La prudence des investisseurs laisse penser que les marchés actions pourraient rapidement repartir à la hausse

Asset Management - 07/06/2016

 



Notre analyse des marchés

Benjamin Melman

Force est de constater qu’en dépit de la meilleure orientation des marchés, les investisseurs demeurent prudents et relativement peu exposés aux classes d’actifs risquées. Les analystes, une fois n’est pas coutume, ont également pour cette année des attentes de croissance bénéficiaire très restreintes. Pourquoi le marché manque-t-il tant de convictions ? Par certains aspects, l’environnement est loin d’être engageant :

  • Les publications des résultats des entreprises au premier trimestre aux Etats-Unis et en Europe, quoiqu’un peu meilleurs qu’attendu, restent très en retrait.
  • Le rebond « à crédit » de l’économie chinoise semble trop fragile pour être jugé pérenne vu la problématique de la dynamique de la dette privée chinoise.
  • L’environnement politique peut potentiellement devenir un facteur de crise en Europe, entre les risques liés au référendum sur le Brexit et celui en Italie sur la constitution (prévu en octobre). Aux Etats-Unis, la montée de Donald Trump dans les intentions de vote interpelle également.

La volonté de la Réserve Fédérale de poursuivre son resserrement monétaire quand l’environnement le permet tire le dollar à la hausse et peut potentiellement déstabiliser les économies émergentes, voire l’économie américaine.

En dépit de ces interrogations, nous maintenons une allocation d’actifs surpondérant les actions en général et l’Euroland en particulier. En effet, il nous semble que la stabilisation des prix des matières premières et la prise en compte effective de l’impact des taux négatifs sur les résultats des valeurs financières préservent les résultats d’une dégradation supplémentaire. La meilleure orientation de l’économie mondiale devrait également permettre aux bénéfices de progresser dans un contexte où les attentes sont très faibles. Par ailleurs, la prudence des investisseurs laisse penser que les marchés actions pourraient rapidement repartir à la hausse quand certaines étapes seront passées, comme le référendum britannique.


 



Nos convictions

Sur les marchés actions

Nous avions réduit le mois dernier notre surpondération sur les actions européennes et augmenté le poids du dollar pour nous positionner par rapport au risque lié au référendum britannique. Nous avons mis en place certaines stratégies de protection de court terme tant ce risque demeure potentiellement néfaste pour les marchés. Autrement dit, nous avons également fait acte de plus de prudence à l’approche de cette échéance mais dans la mesure où le Brexit n’est pas notre scénario central, il nous semble important de continuer à privilégier les actions européennes.

Sur les marchés obligations

Sur les marchés obligataires, nous réduisons notre sous-pondération sur les obligations américaines. En effet, à la suite de récentes communications de la Fed plaidant pour un resserrement monétaire prochainement, les obligations américaines se sont ajustées un peu à la baisse. Nous continuons à privilégier les obligations à haut rendement européennes et dans une moindre mesure, à l’approche des échéances politiques européennes, les obligations des pays périphériques.