La semaine se termine par un léger rebond

Asset Management - 05/08/2016

La semaine se termine par un léger rebond après une correction initiale largement expliquée par la déception relative après la publication des stress tests des banques européennes et la poursuite de la correction du pétrole. Cependant, l'intervention de la Banque d'Angleterre soutient les marchés qui espèrent que les mesures prises (baisse du taux directeur à 0.25% et renforcement programmé des achats d'obligations d'Etat et corporate) limiteront l'impact du Brexit sur l'économie britannique.
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Parallèlement, la baisse des stocks d'essence aux Etats-Unis et les bonnes surprises sur les résultats de certaines entreprises (Lafarge Holcim, Arcelor, Total…) entraînent un rebond du pétrole et des marchés actions. Concernant les taux, le fait le plus notable est la bonne tenue des obligations corporate qui ont peu souffert de la volatilité sur les marchés actions et du repli des cours du pétrole. Nous maintenons notre préférence pour les actions de la zone euro et pour les obligations corporate.

 

 

  Actions européennes

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Les marchés européens s’affichent en léger repli sur le semaine écoulée après deux séances initiales de fort repli, les investisseurs s’étant montrés sceptiques sur les résultats des stress tests de la BCE et le détail du plan de recapitalisation de Monte dei Paschi qui a fait craindre de nouvelles levées de fonds propres y compris pour des établissements censés avoir passé le test avec succès. Les financières ont donc été à la peine en dépit de résultats encourageants comme chez ING avec un résultat avant impôt sous-jacent supérieur de 34% au consensus et le trimestre le plus fort depuis plusieurs années, chez HSBC avec un engagement à tenir le dividende et un rachat d'actions pour 2,5 milliards de dollars ou chez Société Générale avec une solvabilité supérieure aux attentes avec un CET1 à 11,1%.

Seuls les chiffres de Commerzbank et Allianz sont décevants, essentiellement à cause d’activités P&C plus faibles (niveau élevé de pertes importantes) et de nouvelles sorties de fonds dans l’asset management (-18 milliards sur le deuxième trimestre) après quatre trimestres de tendance positive.

Un autre élément très attendu aura été la réduction par la Banque d’Angleterre de son taux directeur de 0,25 point à 0,25% et sa décision de reprendre et renforcer son programme d'achats d'actifs en le portant à 435 milliards de livres, contre 375 milliards auparavant, entraînant une nouvelle baisse de la livre qui a profité aux grandes valeurs anglaises.

Parmi les résultats significatifs, figurent ceux de Nokia pour le deuxième trimestre. Ils ont été jugés faibles, avec notamment des revenus de l’activité réseaux 3% sous les attentes, mais une forte hausse des synergies de 900 millions à 1,2 milliard d’euros a été annoncée. Le troisième trimestre d’ Infineon s’est affiché plus ou moins en ligne mais la guidance du quatrième trimestre s’est avérée décevante. Par ailleurs, le chiffre d’affaires du deuxième trimestre de Novo Nordisk ressort un peu en deçà des attentes malgré une croissance organique à +6%, le Levemir étant en déclin pour la première fois de son histoire (-1% après +11% au premier trimestre à cause de pressions sur les prix et de la cannibalisation de Tresiba aux USA), entraînant une réduction de la guidance de croissance du chiffre d’affaires pour 2016 de +5-9% à +5-7%.

 

 

  Actions américaines

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Les marchés ont enregistré une légère baisse au cours de la semaine, dans un contexte de volumes relativement faibles compte tenu de la période estivale. Les publications de chiffres économiques n’ont pas donné lieu à des surprises majeures : les créations d’emplois dans le secteur privé selon l’ADP – source non officielle – font état de 179 000 nouveaux postes, très légèrement au-dessus des attentes et conformes à la tendance esquissée depuis le début de l’année. L’indice ISM non manufacturier composite est ressorti sur des niveaux robustes à 55,5, légèrement en deçà des attentes à 55,9.

