Investir dans le Private Equity en 2016, la sélectivité toujours plus indispensable

Analyses - 12/04/2016

Tout semble indiquer que l'année 2016 sera un excellent millésime pour le Private Equity. Selon Preqin, la collecte de fonds centrés sur l’Europe pourrait dépasser cette année les 71 milliards de dollars de 2015.
Emmanuel Courant, Secrétaire Général – Edmond de Rothschild Private Equity, analyse ce regain d’intérêt de la part des investisseurs.

​2016 s'annonce comme une nouvelle année record pour le Private Equity. Comment l'expliquez-vous ?

EC : Les encours gérés en fonds de private equity dépassent désormais les $2,4tn (source : Preqin) avec $468bn de nouveaux encours levés en 2015 (source: Triago) à travers près de 700 fonds dans le monde.

L'optimisme qui règne à propos du private equity s'explique par le niveau de performance (rendement net cumulé sur 10 ans de 13% selon Bain&Co, soit une surperformance de 3,7% du S&P500, et rendement net cumulé sur 5 ans de 17% en Europe et 13% aux US selon Cambridge Associates) et par des niveaux de distribution élevés, le flux important de capitaux restitués aux investisseurs permettant de maintenir l'appétit de ces derniers pour cette classe d'actifs.

Face à un contexte de taux historiquement bas, de liquidités abondantes et de volatilité sur les marchés boursiers, les investisseurs sont à la fois en recherche de rendement et de diversification par rapport aux classes d'actifs dites "traditionnelles". 

Selon différentes études, près de deux-tiers des investisseurs institutionnels dans le monde déclarent vouloir augmenter leur allocation en private equity dans les prochaines années. Cette tendance se retrouve chez les investisseurs privés.

 

Ce nouvel essor du Private Equity profitera-t-il aux investisseurs?

EC : La contrepartie de cette croissance forte, c'est que la levée de nouveaux fonds devient plus compétitive (selon Preqin, 1630 fonds de private equity sont en cours de levée dans le monde, avec un objectif de $480bn). Elle s'accompagne par ailleurs d'une augmentation de la part des engagements non appelés dans les fonds (dry powder) et, corrélativement, accroît la pression sur la valorisation des actifs et la préservation d'un deal flow fourni et de qualité.

Cette situation impose une grande sélectivité aux investisseurs et commande de s'appuyer sur des équipes aguerries, dont le track-record est éprouvé et le deal flow qualifié. Dans cet environnement, les gérants aux stratégies différenciantes et à valeur ajoutée tirent leur épingle du jeu.

Le Groupe Edmond de Rothschild est l'un des rares groupes financiers indépendants à avoir conservé une activité de Private Equity interne. Quelle est votre proposition de valeur pour les institutionnels ?

EC : Le Groupe Edmond de Rothschild vient de réaliser avec succès le closing de plusieurs fonds de private equity : 3e millésime de son fonds de co-investissement minoritaire global (1er closing à 200 MEUR) ; 2e millésime de son fonds spécialisé en dépollution des sols / réhabilitation des friches industrielles (1er closing avec des engagements sécurisés à 90 MEUR) ; 1er millésime de son fonds spécialisé dans l'hôtellerie de luxe (closing final à 153 MEUR) ; enfin, 1er millésime d'un fonds de fonds internes au Groupe (1er closing à 30 MEUR).

Ces succès valident la stratégie private equity du Groupe qui se concentre sur la recherche de différenciation et de diversification sur des thématiques à forte valeur ajoutée proposées aux investisseurs.

En 2016, le Groupe se concentrera sur les infrastructures de petite et moyenne taille en Europe,  avec un fonds de 300 MEUR, les géographies émergentes, avec notamment un focus sur l'Afrique à travers le lancement d'un 2e fonds dédié aux continent africain et la zone Andine avec le lancement d'un 1er fonds consacré à la Colombie, au Chili et au Pérou, le secteur de la santé, avec le 5e millésime de notre fonds consacré aux science de la vie / bio-technologies, et enfin, le soutien aux petites et moyennes entreprises en France à travers le 2e millésime d'un fonds de capital développement.