Financer les infrastructures pour construire l’avenir

Actualité - 01/02/2017

Entre les pays émergents, où tant reste à construire, et l’Europe, dont les infrastructures réalisées dans les années 1980/90 nécessitent d’être renouvelées en parallèle d’investissements nouveaux significatifs, les besoins en transports, équipements télécoms et énergie sont croissants. Des projets que les Etats et les banques traditionnelles ne peuvent être les seuls à financer.

Le financement privé, via la dette d’infrastructure, apporte-t-il LA solution qui réconcilie intérêts des investisseurs et besoins sociaux ? Seulement si l’on est capable de combiner une expérience solide d’ingénierie financière, une grande sélectivité et une capacité à intervenir très en amont des projets pour s’assurer de leur pertinence.

Construire des routes, des ponts, des hôpitaux, développer les transports, les énergies renouvelables, les télécoms… Les besoins en infrastructures sont immenses dans le monde entier, notamment dans les pays émergents.

Les besoins en infrastructures sont immenses dans le monde entier, notamment dans les pays émergents.



 

 

« Mais il ne faut pas oublier l’Europe de l’Ouest, fait remarquer Jean-Francis Dusch, responsable de la gestion infrastructure, Edmond de Rothschild Asset Management. Les équipements deviennent obsolètes, il faut donc les renouveler. De surcroit, dans le cadre du développement de l’intermodalité des infrastructures européennes, de nouveaux grands projets sont lancés. »

 

 
 

 

2000
Mds € de projets

Dans un contexte de ressources toujours plus limitées et de transition énergétique, le besoin de l’Europe en infrastructures plus performantes et plus propres est un enjeu de premier plan. La Commission européenne continue de chiffrer les grands projets gouvernementaux des pays membres à l’horizon 2020 : 2 000 milliards d’euros.

Les investisseurs institutionnels s’engagent dans un pan essentiel de l’économie réelle

Récemment encore, les projets d’infrastructure étaient financés très majoritairement par des établissements bancaires. Pourquoi les cartes ont-elles été redistribuées ? Les effets combinés de la crise de 2008 et de la réglementation issue des accords de Bâle III ont contraint les banques à réduire leur capacité de prêts à long terme. Ce phénomène de désintermédiation bancaire, allié au manque de moyens des gouvernements, a ouvert la voie au financement privé et à une montée en puissance de nouveaux acteurs proposant des solutions alternatives de financement.

Aujourd’hui, la dette d’infrastructure crée des opportunités pour les investisseurs de long terme à la recherche de rendement et de diversification.

La dette d’infrastructure bénéficie de fondamentaux jugés solides, au regard de la qualité de crédit des actifs, d’une volatilité faible, de flux de trésorerie stables sur des maturités longues. Elle offre une bonne visibilité sur les rendements. La plupart des actifs d’infrastructures jouissent d’une position de quasi-monopole et fournissent des services essentiels aux marchés qu’ils desservent. Ils bénéficient en outre d’un accompagnement politique et d’une incitation réglementaire.

" Aujourd’hui, la dette d’infrastructure crée des opportunités pour les investisseurs de long terme à la recherche de rendement et de diversification. "


Dans un contexte de taux bas, Jean-Francis Dusch explique que, grâce à la capacité d’origination et de sélection des projets de son équipe, la dette d’infrastructure offre une prime d’illiquidité supplémentaire aux investisseurs :

« Dans la dette d’infrastructure, il est possible, sans sacrifier la sécurité, la récurrence des revenus et leur stabilité, de justifier de rendements plus élevés parce que l’on est présent sur des secteurs et opportunités moins ciblées  par les prêteurs traditionnels en plus de représenter une offre alternative crédible à ces derniers. C’est typiquement ce que nous avons fait avec des structures innovantes dans les secteurs des énergies renouvelables, des PPP sociaux dans le domaine de la santé ou aéroportuaire. Nous fournissons parfois la liquidité qui n’est pas disponible car capables de mettre en place des structures mieux adaptées à la nature de l’infrastructure sous-jacente. »

Etre présent là où les autres ne le sont pas

Sur les 10 dernières années, le Groupe a développé une activité de conseil en financement d’actifs d’infrastructures sur laquelle il a acquis une position de leader reconnu grâce au bouclage du volet financier d’opérations emblématiques, notamment en Europe et en Afrique.

