Cette semaine a été rythmée par les banques centrales

Asset Management - 29/04/2016

Alors que la BCE avait surpris favorablement le marché la semaine dernière en annonçant des achats d’obligations d’entreprises dès le mois de juin, cette semaine, la Banque du Japon a également étonné, mais défavorablement cette fois-ci, en …………. ne faisant rien !

​Elle a maintenu ses taux inchangés à -0,1%, tout comme le montant de son Quantitative Easing, malgré une économie de plus en plus fragile, des prix qui ont du mal à rebondir et une forte hausse du yen.  

Il faut croire que la Banque centrale n'aime pas réagir sous la pression des marchés, notamment lorsque le gouvernement ne se prononce toujours pas sur un éventuel report de la hausse de la TVA. Officiellement, elle continue d'évaluer l'impact de ses taux négatifs. La porte reste ouverte pour le mois de juillet. De son côté, la Réserve fédérale a sans doute pris acte de l'amélioration de la situation des pays émergents et notamment de la Chine. Dans son dernier comité, elle ne mentionne plus l'économie mondiale comme étant à risque. Toutefois, elle continue de suivre de près la dynamique de la croissance américaine, particulièrement l'amélioration du marché de l'emploi. Le discours est nettement plus neutre par rapport au ton inquiet des derniers mois.

La semaine a été également riche en matière de statistiques économiques. Les premières publications du climat des affaires et les derniers chiffres du PIB américain ont confirmé une amélioration - encore trop lente - de la sphère industrielle mondiale. En France et dans la zone euro, notons une croissance du PIB qui a surpris favorablement sous l'effet de la consommation et des dépenses d'investissement. Si le PIB américain au titre du premier trimestre a été relativement faible, un rebond est attendu au deuxième trimestre, grâce à la vigueur du marché de l'emploi et à la récente baisse du dollar.

Dans cet environnement, les marchés actions ont fortement réagi à la déception japonaise, malgré un début de saison de publications des résultats favorable et un pétrole en hausse. Les actions internationales terminent la semaine en baisse de plus de 1%, les actions japonaises ayant perdu plus de 4,5%. Nous demeurons confiants sur le potentiel des actions de la zone euro, particulièrement en raison d'attentes de croissance des bénéfices qui nous semblent trop faibles au regard des fondamentaux micro et macroéconomiques. Toutefois, à court terme, après les dernières semaines de belle performance, la volatilité pourrait revenir sur les marchés. Nous maintenons nos prises de bénéfices de la semaine dernière. Sur le marché des taux, nous affichons notre confiance sur le potentiel des emprunts d'Etat dans les pays périphériques de la zone euro, tout comme le « corporate » européen, se traduisant dans les portefeuilles par une surpondération sur le crédit et plus particulièrement sur le crédit High Yield.

 

ACTIONS EUROPEENNES

La semaine, très riche en publications, a été marquée par une réunion de la Fed et des négociations autour de la Grèce. Elle se solde au final par un léger repli des marchés.

Dans le secteur de la construction, la croissance organique de Saint-Gobain s'améliore, notamment grâce à la stabilisation des ventes en France. Nexity confirme la bonne orientation du cycle avec une très forte accélération des réservations dans le logement, à +35% ! Même tendance également dans les services informatiques : Capgemini suit le chemin d'Atos, avec une croissance organique solide à +2,9% et des prises de commandes rassurantes pour la suite de l'année. Concernant le segment de la R&D externalisée, Altran délivre une croissance organique de 6% avec une forte accélération sur la France à +6,8%.

Les résultats sont plus contrastés dans l'aéronautique et la défense. Airbus déçoit en raison de problèmes d'exécution de la montée en cadence de la production de l'A350. En revanche, Safran surprend avec une croissance organique plus forte qu'anticipée à +6,7%, à la fois dans la première monte et dans l'après-vente. A noter, le succès de DCNS, filiale à 35% de Thales, pour l'obtention du contrat des sous-marins australiens, pour huit milliards d'euros. Au sein du secteur des semi-conducteurs, STMicroelectronics rassure quant à l'inflexion en cours du cycle. Le groupe de chimie allemand BASF s'inscrit dans la même tendance.

Concernant le secteur des télécoms, après l'échec des négociations de rapprochement avec Bouygues, Orange envoie des signaux favorables. La dynamique opérationnelle conforte la croissance de l'Ebitda pour 2016 (amélioration de l'ARPU mobile et forte dynamique de recrutements dans le fixe sous l'effet des investissements consentis dans la fibre). De son côté, Telefonica a dévoilé une publication en ligne, les bons chiffres de l'Espagne compensant ceux de l'Allemagne.

