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Entrepreneurs : quelles sont les sources de financement de votre croissance ?

Actualité - 03/02/2017

Sans financement, pas de croissance : cette équation est bien connue des entreprises et des entrepreneurs. La trajectoire de Showroomprivé.com, fleuron de la FrenchTech, confirme les vertus du couple entrepreneur/investisseur. David Dayan, co-fondateur du deuxième site internet de déstockage, partage son expérience.

Depuis sa création, en 2006, Showroomprive.com s’est imposé comme l’une des plus belles « success stories » digitales à la française. Cette consécration s’est également matérialisée à la faveur de son introduction en bourse, réalisée en octobre 2015 sur le compartiment B d’Euronext Paris. Dans un environnement peu amène, Showroomprive.com « a convaincu les investisseurs par la stratégie de l’entreprise, la bonne tenue de ses fondamentaux et sa capacité à remplir les objectifs fixés », a expliqué David Dayan, son co-fondateur et co-CEO. Depuis, Showroomprivé.com a continué sur sa lancée, opérant l’acquisition de l’entreprise italienne Saldi Privati. 

 
Thierry Petit et David Dayan - © Showroomprivé.com

 


Le couple manager/ fond de capital-développement

Par le passé, déjà, Showroomprive.com avait su convaincre des investisseurs d’un autre genre : les fonds de capital-investissement (« private equity »). En 2010, il avait attiré dans ses filets un prestigieux financier américain : Accel Partners. Sous l’égide de ce partenaire, Showroomprive.com accéléra son expansion internationale (aujourd'hui Showroomprivé est présent dans 9 pays en Europe) et fut pionnier sur plusieurs innovations technologiques : le lancement du mobile en 2011, la livraison en 24 heures en 2012, le site multi-devises en 2014, etc. 

« Accel Partners nous a ‘challengé’ dans notre stratégie et nos projets de développement, nous a accompagné sans jamais s’immiscer dans la gestion de l’entreprise. C’est ainsi que se matérialise le succès du couple manager-investisseur »
David Dayan - Co-CEO, Showroomprive.com

 

 
© Showroomprive.com

 

 

Pour la réussite de ce couple, la relation doit s’organiser et se traduire dans le pacte d’actionnaires qui régit les droits et les devoirs des forces en présence. « A cet égard, deux clauses appellent une vigilance particulière : celle relative à la gouvernance et celle afférente à la sortie », précise Jean-Robert Bousquet, avocat-associé et co-head du département corporate – fusions-acquisitions du cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre. Par nature, le fonds investit pour désinvestir « un jour » – la durée moyenne de détention est aujourd’hui évaluée à six ans par l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). « Il est d’usage de fixer un horizon de sortie, de s’entendre pour mandater une banque d’affaires afin d’organiser le processus de vente ou de convenir d’un projet d’introduction en bourse », ajoute-t-il.
Au-delà de ces pratiques, les investisseurs savent jouer la carte de la souplesse.

A côté de la clause de liquidité traditionnelle qui repose sur le lancement d’un mandat de vente de la société, le pacte peut prévoir une clause de rendez-vous en amont où le management a la possibilité de faire une première offre au fonds. Les fonds d’investissement sont pragmatiques : ils savent très bien qu’on ne vend jamais une entreprise contre son équipe de direction. Pierre-Yves Poirier
Directeur Associé, Edmond de Rothschild Investment Partners
 

Des solutions de financement toujours plus flexibles

Showroomprivé.com se distingue de la plupart des entreprises par la génération d’un BFR négatif. « Nous ne nous posons pas de question structurelle sur le front du financement. En revanche, par le passé, nous avions réfléchi à l’opportunité de racheter un concurrent de même taille que la nôtre. Et nous avions donc passé en revue tous les instruments flexibles qui sont disponibles sur le marché », confie David Dayan.

Dans le domaine des financements non dilutifs, le champ des possibles ne cesse de s’étendre depuis plusieurs années.



 

 

Dans le domaine des financements non dilutifs, le champ des possibles ne cesse de s’étendre depuis plusieurs années. « Auparavant, les entreprises disposaient uniquement de solutions bancaires et amortissables en matière de financement long terme. Aujourd’hui, elles se trouvent face à un choix très vaste de solutions flexibles et remboursables ‘in fine’. A côté des différentes formes de mezzanine (aux intérêts cash et / ou capitalisés), se positionnent aussi les fameuses unitranches qui viennent remplacer toutes les dettes au bilan », rappelle Grégory Fradelizi, responsable conseil en financements chez Edmond de Rothschild Corporate Finance.

Ce sont aujourd’hui les solutions de financement qui s’adaptent à l’entreprise et à ses projets de croissance, et non l’inverse. Grégory Fradelizi
Responsable conseil en financements, Edmond de Rothschild Corporate Finance
 

Cette tendance a été soutenue par le développement des fonds de dette face aux établissements bancaires traditionnels. « Ces fonds de dette privée, souvent basés à Londres et disposant d’une force de frappe financière considérable, cherchent ardemment à financer des PME françaises. Il ne faut pas s’imaginer là que l’on parle de lignes considérables : ces acteurs sont capables de servir des besoins de l’ordre de 25 M€ » ajoute-t-il. Si l’on a longtemps opposé banques et fonds de dette, on constate désormais que les deux familles cohabitent sereinement dans les bilans des emprunteurs. Le résultat ? Jamais les entreprises n’ont bénéficié d’autant de liquidité.

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