Elections américaines 2016 : un épiphénomène sur les marchés ?

Asset Management - 04/11/2016

Le nom du 45ème président des Etats-Unis sera dévoilé prochainement, mettant fin à un suspense inconfortable pour les investisseurs. Ce 8 novembre, ils porteront également une attention toute particulière à l’élection du Congrès (Sénat et Chambre des Représentants), institution avec laquelle Hillary Clinton et Donald Trump devront composer pour mettre en oeuvre les réformes envisagées. L’issue de cette bataille politique aux multiples ebondissements ne devrait pas complètement changer la donne sur les marchés. Néanmoins, certains secteurs pourraient tirer leur épingle du jeu.



Benjamin Melman
Benjamin Melman
Directeur Allocation d'Actifs et Dettes Souveraines
 
Christophe Foliot
Christophe Foliot
Responsable de la Gestion Actions Internationales

Le spectre d'un Brexit bis s'éloigne

Sources de volatilité à court terme, les élections américaines constituent rarement un tournant pour Wall Street et les Bourses du monde entier. Au cours des dernières décennies, les performances enregistrées sur les marchés après l’événement électoral s’avèrent plutôt favorables. Néanmoins, cette année, la course à la Maison-Blanche ne ressemble pas aux précédentes. Depuis plusieurs mois déjà, les deux prétendants se livrent une guerre sans merci, dans laquelle tous les coups sont permis, pour accéder à la plus haute fonction d’Etat.

Plusieurs scenarios aux impacts très différents se dessinent. Si Hillary Clinton sort victorieuse du scrutin, les investisseurs tablent sur un Congrès divisé, composé d’un Sénat démocrate et une Chambre des Représentants républicaine. La candidate pourrait donc ne pas avoir totalement les mains libres, notamment en matière de fiscalité, de santé et de dépenses budgétaires. Dans ce cas de figure, l’événement politique de cette fin d’année n’aurait que peu d’incidence sur les marchés, en raison de la continuité avec la politique conduite par l’administration Obama.

Les marchés applaudiraient probablement des deux mains un tel scenario, favorisant les compromis. A court terme, dans ce contexte, les taux souverains américains devraient remonter, tandis que le dollar prendrait le chemin d’une appréciation. A moyen terme, la hausse des dépenses publiques pourrait soutenir la croissance américaine et l’inflation. Un 'Democratic sweep', autrement dit une vague démocrate qui déferlerait sur les Etats-Unis, surprendrait et incommoderait très certainement les investisseurs. Le Congrès laisserait alors le champ libre à Hillary Clinton pour mettre en œuvre bon nombre de réformes peu favorables à certains secteurs et opérer des changements structurels.

En cas de victoire du candidat républicain soutenu par un Congrès acquis à sa cause, ses propositions auraient de grandes chances d’être mises en œuvre. Un pic de volatilité pourrait agiter les marchés, en raison du caractère protectionniste de son programme économique. Si Donald Trump devenait le prochain président des Etats-Unis, les rendements souverains américains pourraient chuter à très court terme. En outre, les perspectives d’activité et de profit dans les pays émergents seraient négativement impactées.

Des gagnants et des perdants

La direction que prendront les marchés dépendra de la capacité des candidats à mettre leurs plans à exécution. Une victoire d’Hillary Clinton, accompagnée d’un Congrès divisé, devrait limiter la volatilité sur les marchés, soulagés de voir s’installer au plus haut sommet de l’Etat, par la force des choses, une culture de la conciliation et de la demi-mesure. Ainsi, le secteur financier pourrait échapper à une pression accrue en matière de régulation, tout comme les acteurs de la santé qui tireraient alors leur épingle du jeu, au vu des perspectives de croissance bénéficiaire.

Sans 'Democratic sweep', plusieurs mesures phares de la candidate démocrate concernant cette industrie, telles que la limitation de la hausse du prix des médicaments ou l’obligation de transparence liée aux coûts de développement, seront probablement édulcorées. Par ailleurs, dans le sillage de l’augmentation généralisée des salaires, une compression des marges dans la restauration et l’informatique est à attendre.

En cas de victoire de Donald Trump, les entreprises plus particulièrement exposées au marché domestique, les secteurs de la défense et des infrastructures seront incontestablement favorisés. Son élection pourrait également soutenir les valeurs de l’énergie, au regard de sa volonté d’assouplir la réglementation liée au changement climatique.

En matière de politique monétaire, le discours des deux candidats diffèrent sensiblement. Hillary Clinton, pour sa part, soutient Janet Yellen, tandis que Donald Trump critique son approche et ses méthodes. Ainsi, il pourrait plaider pour un remplacement de la présidente de la Fed en 2018. D’ici là, et une fois passé l’épiphénomène des élections américaines et les remous à court terme, Janet Yellen pourrait entrer en action.

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