Diversification : l'art, un patrimoine qui se gère aussi

Banque privée - 04/11/2016

Réussir la transmission aux générations suivantes, optimiser la fiscalité lorsqu'il faut revendre… Les amateurs d’art doivent savoir faire les bons choix patrimoniaux. Vincent Aubuchou, Directeur adjoint de l'Ingénierie Patrimoniale chez Edmond de Rothschild (France), fait part de son expertise dans Le Figaro Magazine du 04 novembre 2016.

Expertise rime parfois avec surprise ! « Dans les familles, la valeur de certains biens est complètement fantasmée, alors que, pour d’autres, elle est au contraire très sous-estimée », raconte Emilie Villette, directrice du développement de Christie’s France. Avis donc aux heureux propriétaires d’oeuvres d’art : ils doivent s’informer des prix de ce qu’ils possèdent en les faisant expertiser.

Cette précaution évitera les faux pas lors d’une succession, comme par exemple de compter sans discernement les oeuvres d’art dans le forfait « meubles meublants » (égal à 5 % de l’actif successoral). « La valeur réelle des oeuvres s’avère, dans certains cas, inférieure ! » relève Vincent Aubuchou, chez Edmond de Rothschild France. Autre inconvénient : faute d’inventaire, les héritiers ne pourront justifier de la date à laquelle ils ont recueilli ces biens. Ils n’enclenchent donc pas le compte à rebours pour l’exonération de plus-values en cas de revente accordée, grâce aux abattements, après 22 ans de détention.

Bien maîtriser les subtilités de la fiscalité est un autre défi. Si certains acheteurs débutent une collection par goût, d’autres le font pour profiter de l’exonération d’ISF qu’offrent les oeuvres d’art, en espérant souvent faire de belles plus-values. « Il n’est pas forcément judicieux de se tourner vers les secteurs moins appréciés aujourd’hui, en pensant profiter un jour de leur retour en grâce, car l’évolution de l’enseignement, du goût et de l’esthétique est à prendre en compte », relève le directeur général de Christie’s France, Edouard Boccon-Gibod.

"Quand un tableau constitue l’essentiel d’une succession entre plusieurs héritiers, la vente est souvent inéluctable."



 

Les plus-values peuvent être taxées à 34,5 %, avec 5 % d’abattement par année de dé-tention à partir de la deuxième. Mais les propriétaires peuvent opter pour une taxe forfaitaire égale à 6,5 % du prix de vente. « Il faut tenir compte de l’impact de la solution choisie sur le plafonnement de l’ISF », met en garde Vincent Aubuchou. Là, c’est l’intégralité de la plus-value réalisée, sans aucun abattement, qui sera considérée comme un revenu pour le contribuable. « Si elle est importante, l’ISF risque d’être fortement majoré », avertit-il. A contrario, si le collectionneur a choisi la taxe forfaitaire, c’est un revenu théorique, égal schématiquement à un tiers du prix de vente, qui est comptabilisé, avec parfois un impact plus limité sur l’ISF. 

« Quand un tableau constitue l’essentiel d’une succession entre plusieurs héritiers, la vente est souvent inéluctable. C’est bien d’avoir le temps de préparer cette transaction, pour mettre en oeuvre la bonne stratégie de vente », assure Emilie Villette. Idem lorsqu’une collection hétéroclite a été constituée. « Pour en tirer le meilleur prix, il faut répartir les objets entre différentes ventes spécialisées, pour qu’ils trouvent leur public. Avoir fait l’inventaire en amont permettra de gagner du temps le moment venu », explique Edouard Boccon-Gibod.

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