisse la croissance de la demande pour 2016. Elle note une décélération de la croissance aux Etats-Unis et en Chine, alors que l’Europe et l’Inde continuent de bien se porter.

L’offre non-OPEP est inchangée, mais l’AIE note une nouvelle hausse de la production OPEP en septembre, à 33,64 millions de barils par jour, avec le redémarrage de Kirkouk en Irak, et la reprise des exportations libyennes. Cette hausse met la pression sur les pays de l’OPEP, pour concrétiser l’accord de principe de baisser leur production. Certains d’entre eux, ainsi que des pays hors OPEP (Russie, Mexique) se sont à nouveau rencontrés cette semaine à Istanbul. Rien de concret n’est sorti des réunions, si ce n’est une volonté de la Russie de participer à l’effort général mais attend des éléments concrets de la part de l’OPEP. Prochaines réunions fin octobre à Vienne.

Du côté de la Chine, les données de commerce extérieur pour le mois de septembre sont jugées globalement décevantes. Elles sont cependant favorables au niveau des matières premières, puisque les importations de pétrole sont en hausse de 18% annuellement à 33,1 millions de tonnes, +1% mensuellement, et permet au pays de devenir le premier importateur mondial devant les Etats-Unis. La Chine fait face à une baisse de sa production, alors qu’elle augmente ses capacités de stockage. Les importations de minerai de fer, à 93 millions de tonnes, étaient également en hausse de 8% sur un an et +6% sur un mois. Seules les importations de cuivre restent faibles, avec une baisse annuelle de -26% et - 4% sur un mois, au plus bas depuis 19 mois, entraînant une correction du prix du métal rouge. Le marché du charbon reste très actif, particulièrement le charbon métallurgique, qui s’échange à 220 dollars la tonne (prix spot, FOB Australie), contre 90 dollars la tonne début juin.

Peabody Energy et Nippon Steel viennent de se mettre d’accord sur les contrats du quatrième trimestre à 200 dollars la tonne. Un prix qui pourrait servir de benchmark, mais les discussions entre les acteurs significatifs du marché sont toujours en cours.

Après la baisse du 4 octobre, l’once d’or s’est stabilisée à 1250-1260$/oz et n’a pas réagi à la publication des minutes du FOMC, qui confirment la probabilité d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

  Dettes d'entreprises


Crédit

Semaine assez calme sur les marchés de crédit, ponctuée par plusieurs fêtes et « bank holidays », avec des volumes faibles et peu de publications. Le crédit corporate surperforme les autres classes d’actifs. Sur la semaine, les indices de crédit sont stables, avec un Main qui termine la semaine à 73 points de base et un Xover qui s’établit à 332 points de base.

CNP Assurances annonce une nouvelle émission subordonnée, classifiée en Tier 3. Cet instrument est nouveau pour le marché européen. L’émission d’un milliard d’euros a suscité beaucoup d’intérêt et a été sursouscrite (sept milliards d’euros dans les books). Le marché primaire est très dynamique. RCS&RDS a émis 350 millions d’euros de nouvelles obligations 2023 afin de refinancer sa dette obligataire existante. Warner Music Group a émis une double obligation en euros et en dollars. Verallia a renoncé au placement de son PIK de 500 millions d’euros. Volf Dber Holding a lancé le spin-off de James-AB Corp cette semaine, suscitant beaucoup d’intérêt auprès des investisseurs. Altice a racheté 5,21% du capital de SFR lors d'une transaction hors marché et détient désormais 82,9% du capital de sa filiale française. Anglo American devrait conclure dans les prochains jours ou semaines la vente de ses actifs australiens de charbon à un consortium mené par Apollo pour un milliard de dollars (900 millions d’euros) ou davantage, selon des sources citées par Reuters.

Convertibles 

Cette semaine, le marché primaire a marqué une pause, reprenant son souffle juste avant la saison des résultats du troisième trimestre (les premiers résultats pour les obligations convertibles ont concerné Alcoa et LVMH). La seule nouvelle émission significative a été une obligation de 3,88 milliards de dollars hongkongais à coupon zéro et échéance 2021 de la part d’Haitong. Ce courtier noté « investment grade » et coté à la Bourse de Hong-Kong est bien connu du marché pour avoir déjà émis deux obligations convertibles.

En Asie, hormis les données économiques chinoises et les prises de bénéfices sur les valeurs technologiques liées au désastre du Galaxy Note 7 de Samsung, la Thaïlande était au centre de toutes les attentions. La mort du roi Bhumibol a eu pour conséquence l’effondrement du marché (-10,5%) en quelques jours (les obligations convertibles de CP Food/CP All et Bangkok Dusit Medical ont été impactées). Cependant, le marché s’est stabilisé en fin de semaine grâce la relance budgétaire qui devrait maintenir le niveau de la consommation.

Par ailleurs, Steinhoff a continué ses emplettes en achetant le fabricant et distributeur d’ameublement coté à la Bourse australienne, Fantastic Holdings, pour 361 millions de dollars australiens. Aux Etats- Unis, eBay a réduit sa participation dans Mercadolibre (d’environ 18 % à environ 6 %) et utilisera le produit de cette opération «conformément à sa stratégie d’allocation de capital». L’action MercadoLibre a chuté de 8,4% à la suite de cette information. En Europe, le directeur des opérations de Vivendi a annoncé que le groupe n’envisageait pas de lancer une OPA hostile sur Ubisoft.


Achevé de rédiger le 14/10/2016

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