Du côté des entreprises, on approche désormais de la fin de saison des publications de résultats. Plus de 70% des sociétés ont dévoilé leurs résultats qui sont supérieurs aux attentes, pour la grande majorité d’entre elles. Il faut dire que les attentes du marché s’étaient fortement repliées, avec les craintes liées à la Chine en début d’année puis au Brexit. Si l’on exclut le secteur de l’énergie, les chiffres d’affaires et les profits progressent très légèrement. On notera les déceptions sur les résultats et les commentaires prudents dans le domaine de la restauration : McDonald’s, Starbucks, Texas Roadhouse entre autres qui mentionnent l’impact du contexte politique sur la demande. Ces éléments, tout comme les ventes dans la distribution depuis le début de l’année, ne sont pas en phase avec la vigueur des chiffres de l’emploi et témoignent de la prudence constante du consommateur américain, plus de 6 ans après la sortie de crise. Nous considérons que c’est un élément positif concernant la pérennité de la croissance économique aux Etats-Unis.

Au cours des cinq derniers jours, seuls les secteurs de la technologie et de la consommation de base sont en territoire positif. La consommation discrétionnaire et les valeurs industrielles signent les plus fortes baisses.

 

 

  Actions japonaises

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L'indice Nikkei 225 a reculé pour se retrouver sous le seuil des 16.000 points pour la première fois depuis le 12 juillet sur une séance. En outre, le Topix a perdu 1.8% dans un contexte de hausse du yen par rapport au dollar (+3,1%) et à l'euro (+2,8%). L'appréciation du yen a eu des effets négatifs sur les valeurs liées à l'exportation, le marché craignant une possible dégradation dans les prochaines publications de résultats portant sur la période avril-juin. Le 27 juillet, le gouvernement a dévoilé un nouveau train de mesures d'envergure visant à relancer l'économie, et ce pour un montant d'environ 28.000 milliards de yens. La BoJ a annoncé un assouplissement monétaire afin de doubler sa cible d'achats d'ETF à 6.000 milliards de yens par an. Mais ces annonces n'ont pas réussi à stimuler le marché actions dans son ensemble.

Les secteurs des banques (+3,9%) et des assurances (+3,1%) se sont les mieux comportés, tandis que l'alimentation et l'immobilier ont chuté de plus de 6%.

Après l'annonce par la BoJ qu'elle conserverait le même rythme d'achat d'emprunts d'Etat japonais qu’actuellement, et qu'elle maintiendrait ses taux directeurs en territoire négatif, Dai-ichi Life Insurance Company et T&D Holdings se sont envolés respectivement de 13,6% et 10,3%.

Sur une note plus négative, Asahi Group Holdings, le plus grand brasseur japonais, a chuté de 9.4% après avoir annoncé des prévisions de résultats décevantes pour l'exercice 2016. Les investisseurs se sont inquiétés d'une projection de bénéfice net plus faible que prévu, alors même que la prévision de résultat d'exploitation pour l'exercice 2016 avait été revue à la hausse.

 

 

 

  Marchés émergents

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Les rentrées de capitaux continuent sur les marchés émergents avec des flux de 2,24 milliards de dollars sur la semaine. En Asie, les nouvelles sont bonnes. Le Parlement indien a acté le principe de l’adoption d’une good and services tax>, sorte de TVA unique entre les états, ce qui aura pour effet de fluidifier la circulation des biens et services entre états fédérés, faisant de l’Inde un immense marché unique. De nombreux obstacles restent encore à franchir avant de voir cette mesure réellement effective : la ratification de 15 états au minimum sur les 29 et la fixation d’un taux unique ou peut-être de deux taux uniques selon le type de biens et marchandises. En Indonésie, la croissance du PIB est plus forte qu’anticipée, à 5.2% (contre 5% attendue). On peut noter que la consommation domestique se porte bien comme l’atteste la croissance du chiffre d’affaires des mêmes magasins de Mitra Adiperkasa, de +7,5%.

Les Thaïlandais se prononcent, par voie de referendum dimanche, sur un changement de constitution. Selon les derniers sondages, 62% de la population est indécise. Par ailleurs, la banque centrale brésilienne a décidé de laisser ses taux inchangés, attendant de voir plus de signes de stabilisation fiscale. Les résultats opérationnels annualisés récurrents d’Embraer ont baissé de 29%, en-dessous des attentes. Dans un contexte macro-économique adverse, Itau a publié des résultats en baisse de 7%. Le taux de créances douteuses n’est monté que de 10 points de base sur le trimestre, ce qui est rassurant mais l’effort de provisionnement a baissé de 19% ce qui pose des questions pour le futur. Cielo (moyen de paiement) a publié des résultats en hausse de 14%. Enfin, il convient de souligner la force du Real qui s’est apprécié de près de 30% contre Dollar depuis ses plus bas en septembre 2015. L’effort de réformes en Inde, la bonne tenue de l’économie indonésienne et les efforts fiscaux du Brésil nous rendent constructifs sur les marchés émergents.