L’équipe dirigée par Jean-Francis Dusch à Londres couvre tous les secteurs et un large éventail de situations de financements (financement de projet, un nouvel actif ou du renouvellement de financement d’actif) en Europe, et s’attache à avoir une approche à la fois  exhaustivite mais bien réfléchie :

« Nous avons identifié pour chaque pays les secteurs qui offrent les opportunités les plus attractives pour nos investisseurs. Par exemple, le télécom en Allemagne, cela fait actuellement de sens, alors qu’en France ou au Royaume-Uni, oui. »

Investir dans les infrastructures nécessite bien sûr des compétences pointues d’ingénierie financière, mais la diversité des dossiers requiert tout autant une parfaite maîtrise des cadres légaux des pays d’intervention (France, Angleterre, Benelux, Allemagne, Autriche, pays scandinaves…) qu’une connaissance fine des dernières avancées technologiques touchant aux infrastructures. Autre facteur essentiel : l’accès à un réseau mondial des acteurs du domaine.

C’est pourquoi Jean-Francis Dusch a réuni autour de lui une équipe « senior » – chacun ayant entre 15 ans et 20 ans d’expérience – habituée au montage de structures complexes et qui avait déjà travaillé ensemble sur des transactions. Cette connaissance mutuelle est clé pour mener à bien les opérations, selon Jean-Francis Dusch :

« Nous avons une approche d’entrepreneur, de recherche de l’efficacité de la mise en place financière. Nos investisseurs sont des gens qui prennent des décisions et avec qui nous sommes en relation permanente. Face à eux, la responsabilité de chacun dans l’équipe est engagée et cela se sent dans notre façon de travailler. »

L’équipe implique en effet les clients très en amont et nourrit un dialogue en continu. Elle tisse de vraies relations de co-investissement avec certains d’entre eux.

Co-construire des projets pérennes et responsables

L’équipe intervient le plus tôt possible dans les projets, ce qui lui permet d’être impliquée en amont du montage de la structure, de bien négocier les termes pour les investisseurs, de maîtriser les projets sur lesquels elle est amenée à travailler, voire de les influencer :

« Toute l’équipe a une expérience de l’activité bancaire traditionnelle, nous savons comment opèrent les établissements. Nous allons chercher les investisseurs, nous structurons des projets importants, ce qui nous permet ensuite de choisir. Par exemple, nous pouvons refuser un premier deal dont les modalités ne nous paraissent pas optimales. Notre expérience nous permet de proposer un autre projet, qui est celui que l’on monte finalement. »

L’équipe de dette d’infrastructure couvre tous les secteurs, avec une limite – pointée par Jean-Francis Dusch :

« Que les projets aient du sens en ce compris en termes de développement durable. »

Une prise en compte des enjeux de développement durable, dans la ligne des engagements du Groupe pour l’environnement et le développement économique et social :

« Par exemple, on nous a proposé de travailler pour redévelopper une centrale de production d’électricité dans le sud de la France, mais le site lui-même est pollué. Nous avons donc décidé de ne pas y aller. Sur les projets que nous soutenons, nous travaillons avec les experts du promoteur, et nous pouvons leur dire “tel point est important pour nous, tel autre l’est pour nos investisseurs qui ont des critères ESG (de meilleures pratiques environnementales, sociales et de gouvernance)”. S’il s’agit d’une construction d’autoroute, par exemple, nous pouvons insister sur la présence de murs anti-son. »

 


La famille Rothschild, pionnière des infrastructures

Accompagner de grands projets avec l’optique de façonner un monde pérenne s’inscrit dans l’histoire de la famille Rothschild, qui a contribué à des chantiers d’envergure, comme le canal de Suez en 1875 ou les réseaux ferroviaires européens. Une tradition perpétuée et renouvelée avec conviction au XXIe siècle :

 « Le financement des infrastructures a été un thème majeur d’investissement de notre famille depuis le début de l’ère industrielle, expliquait Ariane de Rothschild en 2014. Mon mari Benjamin et moi-même sommes très fiers de ce rôle pionnier et entendons poursuivre cet engagement. »