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Big data : plongée dans un océan de données

Interview expert - 27/03/2017

Le Big Data est depuis quelques années un sujet à la mode. Pourtant, peu nombreux sont ceux qui, en dehors de la Silicon Valley, sont capables de définir et encore moins de déceler une réalité économique derrière cette thématique. Le Big Data est-il réellement une tendance de long terme, recèle-t-il vraiment un potentiel de valeur ajoutée et si oui quels sont les acteurs concernés ?

Le Big Data peut se définir avant tout par un volume de plus en plus important de données informatiques disponibles. Pour donner un ordre d’idée, 90% des données exis- tantes aujourd’hui ont été créées au cours des deux dernières années et la production de celles-ci devrait exploser de 800% d’ici 5 ans, selon les prévisions du cabinet Gartner. 

Un autre aspect crucial de cette thématique est la variété des différentes sources qui ne cesse de se multiplier. Par exemple, les données GPS des Smartphones ne  sont réellement stockées que depuis le début des années 2010. C’est également le cas des « Like » sur Facebook, créé seulement en 2009. Enfin, un dernier élément  de la définition du Big Data est la vitesse de génération et surtout de partage de ces données qui progresse.

60 secondes, le temps de lire la première page de cet article, les évènements suivants auront eu lieu sur internet (1)

 

 

Big Data : quelle valeur ajoutée pour les entreprises ?

Ces données ne représentent rien pour qui ne sait pas ou ne peut pas les analyser, ce qui était encore le cas il y a quelques années.

C’est donc leur utilisation qui est nouvelle et permet d’appréhender des problématiques qui ne pouvaient pas l’être jusqu’alors. 

Les entreprises qui savent utiliser ces données, quel que soit leur secteur d’activité, peuvent acquérir des avantages stratégiques grâce :

  • à la prise en compte d’un plus grand nombre de paramètres et donc à de meilleures décisions,
  • au perfectionnement de l’existant (optimisation et réduction des coûts, gains de productivité…),
  • à la création de nouveaux produits plus ciblés,
  • à une amélioration de l’expérience

Les premiers à s’être plongés dans cet océan de données sont évidemment les entreprises technologiques. Les grands acteurs à l’instar d’IBM, Cisco, ou encore Microsoft ont depuis plusieurs années investi d’importantes sommes dans la construction de Datacenter et de solutions dédiées à l’analyse d’informations. Ils ont commencé à offrir de nouvelles solutions à des pans entiers de l’économie à l’instar de la santé ou du secteur automobile.

Du diagnostic au séquençage génomique : 

"La santé est l’un des secteurs qui est le plus profondément transformé par le Big Data, et cela devrait s’accélérer dans un très proche avenir."
Jacques-Aurélien Marcireau - Gérant actions internationales, Edmond de Rothschild Asset Management


Les données disponibles liées à la santé devraient être multipliées par 50 d’ici 20202, ce qui représente un potentiel d’innovation sans précédent : identification de facteurs de risque de maladie, aide au diagnostic, au choix et  au suivi de l’efficacité des traitements, pharmacovigilance, épidémiologie… IBM, grâce à son programme d’intelligence artificielle Watson, a par exemple réussi en 2016 à compléter le diagnostic « humain » d’un patient atteint de cancer et à proposer un traitement plus adéquat. Cela illustre l’un des objectifs partagés par les acteurs du Big Data dans le secteur de la santé, l’avènement d’une médecine dite « des 4 P » : Prédictive, Préventive, Personnalisée et Participative. 

En attendant la voiture autonome : 

Les capteurs sont présents depuis longtemps dans nos voitures ; ils permettent notamment de mesurer la pression des pneus, le niveau d’huile ou d’essence… Cependant, le Big Data  est en phase de révolutionner le secteur avec l’objectif de rendre la conduite plus sûre, plus responsable et plus écologique.

21 millions de voitures autonomes environ seront sur la route en 2035 (3)



On dénombre en moyenne plus de 100 capteurs (radars, caméras haute résolution ou encore capteurs optiques et thermiques) sur les voitures contemporaines qui offrent désormais quasiment toutes des aides à la conduite comme le contrôle de trajectoire, l’anticipation du freinage ou encore  le changement de vitesse pour réduire sa consommation d’essence. Ces innovations, permettant d’offrir de nouveaux services ou une expérience de conduite différente, sont en pleine explosion. Par exemple, certaines voitures analysent maintenant le visage du conducteur afin de détecter son niveau de fatigue et d’attention et éventuellement lui conseiller un temps de repos. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’implémentation de ces innovations devient obligatoire. Ainsi, en 2015, le parlement européen a imposé aux constructeurs, à partir du 31 mars 2018, la production de voitures capables d’émettre un appel d’urgence automatiquement en cas d’accident. 

De ces nombreuses innovations d’aide à la conduite à la voiture autonome, il n’y a qu’un pas que certains acteurs ont déjà franchi ; des nouveaux arrivants, comme Google ou Tesla ou d’autres, traditionnels, comme BMW qui s’appuie sur l’intelligence artificielle Watson, développée par IBM pour imaginer la voiture de demain.

1. Note : temps de lecture moyen : 300 mots /
2. Source : Orange
3. Cabinet d’études IHS