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Prévisions macro-économiques 2018 et 2019 : Croissance mondiale, prix des actifs « manipulés » et taux d’intérêts encore bas

Prévisions macro-économiques - 07/12/2017

Dr. Mathilde Lemoine, Group Chief Economist du Groupe Edmond de Rothschild, présente dans son dernier rapport intitulé Croissance en apesanteur et prix des actifs « manipulés » ses prévisions macro-économiques pour 2018 et pour 2019. La croissance a accéléré partout dans le monde mais la consommation des ménages reste timide, ce qui fragilise l’activité économique des prochaines années. C’est pourquoi, Edmond de Rothschild se distingue par une conviction forte selon laquelle les banques centrales pourraient maintenir des taux d’intérêt bas.

Zone euro : une croissance qui restera très dépendante de l’immobilier, source potentielle d’instabilité

La croissance de la zone euro a significativement accéléré puisqu’elle a atteint 2.3% en moyenne durant les trois premiers trimestres de l’année 2017 après 1.8% en 2016. Le dynamisme de la croissance de la zone euro s’explique par la reprise des marchés de l’immobilier et par la forte progression des exportations. Le secteur de la construction explique à lui seul plus de 40% de l’accélération de la croissance du PIB de la zone euro. Durant les prochains trimestres, la demande de logements et les prix immobiliers devraient continuer à croître en zone euro et soutenir la croissance, mais ce sera une source d’instabilité financière. 

Les banques centrales vont rester maître du jeu  

Les banques centrales ont encore révisé à la baisse leur prévision d’inflation. Dans ce contexte, les taux d’intérêt d’équilibre sont inférieurs à ceux qui prévalaient avant la crise. Les taux d’intérêts d’équilibre sont aussi plus bas à cause d’une hausse de la propension à épargner et d’un recul de la propension à investir.

Cela signifie qu’une infime hausse des taux directeurs peut suffire à « normaliser » la politique monétaire, c’est-à-dire à rapprocher le taux d’intérêt de sa valeur naturelle. En conséquence et malgré la réduction du bilan de la Réserve Fédérale, les taux d’intérêts ne devraient remonter que graduellement. 

La croissance américaine  pourrait prendre le relai de la Chine en 2018  

La croissance américaine prendra partiellement le relai de la croissance chinoise : bien que la région asiatique se soit autonomisée, ce qui a eu pour effet de dynamiser ses propres moteurs de croissance, elle dépend encore des Etats-Unis. La mise en œuvre des baisses d’impôts aux États-Unis, mi-2018 comme nous l’anticipons, pourrait soutenir la consommation des ménages américains ainsi que les importations mondiales. Selon les calculs d’Edmond de Rothschild, aux Etats-Unis, la réduction des impôts en faveur des ménages devrait atteindre 138 milliards de dollars en 2018, mais la remise en cause de certains crédits d’impôt et la suppression de la déduction forfaitaire d’impôt sur le revenu serait de 121 milliards de dollars. En conséquence, l’effet sur la consommation des ménages ne serait que de 0.1 point de pourcentage. Tant que les salaires resteront contraints par la productivité, la demande progressera mollement et les perspectives d’accélération de l’activité seront limitées.

Quelles solutions pour une croissance durable ?

Mathilde Lemoine appelle à créer des politiques d’investissement dans les secteurs d’avenir, notamment l’éducation, pour une diffusion plus rapide des innovations et donc une amélioration de la productivité, en particulier dans les services. Cela entraînera une augmentation des salaires et donc relancerait la consommation des ménages. En attendant, les investisseurs doivent garder en tête que les banques centrales vont continuer de participer à l’établissement du prix des titres qui reste donc artificiel.


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