 

 

  Matières premières

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La semaine a été marquée par un net rebond du pétrole après la publication des stocks d’essence aux Etats-Unis. L’or profite de mesures annoncées par la BOE pour prendre 10 dollars à 1360 dollars l’once.

Après avoir frôlé le plancher des 40 dollars le baril (Brent), le pétrole a rebondi à la suite de la publication des données hebdomadaires du DoE (Department of Energy). Ces chiffres font état d’une forte baisse des stocks d’essence, la plus forte en cinq ans, alors que la demande reste élevée (+2,2% en moyenne sur les quatre dernières semaines). Le niveau élevé des stocks d’essence était un sujet d’inquiétude pour le marché. Alors que les positions spéculatives à la baisse sur le pétrole sont au plus haut depuis février, cette baisse des stocks a provoqué un mouvement de couverture chez les traders, expliquant la hausse du baril. La production OPEP a encore progressé en juillet à 33,41 millions de barils par jour, tirée par l’Arabie Saoudite, l’Irak à 4,6 millions de barils par jour (son plus haut niveau depuis janvier) et une progression des exportations nigérianes malgré la situation difficile. A la suite des commentaires de Mustafa Sanalla, le patron de la société nationale du pétrole libyenne, qui pense que le pays pourrait augmenter ses exportations à 900.000 barils par jour d’ici la fin de l’année (350.000 barils par jour aujourd’hui), le débat porte maintenant sur la capacité à atteindre cet objectif au regard de l’état des infrastructures.

Le prix du minerai de fer continue de suivre une tendance haussière bien que la volatilité ait augmenté cette semaine. Cette hausse est liée aux réductions de capacités d’acier en Chine qui vont permettre de soutenir les prix, et aux inondations dont la Chine a fait l’objet, perturbant l’acheminent du minerai et obligeant certaines aciéries à fermer. A noter l’augmentation des mesures anti-dumping dans l’acier (Europe, Inde). La lecture des PMI chinois est assez contrastée et la divergence entre l’officiel 49,9 (50 en juin) et le Caixin 50,6 (48,6 en juin) ne permet pas vraiment de tirer de conclusions quant à un regain d’optimisme sur l’activité chinoise et, in fine, la demande en matériaux de base.

 

 

  Dettes d'entreprises

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Crédit

Sur les marchés du crédit, la semaine a commencé avec la publication des stress tests et s’est terminée par l’entrée en scène de la Banque d’Angleterre. Les résultats des stress tests ouvrent désormais la voie à la BCE pour se prononcer sur les exigences 2017 de capital avec le nouveau cadre en place qui va diviser le Pilier 2. Jeudi, la BoE a pour sa part créé la surprise en dévoilant un arsenal de mesures plus important qu’attendu. Non seulement elle a abaissé son principal taux directeur mais en parallèle, le montant de ses achats d’actifs a été porté à 435 milliards de livres, contre 375 milliards auparavant - en lui ajoutant des achats d’obligations d’entreprises pour un montant maximum de 10 milliards de livres. Cette action dovish a logiquement entraîné une baisse des taux britanniques et une compression de toutes les primes de risque crédit. Le crédit bancaire a surperformé (tiré par les noms anglais) ; les Cocos périphériques ont clôturé à +1 point en moyenne et les Cocos Core ont clôturé entre +0,25 à +0,50 point en moyenne. L’Investment Grade s’est resserré de 2 à 4 points de base, et le High Yield de 8 à 15 points de base.