EDF fait l'actualité, avec la recapitalisation de quatre milliards d'euros et le décalage du projet de Hinkley Point (projet à £18bn). Le gouvernement a annoncé l'imposition d'un prix plancher du CO2 qui sécuriserait, si elle est confirmée, l'activité de génération en France. Engie surprend positivement quant à l'amélioration de sa profitabilité, en compensant par son programme de baisse des coûts l'impact de la baisse des prix des matières premières.

Du côté du M&A, fin de la bataille boursière concernant Darty, remportée par la FNAC au prix d'une surenchère coûteuse (prime de 42% sur la première offre), et officialisation de l'offre de Sanofi sur l'américain Medivation, spécialiste du traitement du cancer de la prostate, pour un montant de 9,3 milliards de dollars. Le groupe publie par ailleurs des résultats toujours affectés par la franchise diabète aux Etats-Unis (-17,8%) mais compensés par la division Genzyme en forte croissance à +20,5%, ce qui lui permet de confirmer sa guidance annuelle.

 

ACTIONS AMERICAINES

Les marchés actions américains devraient finir la semaine en légère baisse. La série d'indicateurs économiques  publiés - ventes de logements neufs, commandes de biens durables, confiance du consommateur -  était légèrement en deçà des attentes et  n'a pas apporté des indications susceptibles d'adopter un regard nouveau sur la situation de l'économie américaine. Cette dernière poursuit sa trajectoire au regard de la publication des chiffres du PIB en croissance de 0,6% sur le trimestre. Dans ce contexte, la Réserve fédérale affiche toujours une logique prudente bien qu'elle a souligné la bonne tenue du marché du travail.

Du côté des entreprises, les publications de résultats se poursuivent ; les intentions de fusions/acquisitions également. Dans le secteur de la santé, Abbott a annoncé l'acquisition de St Jude pour un montant de 25 milliards de dollars et une prime de 37%. AbbVie a annoncé l'acquisition de Stemcentrx pour 5,8 milliards de dollars. Les autres secteurs ne sont pas en reste avec l'acquisition du studio d'animation Dreamworks par Comcast pour près de quatre milliards de dollars et l'acquisition de la société Textura – logiciels pour la construction -  par Oracle pour 663 millions de dollars.

Sur le front des publications de résultats, Facebook et Amazon ont créé la surprise en réussissant à maintenir un rythme de croissance très fort au cours du premier trimestre de l'année. En revanche, Apple a souffert d'un repli de ses ventes plus fort qu'attendu, augmentant la pression et les attentes sur le prochain modèle de la marque à la pomme pour septembre. Concernant le segment des valeurs industrielles - Masco, Parker Hannifin, United Technologies -  les publications sont dans l'ensemble supérieures aux attentes devenues extrêmement pessimistes au premier trimestre.

Au cours des cinq derniers jours, le secteur technologique enregistre une très forte baisse de plus de 4,5%, suivi par la santé et la consommation discrétionnaire. Le secteur des services publics, l'énergie et les télécoms signent les plus importantes progressions.

 

ACTIONS JAPONAISES

L'indice TOPIX a terminé en recul de 3,8% après une dégringolade jeudi liée à l'annonce décevante par la Banque du Japon du maintien en l'état de sa politique, ainsi qu'à la hausse du yen. Le marché a été influencé par des mouvements spéculatifs sur des contrats à terme sur indice ; les baisses du Nikkei 225 et des grandes capitalisations ont été plus importantes que celles des valeurs de faible capitalisation. Au cours des semaines passées, la bourse de Tokyo avait enregistré un rally lié avant tout aux opérations sur contrats à terme en raison des anticipations d'un possible assouplissement de la politique de la banque centrale.

Nintendo Co. a reculé de 13,2% avec des prévisions de résultats plus faibles que prévu au titre de l'exercice 2017 (exercice clos en mars). Fanuc Corporation a également chuté de 11,5% à la suite d'une révision en baisse des prévisions de résultats. ALPS Electric Co. a progressé de 5,3% avec une prévision de révision en hausse du dividende.

 

MARCHES EMERGENTS

Après que la Fed a annoncé qu'elle laissait les taux d'intérêt inchangés et qu'elle n'était pas pressée de relever les taux, les marchés émergents ont été les grands gagnants. Alors que les prix du pétrole enregistrent de nouveaux plus hauts en 2016 et que le cours de certaines matières premières augmente, les places boursières des pays producteurs de matières premières, comme la Russie et le Brésil, ont fait la course en tête. Les titres des entreprises d'Etat russes, à l'image de Gazprom, ont été soutenus par l'autorisation du Premier ministre Dmitri Medvedev portant sur le versement de 50% des résultats sous la forme de dividendes. Ils ont fortement progressé tout au long de la semaine.

