Cap sur décembre 2016

Regards et perspectives économiques - 6/09/2016

La déception autour des créations d’emploi aux Etats-Unis rend peu plausible une hausse des taux directeurs ce mois, décembre 2016 demeurant notre objectif.

Les emplois non-agricoles nouvellement créés en août s’élèvent à 151'000, en-deçà des attentes du consensus à 180'000. Dans la sphère privée, les créations d’emploi baissent à 126.000, contre 225.000 en juillet.

Ainsi, après deux rapports d’emploi vigoureux en juin et en juillet, les chiffres du mois d’août confirment le ralentissement des créations d’emploi depuis l’entame de l’année. En moyenne, les emplois non-agricoles nouvellement créés ont atteint 182'000 postes par mois, à comparer aux 229'000 créés mensuellement en 2015. Le même constat prévaut dans le secteur privé où les créations d’emploi baissent de 221’000 postes par mois en moyenne en 2015 à 160'000 depuis le début de l’année. Le taux de chômage demeure inchangé à 4.9%.

Ces chiffres doivent être appréhendés à la lumière des propos tenus dernièrement par les officiels de la Federal Reserve, lesquels ont indiqué que ce rapport d’emploi serait  déterminant pour définir le timing de la prochaine hausse de taux aux Etats-Unis. L’agenda des prochaines interventions de la Fed donnera des indications en ce sens mais la faiblesse de l’indicateur manufacturier ISM – passé de 52.6 en juillet à 49.4 en août – accrédite notre scénario d’un ton plus accommodant de la Fed et d’un relèvement des taux directeurs en décembre 2016.


Si les probabilités d’une hausse des taux directeurs américains en décembre plutôt qu’en
septembre se sont accrues, les attentes de hausse de taux à horizon plus éloigné n’ont pas
significativement évolué. Les taux souverains américains à 2 ans et à 10 ans reste en effet relativement inchangés, à 0.78% et 1.60% respectivement.
L’agenda émergent fut particulièrement chargé cette semaine, la publication des indicateurs avancés suivant la parution des chiffres du Produit Intérieur Brut du Brésil et de l’Inde. Globalement, dans la lignée de nos attentes, les dynamiques de croissance au sein du bloc émergent demeurent relativement inchangées, les économies plus fragiles telles la Russie et le Brésil contribuant pour l’essentiel à l’embellie observée dans cette région (cf. tableau ci-dessous).

 

Si la croissance indienne est apparue inférieure à nos attentes en raison d’une consommation privée plus modérée (+6.8% vs. +8.3%), l’orientation de celle-ci devrait demeurer robuste au cours des prochains trimestres, ainsi que le suggère l’accélération des indicateurs avancés. La probabilité d’une fin de mousson favorable devrait soutenir la consommation dans les zones rurales tandis que la hausse des salaires dans la fonction publique et les avancées sur le front des réformes – notamment sur l’instauration d’un système unifié de TVA – sont de réels relais de croissance.

Au Brésil, la destitution de Dilma Rousseff met un terme au feuilleton politique qui agitait le pays depuis plusieurs trimestres. L’attention des investisseurs devrait désormais se recentrer sur les nombreux défis économiques auxquels l’administration de Michel Temer – le nouvel homme fort du pays – va devoir s’atteler. Tout l’enjeu sera de maîtriser les déséquilibres fiscaux du pays dans un contexte de croissance en rémission et d'inflation élevée. L'embellie engendrée par le rebond des matières premières et le renouveau politique ne sera pas éternelle alors que les réformes structurelles destinées à rétablir la productivité du pays tardent à être adoptées.