Le printemps sera européen

Stratégie d'allocation d'actifs - 02/05/2017

Plusieurs facteurs nous conduisent à revoir notre allocation, au regard de mouvements de court et de moyen terme (accentuation de la reprise de l’Europe notamment).

Vers un contexte européen inédit

La reprise européenne se poursuit et, à en croire les dernières enquêtes, pourrait être en tendance actuellement autour de 3%. Il est frappant de constater que l’enquête IFO, très corrélée à la croissance allemande, rejoint le niveau des pics précédents. La France et l’Italie, en panne de croissance jusqu’à l’automne dernier, rejoignent enfin le peloton européen. A la différence de l’an dernier, période à laquelle l’embellie économique ne se traduisait pas dans les résultats des entreprises, les profits des entreprises s’affichent en nette hausse (près de 15% de croissance bénéficiaire attendue cette année). Alors que la reprise européenne se dessine depuis des mois, les flux vers les actions européennes sont restés vendeurs depuis février 2016, au moment où les investisseurs ont commencé à intégrer sérieusement le risque de Brexit.

Dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, les marchés se sont inquiétés des élections françaises et de la victoire du populisme. Les résultats du premier tour laissent penser que comme en Autriche et aux Pays-Bas, le candidat anti-européen ne remportera pas le scrutin. Si tel devait être le cas, l’horizon européen sera particulièrement dégagé, les élections allemandes ne présentant aucun risque à en croire les sondages. Certes, en Italie, des élections législatives qui s’annoncent difficiles auront lieu probablement en 2018, la date n’étant pas encore fixée. Nous sommes convaincus que tous les éléments sont sur la table pour un important rattrapage des actions européennes par rapport aux actions américaines au soir du 2ème tour si les indications données par les sondages quant à l’issue du second tour se confirment. Beaucoup d’investisseurs non-européens sont restés absents de ce marché aux fondamentaux devenus dynamiques. A ce titre, nous remontons à nouveau le poids des actions européennes dans les portefeuilles, ainsi que la dette subordonnée financière en abaissant le poids du crédit Investment Grade.

A retenir
  • Surpondération des actions européennes et japonaises
  • Remontée du poids des convertibles
  • Forte surpondération de la dette financière


La reflation est-elle terminée ? pas si vite!

Les actifs sensibles à la reflation qui ont le plus bénéficié de l’élection de Donald Trump ont effacé une très grande partie de leur surperformance. Les difficultés politiques rencontrées par le nouveau président concernant la réforme de la santé donnent l’impression que l’administration ne pourra pas appliquer les mesures promises. Par ailleurs, l’inflation des grands pays semble avoir ralenti quelque peu et les pressions salariales demeurent toujours contenues. Le scepticisme est donc en train de gagner les investisseurs après l’euphorie initiale, mais au point d’être devenu probablement excessif.

En effet, si l’élection de Trump a accentué l’espoir de reflation, le mouvement de reflation a pris son essor en Chine et s’est diffusé au reste du monde il y a un an. Or le mouvement chinois se poursuit. Si l’administration américaine semble actuellement en difficulté sur le volet de la relance, il est difficilement envisageable qu’elle renonce complètement et pourrait revenir avec de nouvelles initiatives. La croissance mondiale est synchronisée et attendue au-dessus de son potentiel. Elle est tendanciellement reflationniste. Il existe donc des éléments tangibles pour que le scepticisme des investisseurs sur la reflation se réduise.

Par ailleurs, nous remontons tactiquement le poids des actions japonaises qui ont notablement sous-performé depuis le début de l’année, ainsi que des obligations convertibles. Enfin, nous revenons à la neutralité sur le dollar. En effet, les marchés intègrent raisonnablement le comportement à attendre de la Fed. En revanche, dans cet environnement de rattrapage de la croissance mondiale, il n’est pas exclu que les autres grandes banques centrales resserrent peu à peu leur politique monétaire, toujours très expansionniste.

    Nos vues pour mai Evolution par rapport au mois précédent
ACTIONS
US
Europe
  Euro
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Japon
Emergents
TAUX
US
Euro
Investment Grade
High Yield
Monétaire
DIVERSIFICATION    
Convertibles Euro
Dollar
A suivre
  • 2ème tour de l’élection présidentielle française : 7 mai
  • Prochaine réunion de la BCE : 8 juin
  • Prochaine réunion de la Fed : 13 et 14 juin
  • Prochaine réunion de la BoJ : 15 et 16 juin