Au Brésil, le Sénat s'apprête à voter la procédure de destitution contre la Présidente Dilma Rousseff. Le Vice-Président Michel Temer a déjà commencé à réfléchir à la constitution d'un éventuel cabinet. M. Temer a fait savoir que son choix se porterait sur l'ancien gouverneur de la banque centrale, M. Henrique Meirelles, pour le poste de ministre des Finances. Le sentiment des investisseurs en Malaisie s'est encore une fois assombri, principalement en raison du scandale actuel concernant le fonds souverain. Les informations selon lesquelles le fonds d'investissement du gouvernement malaisien présenterait des défauts sur plusieurs obligations ont pesé sur la Bourse et le marché des changes.

Tandis qu'Apple a connu son pire trimestre de ces 13 dernières années, avec des résultats en forte baisse et pour la première fois un recul des ventes d'iPhone, son concurrent coréen Samsung a publié ses résultats en ligne avec les premiers chiffres. Ils montrent que les smartphones, les puces de mémoire flash NAND 3D, la technologie OLED et la TV ont été les principaux contributeurs, tandis que les bénéfices liés aux écrans LCD ont été moins importants que prévu. La progression des résultats trimestriels a été soutenue par l'activité smartphone, avec des ventes importantes liées au GS7 et une amélioration des coûts, grâce aux plateformes de rationalisation.

 

MATIERES PREMIERES

Si le sommet de Doha entre pays OPEP et non-OPEP n'a débouché sur aucun accord concret, cela n'a pas empêché les cours du pétrole de repartir à la hausse et de se situer aux plus hauts depuis six mois, à 48 dollars le baril pour le Brent et 46 dollars le baril pour le WTI. Cette hausse est alimentée par le regain de faiblesse du dollar, une poursuite de la baisse de la production américaine (-15 000 barils par jour sur la semaine) et de la croissance de la demande en essence aux Etats-Unis (+5,6%).

A 62,9 dollars la tonne, le cours du minerai de fer a corrigé de près de huit dollars la tonne sur son plus haut récent (70,5 dollars la tonne le 21/04) après une forte hausse en 2016, en partie poussée par une fièvre spéculative en Chine. La réouverture du marché du crédit a en effet entraîné une forte hausse des volumes d'échanges sur les marchés de futurs locaux (Dalian Exchange et SGX Asiaclear) et ont conduit les autorités chinoises à implémenter des mesures pour limiter la spéculation.

Le prix revient donc sur des niveaux plus en ligne avec des fondamentaux qui sont cependant meilleurs qu'il y a quelques mois. Nous mentionnions la semaine passée une offre plus faible qu'attendue à la suite de révisions des objectifs de productions des trois grands (Vale, Rio Tinto, BHP Billiton) avec 40 à 50 millions de tonnes en moins, soit 3% du marché d'exportation. C'est maintenant le CISA (China Iron & Steel Association) qui revoit à la hausse ses perspectives de croissance de la demande apparente d'acier du pays pour 2016 à +2% contre une baisse de 3 à 4% précédemment.

Le cours de l'or a repris sa tendance haussière et se rapproche des plus hauts en séance de 2016 (1285$/oz le 11/03). La dernière fois que l'once avait franchi les 1300$/oz remonte à janvier 2015, mais le mouvement avait été suivi par une correction significative. L'environnement est aujourd'hui plus porteur, étant donné que les banques centrales continuent de mener une politique monétaire favorable à l'or. Les publications de résultats des sociétés aurifères montrent une poursuite de la baisse des coûts de production qui, conjuguée à la hausse du cours de l'or, entraînent une amélioration des cash-flows et justifient la forte hausse du secteur depuis le début de l'année (+61,5% pour EdR Goldsphere, part distribution en euro).

 

DETTES D'ENTREPRISES

Crédit

La semaine a été marquée par une baisse d'environ 0,2% pour les marchés Investment Grade et High Yield sur la semaine. Le Xover s'écarte de cinq points de base à 309 points de base contre un écartement de deux points de base à 73 points de base pour le Main. Le rebond des matières premières et notamment du pétrole a profité aux valeurs du secteur de l'énergie.

