L’art, supplément d’âme de l’immobilier

Banque privée - 18/11/2016

L’immobilier est un sujet incontournable dans le contexte actuel et une composante essentielle de notre offre. Avec le témoignage de Laurent Dumas, Président-fondateur du Groupe Emerige, découvrez comment l’art et l’esthétique sont créateurs de valeur pour ce secteur.

 Le Groupe Emerige exerce trois activités – la restructuration d’actifs immobiliers, la promotion de bureaux et la promotion de logements – avec une approche originale qui intègre systématiquement une dimension artistique.

Laurent Dumas - Crédit photo : Adrien DasteLaurent Dumas, Président-fondateur du Groupe Emerige, nous a reçus à l’hôtel Beaubrun, dans le Marais, à Paris. L’hôtel particulier – siège de l’entreprise – restauré il y a trois ans ressemble à un centre d’art contemporain et, fait notable, ne contient aucune référence à l’immobilier. Laurent Dumas nous explique pourquoi et comment il a mêlé sa passion et son travail au quotidien. 

Laurent Dumas, en quoi Emerige se distingue-t-il de ses concurrents ?

Laurent Dumas : Notre activité se concentre principalement sur Paris et l’Ile-de-France et en Espagne, à Madrid et Barcelone. Pour rester fidèle à notre impératif de qualité, nous agissons seulement sur ces zones dites tendues, c’est-à-dire très demandées et bien desservies par les transports en commun. Un développement en région nécessiterait une autre organisation. Nous nous distinguons aussi par l’extrême soin que nous apportons à nos projets, qu’il s’agisse de bureaux ou de logements. Tous comportent une dimension artistique. Quel qu’en soit le budget ou le prix de vente, nous ne construisons aucun immeuble sans que l’esthétique et l’art y prennent toute leur place. Notre ADN, notre choix différenciant et innovant, c’est l’accès à la création artistique pour tous.

Une journée à Versailles, programme en collaboration avec l’Etablissement public du Château de Versailles - juillet/août 2016.

 

Pourquoi souhaitez-vous faciliter l’accès à la création artistique ?

LD : L’art constitue un formidable levier de réduction des inégalités. Il peut aider les jeunes ou des publics éloignés de la culture à s’émanciper, à dépasser leur cadre habituel. Il peut aussi leur insuffler l’envie de s’intéresser à des domaines qui leur sont étrangers.

"Notre ADN, notre choix différenciant et innovant, c’est l’accès à la création artistique pour tous."



Il nous appartient, à nous entrepreneurs responsables, d’engager des actions de cette nature. C’est pourquoi Emerige développe un programme d’éducation artistique et culturelle. Dans ce cadre, en collaboration avec l’Etablissement public du Château de Versailles, aux mois de juillet et août 2016, nous avons emmené plusieurs milliers d’enfants pour « une journée de vacances à Versailles ».

Cette initiative a permis à de très nombreux enfants ne partant pas en vacances de découvrir via une médiation culturelle le Château et les œuvres d’Olafur Eliasson, artiste résident en 2016.

Par ailleurs, nous devons soutenir les artistes pour l’émotion qu’ils nous procurent. Parmi nos nombreuses initiatives, nous avons lancé en 2014 la « Bourse Révélations Emerige » afin d’offrir un tremplin à de jeunes artistes français.

Comment l’art s’intègre-t-il à vos différents projets de promotion immobilière ?

LD : Nous sommes très sensibles au choix des architectes et aux liens qui nous unissent à eux. Cette fibre se prolonge dans l’architecture d’intérieur pour les parties communes que nous réalisons avec des architectes designers. Mais cette notion d’art va bien au-delà.

" L’art constitue un formidable levier de réduction des inégalités. Il peut aider les jeunes ou des publics éloignés de la culture à s’émanciper, à dépasser leur cadre habituel. "
Laurent Dumas


Convaincu que l’art peut changer le cours des choses, Emerige a été l’un des initiateurs de la charte « Un immeuble, une œuvre ». Elle a été signée par 13 professionnels de l’immobilier et la ministre de la Culture. Objectif : rendre l’art, la culture et la création accessibles au plus grand nombre. Grâce à ce programme inédit, chaque année, 1.000 immeubles construits ou rénovés accueilleront l’œuvre d’un artiste contemporain. Et des millions de personnes, occupantes ou de passage, seront confrontées à l’art et dialogueront avec la création artistique. En définitive, les promoteurs immobiliers sont des acteurs du mieux vivre ensemble.

Les contraintes de l’immobilier peuvent-elles cohabiter avec la liberté des artistes ?

LD : Le succès de la charte « Un immeuble, une œuvre » prouve que les deux sont compatibles. Les artistes sont une réelle valeur ajoutée, y compris pour les métiers les plus rigoureux et les plus pragmatiques. L’art favorise les échanges au sein de l’entreprise et avec ses différents correspondants. Exemple : malgré leur charge de travail, nos directeurs de programmes consacrent volontiers une partie de leur temps à la création artistique, notamment pour visiter des ateliers.

