Tous les projecteurs braqués sur les banques centrales

Stratégie d'allocation d'actifs - 05/02/2018

Rarement l’environnement aura été aussi bien balisé d’un point de vue fondamental. La reprise mondiale et synchronisée poursuit son essor sans excès particulier ou déséquilibres majeurs et l’inflation demeure modérée.

Les actifs risqués ont vivement progressé

Dans cet environnement, le FMI vient de réviser à la hausse ses perspectives de croissance pour 2018 et 2019. Par ailleurs, les inquiétudes des investisseurs quant au risque d’une crise financière en Chine s’atténuent. Les autorités chinoises réussissent pour l’heure avec succès à mener une politique prudente visant à freiner la croissance de la dette, restreindre le shadow banking sans casser l’activité. Alors que les voyants sont au vert et la liquidité est abondante, les actifs risqués ont à nouveau vivement progressé en janvier. Nous sommes positifs quant à la qualité de l’environnement mais tactiquement un peu moins exposés en actifs risqués.

En effet, en l’espace de six mois, alors même que les valorisations étaient plus ou moins tendues, le S&P500 (pour ne citer que lui) a progressé de 15% avec une volatilité très faible, ce qui rend le marché propice à une prise de profits. Et les facteurs de risque sont bien présents :

  • Les projecteurs sont braqués sur les grandes banques centrales entrées dans une phase de resserrement monétaire : non seulement la Fed poursuit le cycle de hausse de taux mais la BCE tend à confirmer son intention de mettre un terme au quantitative easing (le débat étant sur le timing) et à livrer une forward guidance concernant la première hausse de taux. Au Japon également, les marchés s’interrogent sur la pérennité de la politique monétaire très expansionniste, la communication de la banque centrale devenant moins lisible. Cet environnement contribue à mettre les marchés obligataires sous pression. Les taux des emprunts d’Etats à 10 ans se tendent de part et d’autre de l’Atlantique de 20 à 30 points de base depuis le début de l’année. Ces remontées des rendements dégradent les conditions financières des économies ainsi que certaines variables de valorisation des marchés d’actions.
  • Le mouvement de baisse du dollar n’est pas a priori de nature à fragiliser les marchés puisqu’il détend surtout les conditions financières aux Etats-Unis, le marché directeur en quelque sorte. Il donne quelques marges de manœuvre aux banques centrales du bloc dollar qui ne voudraient pas suivre la Fed jusqu’au bout de son resserrement monétaire. Toutefois, suite au sommet de Davos et aux propos ambigus du secrétaire d’Etat au Trésor, désavoué par Donald Trump, on pourra s’interroger sur les intentions de l’administration américaine et notamment sa capacité à utiliser le billet vert comme outil pour redresser les comptes extérieurs, ou éventuellement pour mettre la pression sur les principaux partenaires dans le cadre de négociations commerciales. Pour l’heure, les mesures protectionnistes américaines (taxe à l’importation sur les panneaux solaires et les machines à laver) sont symboliques. Mais les enjeux sont importants : au-delà de la renégociation de l’ALENA, c’est la question d’un éventuel accord commercial sino-américain qui est au cœur des préoccupations. Si le risque de « guerre commerciale » nous semble modéré, nous estimons que cette thématique pourra ponctuellement prendre plus d’importance sur les différentes classes d’actifs en fonction des échéances et des circonstances.
A retenir
  • Préférer les actions aux obligations
  • Privilégier les actions européennes et japonaises
  • Légère surexposition au dollar

La baisse du dollar des dernières semaines est en grande partie expliquée par les ajustements de la courbe de taux européenne (qui intègre désormais la perspective d’un resserrement monétaire de la BCE), par la perspective d’une inflexion monétaire de la Banque du Japon ainsi que par la vitesse de l’aplatissement de la courbe des taux américaine (qui laisse penser que la Fed pourrait être gênée dans la poursuite de son resserrement monétaire). Tous ces éléments nous semblent désormais intégrés et ne devraient plus peser véritablement sur le billet vert. Certes, le dollar pourrait pâtir des facteurs politiques américains. Mais cette devise conserve un rendement sensiblement supérieur à celui des partenaires du G10, ce qui maintient son attrait. Nous conservons une légère surexposition au dollar dans nos portefeuilles.

Nous gardons quelques cartouches (surpondération du monétaire), prêtes à être redéployées sur les actions et/ou sur les obligations, selon les circonstances. En dépit de la remontée des rendements obligataires, il nous semble prématuré de revenir sur cette classe d’actifs (qui demeure sous-pondérée). Les actions nous semblent plus vulnérables aux risques après le mouvement haussier (pondération neutre) et des valorisations élevées. Nos marchés de prédilection demeurent la zone euro et le Japon.

    Nos vues pour février Evolution par rapport au mois précédent
ACTIONS
US
Europe
  Euro
  Royaume-Uni
Japon
Emergents
TAUX
US
Euro
Investment Grade
High Yield
Dette émergente (hard currency)
Obligations Financières
Monétaire
DIVERSIFICATION    
Convertibles Euro
Dollar
A suivre
  • Prochaine réunion de la BCE : 8 mars
  • Prochaine réunion de la BoJ : 8 et 9 mars
  • Prochaine réunion de la Fed : 20 et 21 mars

Elément complémentaire