Le marché primaire affiche toujours la même dynamique post-BCE avec quelques émissions en fin de semaine. Ardagh (B) a émis une obligation de 4,5 milliards de dollars en quatre tranches. Travelodge (B-) a émis une obligation de 360 millions de sterling avec une maturité 2023. Sur le marché Investment Grade, McDonald's (BBB+) a émis une obligation de 2,5 milliards d'euros en trois tranches. Unilever (A+) a émis une obligation de 1,5 milliard d'euros en trois tranches. La vague de flux reste tournée dans le sens de la collecte pour les différents compartiments du crédit pour la dixième semaine consécutive: +330 millions d'euros pour les fonds High Yield européens et +145 millions d'euros pour les fonds High Yield américains.

Les résultats d'entreprises européennes du premier trimestre 2016 sont de bon augure. Ardagh va racheter des activités de canettes de boisson à Ball pour 3,4 milliards de dollars. Isolux Corsan est sur le point de finaliser la scission d'Isolux Infrastructure. La souche 2021 a largement sous-performé le marché et cote désormais autour de 15% du pair. Casino a annoncé la cession de Big C Vietnam au groupe thaïlandais Central Group pour une valeur d'un milliard d'euros. Anglo American a dévoilé la vente de ses activités de phosphate et niobium pour un montant de 1,5 milliard de dollars au chinois Molybdenum afin de diminuer sa dette. Les différentes souches de l'entreprise ont surperformé le marché après l'annonce.

 

Convertibles

La Banque du Japon et les annonces de résultats ont été au centre des attentions. Le marché attendait un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la part de la Banque du Japon en raison des conditions économiques moroses du pays, mais le gouverneur Kuroda n'a pas pris de virage concernant sa politique et a reporté l'annonce de ses perspectives en matière d'inflation. Le Nikkei a terminé la semaine - écourtée à 4 jours - en recul de 5,2% dans l'ensemble après une baisse brutale de 3,6%. Le yen est passé de 112 à 107 face au dollar américain.

Le titre Asics accuse une baisse de 4,6%. Sony a pâti d'un report de l'annonce de ses résultats. Le groupe a publié un bénéfice net pour l'exercice de 147,8 milliards de yens, soutenu par de solides ventes de sa console de jeux vidéo PlayStation. En Asie, la seule émission concerne Kakao : une obligation à coupon zéro et échéance 5 ans de 200 millions de dollars américains échangeable en actions Loen Entertainment.

En Europe, Adidas (+5,4%) a publié de solides résultats trimestriels, largement supérieurs au consensus, avec une croissance organique du chiffre d'affaires de +22%, un résultat d'exploitation de 490 millions d'euros et des prévisions revues en hausse. Galp a publié un résultat net hors éléments exceptionnels de 114 millions d'euros et un résultat d'exploitation hors éléments exceptionnels de 137 millions d'euros (supérieur de 4% au consensus). Les résultats trimestriels de KPN sont ressortis globalement en ligne avec les attentes. A noter que l'activité de téléphonie au Pays-Bas est restée solide et dans le contexte d'un plan de réduction des coûts, les résultats devraient s'améliorer au cours des prochains trimestres. L'EBITDA trimestriel d'Iberdrola ressort légèrement inférieur aux attentes, en baisse de 5% à deux milliards d'euros, en raison d'éléments exceptionnels (incluant l'effet négatif de la dévaluation de la livre Sterling). Les prévisions du groupe pour 2016 ont été confirmées et le résultat net est ressorti à 869 millions d'euros, en hausse de 3,3%.

L'aciériste russe Severstal a émis sur le marché une obligation convertible de 200 millions de dollars américains à un taux de 0,5%. Cette émission d'obligations « vanille » a été valorisée de façon très attrayante pour les investisseurs, avec une protection du dividende complet et une prime très basse à seulement 17,5%. Yandex (+9,9%) a publié de très solides résultats au titre du premier trimestre  avec un EBITDA ajusté en hausse de 62% à 5,77 milliards de roubles et a relevé ses prévisions pour 2016 avec un objectif de croissance du chiffre d'affaires 2016 revu en hausse de 15%-19%. Netsuite a publié un chiffre d'affaires record au premier trimestre, à 216,6 millions d'euros (+31% en glissement annuel). Le groupe a revu à la hausse ses prévisions de chiffre d'affaires 2016. Knowles a été le seul à émettre une obligation convertible dans la région, avec une nouvelle émission de 150 millions de dollars à échéance 5,5 ans et au taux de 3,25-3,5%.

 

Achevé de rédiger le 29/04/2016

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