Fin des programmes de Quantative Easing : quelles opportunités et quels risques ?

Analyses - 20/07/2017

En bref
  • Les grandes banques centrales pointent vers la sortie des politiques non conventionnelles, conduites jusqu’ici avec beaucoup d’intensité
  • Les marchés financiers perdent ainsi un facteur de soutien, qui se transforme en frein. Mais cette évolution ne devrait pas changer sensiblement la donne

C’est dans le cadre de l’amélioration globale de l’environnement économique que la question de la fin du QE(1) ou de la réduction du bilan des banques centrales se pose, ouvertement aux Etats-Unis, de façon un peu plus évanescente en Eurozone.

C’est dans le cadre de l’amélioration globale de l’environnement économique que la question de la fin du QE1 ou de la réduction du bilan des banques centrales se pose, ouvertement aux Etats-Unis, de façon un peu plus évanescente en Eurozone.

Aux Etats-Unis, la Fed a récemment officiellement abordé la prospective de la réduction de son bilan, préparant les investisseurs à une telle éventualité.
La banque centrale soigne cette fois-ci tout particulièrement sa communication afin de ne pas répéter le précédent du tapering2, qui avait créé de nombreux soubresauts sur les marchés qui n’avaient absolument pas envisagé un tel revirement.

En Europe, nous sommes de fait déjà dans un tapering qui ne dit pas son nom vu que la BCE a déjà réduit ses achats d’obligations en avril. Et Mario Draghi a récemment reconnu que si la politique monétaire doit rester très expansionniste, elle s’adaptera également à son environnement pour ne pas être trop accommodante. La poursuite de la réduction des achats d’obligations semble hautement probable si la reprise se poursuit.

Si beaucoup d’études existent concernant l’impact du QE sur l’économie et les marchés, elles sont moins nombreuses à traiter des mises en oeuvre de ralentissement ou de contraction du bilan, notamment du fait qu’il y a eu peu d’expériences de ce type dans un passé relativement proche. Toutefois, elles indiquent sans grande surprise qu’une telle politique a un impact (légèrement) négatif sur la croissance, le crédit bancaire, l’inflation et les performances des actions.

Quant aux marchés obligataires, on peut observer que le QE a réduit le niveau général des taux d’intérêts mais également aplati la courbe des taux. Leur abandon doit donc conduire à devoir anticiper une force haussière et pentificatrice de la courbe des taux dans notre scénario.

D’ailleurs, nous sommes actuellement prudents dans nos allocations sur la duration. Il est toutefois important de noter que ces éléments doivent être intégrés dans le contexte actuel plus global qui est rassurant. La prudence de la Fed avec laquelle elle aborde le sujet est à relier au contexte économique américain : les pressions inflationnistes sont modestes et les salaires peinent à accélérer. La réduction de son bilan se fera lentement afin d’avoir les effets sur l’économie et les marchés les plus neutres possibles.

" La fin du QE ainsi que la réduction des bilans des banques centrales intriguent donc beaucoup car ces politiques non conventionnelles qui ont eu lieu ces dernières années dans les pays développés ont été sans précédent et ont eu des puissants effets sur les marchés." 
 - Benjamin Melman,
Directeur Allocation d’actifs et Dettes souveraines
Edmond de Rothschild Asset Management


Quant à la BCE, si elle devait prochainement s’engager plus clairement dans la direction du tapering, elle devra probablement faire preuve de davantage de prudence que son homologue américain. En effet, le QE avait notamment pour mission de dégeler les conditions de crédit dans les pays périphériques et a bien fonctionné.

Mais la reprise dans ces pays est bien trop récente pour ne pas avoir à revenir sur cette politique avec beaucoup de doigté. La fin du QE ainsi que la réduction des bilans des banques centrales intriguent donc beaucoup car ces politiques non conventionnelles qui ont eu lieu ces dernières années dans les pays développés ont été sans précédent et ont eu des puissants effets sur les marchés, quoiqu’encore discutés par les analystes. Elle induit de fait une incertitude. Si la contraction du bilan des banques centrales est potentiellement négative pour les marchés des actions et des obligations, nous voyons que la communication très en amont des banquiers centraux ainsi que la modestie du programme annoncé par la Fed visent à lisser ces effets. C’est vraisemblablement parce que les banques centrales ont choisi d’agir alors que les conditions économiques ne le réclament pas qu’elles rassureront les marchés car cet environnement garantit la progressivité de l’action, voire la capacité de revenir en arrière.

Ainsi, nous regardons bien ce changement de politique comme un facteur qui était jusqu’ici positif sur les marchés et qui devient légèrement négatif, qui peut éventuellement créer de la volatilité, mais ne semblant pas en mesure de changer de façon sensible la donne.

Benjamin Melman
Directeur Allocation d’actifs et Dettes souveraines
Edmond de Rothschild Asset Management

 


Cette analyse est extraite du premier numéro de la House View publiée par Edmond de Rothschild.

Cette publication présente les principales convictions d’Edmond de Rothschild en matière de macroéconomie, d’allocation stratégique et pour les principales classes d’actifs.

Accédez ci-dessous aux autres analyses présentes dans cette publication :


1 Quantitative easing.
2 Réduction progressive de la politique d’assouplissement monétaire menée par une banque centrale.

 

 


Achevé de rédiger le 12 juillet 2017 Réalisation & production : Communication & Marketing - Edmond de Rothschild (France).

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