La trêve des confiseurs n’a pas encore commencé et le marché primaire reste actif. Concernant l’Investment Grade en dollar, Microsoft a lancé une émission obligataire de 20 milliards de dollars pour financer le rachat de LinkedIn. La saison des résultats continue et les publications sont plutôt supérieures aux attentes pour la plupart des banques cette semaine sauf pour RBS vendredi matin. Le groupe a déçu sur le montant de ses provisions pour litige. Selon Bloomberg, FCA (Ba3/BB) serait en négociations avancées avec Samsung pour la cession de sa filiale de composants automobiles Magneti Marelli ou de certaines de ses activités, comme l'éclairage, la télématique ou les systèmes de divertissement embarqués. Enfin, SFR a signé un accord avec deux syndicats majoritaires visant à supprimer 5.000 postes d’ici 2019. Il devrait coûter 600 à 800 millions d’euros et générer environ 400 millions d’euros d’économies par an dès 2017.

Convertibles 

Les émissions de taille Jumbo sont de retour sur le segment des obligations convertibles. Dish Network (télévision par satellite aux Etats-Unis) a émis trois milliards de dollars d'obligations convertibles à 10 ans. Ces fonds seront utilisés pour financer « des transactions stratégiques qui peuvent inclure des opérations dans le secteur des solutions sans fil ou dans d'autres domaines connexes ». Dans le même temps, la société a été dégradée de BB- à B+ par S&P car son multiple d'endettement ajusté devrait rester bien supérieur à 5.

La saison des résultats se poursuit : Deutsche Post a fait part d'un EBIT (résultat d’exploitation avant intérêts et impôts) plus élevé que prévu, mais le chiffre d'affaires s'est avéré en ligne avec le consensus. La société s'attend toujours à ce que le rythme de croissance du commerce électronique se maintienne au cours du troisième trimestre, ce qui permettrait de compenser la baisse anticipée de l'activité courrier. Les ventes de Buzzi Unicem pour le premier semestre se sont révélées conformes au consensus, à 1,26 milliard d'euros. La société enregistre des variations positives dans tous les marchés (notamment aux États-Unis), à l'exception de la Russie (baisse d'environ 20% du chiffre d'affaires). Les résultats d'Adidas ont été conformes à la pré-annonce publiée la semaine dernière : les ventes ont été principalement tirées par des chiffres solides en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord et en Asie. Il est important de noter que l'action s'est envolée de 59,88% depuis le début de l'année, alors que l'indice STOXX 600 Personal & Housold Goods n'a progressé que de 1,39%. Du fait de la solidité de ses résultats d'exploitation et d'indicateurs de crédit très sains, la notation de la société russe Severstal a été revue à la hausse d'un cran, et figure désormais en catégorie Investment Grade (BBB-).

Aux États-Unis, Tesla a publié un chiffre d'affaires total de 1,3 milliard de dollars. Si ce montant est inférieur aux prévisions, il progresse néanmoins de 10% d'un trimestre sur l'autre. Malgré une perte nette de 293 millions de dollars, la société est parvenue à livrer 14 402 véhicules, soit un volume assez proche de l'objectif fixé à 17 000 unités. MercadoLibre a dépassé les prévisions de ventes pour le deuxième trimestre. Elles atteignent 199,6 millions de dollars, soit une progression de 29,4% en glissement annuel. Comme observé sur le trimestre précédent, les marges se sont contractées du fait de l'augmentation des salaires, des frais de licence, et des services à forte valeur ajoutée. Pago, sa solution de paiement, a enregistré une croissance de 76% en glissement annuel.

Le super typhon Nida a frappé Hong-Kong au cours de la première moitié de la semaine, ce qui explique le grand calme du marché des convertibles en Asie. Certaines obligations convertibles se sont néanmoins distinguées. On mentionnera par exemple la société technologique de Taïwan ASE (l'action s'adjugeant 4%, et la convertible se traitant un à deux points de pourcentage de plus que la semaine précédente). Les obligations convertibles japonaises ont un peu souffert (en raison de prises de profits, de la réduction du risque dans le marché, et de certains résultats décevants sur le premier trimestre). En outre, les analystes doutent que le premier ministre Abe et la BoJ puissent travailler main dans la main dans le cadre du nouveau programme de relance budgétaire, programme jugé globalement décevant. Suzuki Motors a enregistré des résultats très solides: le résultat net est en hausse de 20% en glissement annuel, tandis que le résultat opérationnel progresse de 7%, des chiffres supérieurs aux prévisions.


Achevé de rédiger le 05/08/2016

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