Pourquoi l’art compte-t-il autant pour vous ?

LD : Dans ma vie personnelle, je suis totalement immergé dans le monde de l’art. Les artistes nous font entrer dans le monde de la liberté. Cette liberté nous manque parfois dans un quotidien de contraintes, de réglementations, de finance... La vision des artistes donne une couleur originale à notre façon de travailler. Les artistes partagent aussi leur générosité et leur ouverture d’esprit avec nos collaborateurs.

L’art et l’immobilier ont en commun d’être des composantes essentielles des patrimoines de nos clients. Ces deux actifs d’ordre émotionnel nous aident à approfondir notre compréhension et à identifier des solutions de long terme et sur-mesure pour chacun. Mélanie Damani International Wealth Structuring and Art Services chez Edmond de Rothschild.
M_Damani

L’art ne laisse personne indifférent. Les occupants commentent, ils questionnent, parfois ils s’opposent. In fine, ils se réjouissent du fait que nous avons prêté attention à leur cadre de vie. L’art donne un supplément d’âme à l’immobilier, à notre action quotidienne.

Quels projets actuels incarnent particulièrement votre univers esthétique ?

LD : Notre programme de logements dans le quartier des Batignolles à Paris (17ème) s’inscrit parfaitement dans cette approche. Nous proposons une architecture innovante imaginée par le très talentueux Chinois Ma Yansong (Agence MAD) en relation étroite avec Christian Biecher, un architecte français, tout aussi talentueux. Ce bâtiment nommé Unic est composé de 85 appartements assortis de terrasses et de jardins. Grâce à une architecture innovante et astucieuse, la hauteur sous plafond atteint 2,8 mètres. Sur le plan de la création artistique, nous avons lancé un concours international en partenariat avec la Ville de Paris et la RATP pour la conception d’un accès à la nouvelle station de métro Pont Cardinet, au sein même de l’immeuble. C’est l’artiste allemand Tobias Rehberger qui a été choisi. Son œuvre sera empruntée au quotidien par des centaines de milliers d’usagers.

Projet Unic à Batignolles conçu par MAD Architects.



 

Morland Mixité Capitale est un projet tout aussi emblématique gagné dans le cadre du concours « Réinventer Paris » lancé par la Mairie de Paris. Le cahier des charges était clair : il fallait repenser la destination de l’ancienne préfecture de Paris située dans le 4ème arrondissement. Avec l’architecte David Chipperfield, nous avons construit un projet basé sur la multiplicité des usages et qui verra cohabiter commerces, logements sociaux, crèche, bureaux, hôtel, auberge de jeunesse, centre sportif, marché alimentaire… Dans cette démarche, il nous est aussi apparu évident que les deux derniers étages du bâtiment devaient être un lieu unique accessible au public et aux Parisiens. Dans ce cadre, nous avons confié à l’artiste danois Olafur Eliasson le soin de créer une œuvre spectaculaire. Je crois à la richesse de l’association des cultures. En l’espèce, c’est une belle façon de faire vivre l’Europe !

Projet Morland Mixité Capitale. Vue depuis le quai Saint-Bernard.



 

Estimez-vous, comme Inès Reinmann*, que « l’usage » de l’immobilier est aujourd’hui bouleversé ?

LD : « Réinventer Paris » s’inscrit dans ce bouleversement. La Ville de Paris a qualifié ce concours d’innovant. Une vraie révolution s’opère en effet dans les usages. Aux Batignolles, nous avions déjà créé des espaces partagés et favorisé une mixité des populations. Le logement devient extensible ou au contraire réductible en fonction des besoins et des changements de vie. Nous ne concevons plus d’immeubles sans réfléchir au partage du lieu. Nous sommes également au début d’une tendance à l’intelligence d’usage, inspirée de la méthode Nudge, en matière de consommation énergétique et de protection de l’environnement. Les occupants sont impliqués dans la réduction de la consommation grâce à des signaux destinés à provoquer des comportements écologiques responsables.

* Lire l'interview d'Inès Reinmann "Comment la digitalisation bouleverse l’immobilier"



Focus : la Bourse Révélations Emerige, un soutien aux jeunes artistes français

Vue de l’exposition “Empiristes”, 2016. Oeuvres de Bianca Bondi, Louis-Cyprien Rials et Raphaëlle Péria. Photo : Rebecca Fanuele



 

Emerige offre chaque année à un artiste plasticien émergent français, en début de carrière (moins de 35 ans), un véritable tremplin vers le monde artistique. La Bourse Révélations Emerige permet de réaliser une première exposition personnelle au sein d’une galerie française de renommée internationale et offre un accompagnement tout au long du projet, depuis la mise à disposition d’un atelier et l’aide à la production des œuvres jusqu’au financement de l’exposition elle-même. Le lauréat 2016 sera dévoilé le 3 novembre prochain à la Villa Emerige. 

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