Les PMI font une pause en zone euro, début des négociations sur le Brexit et actions chinoises dans les indices MSCI

L'hebdo des économistes - 27/06/2017

En bref
  • Les PMI font une pause en zone euro, début des négociations sur le Brexit et actions chinoises dans les indices MSCI
  • Focus Russie : les déséquilibres structurels persistent

Analyses de Matthias van den Heuvel, Economiste, Sophie Casanova, économiste banques centrales et François Léonet, économiste Marchés Emergents au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild.

Les PMI font une pause en zone euro, début des négociations sur le Brexit et actions chinoises dans les indices MSCI

  • L’indice PMI manufacturier en zone euro progresse mais l’indice composite est en légère baisse. Ces enquêtes confortent notre scénario d’une solide croissance en seconde partie de 2017 en zone euro
  • Le début des négociations sur le Brexit confirme la position de force de l’Union Européenne. Cette asymétrie en défaveur du Royaume-Uni pourrait peser sur le cours de la livre
  • L’inclusion des actions locales chinoises dans les indices MSCI est un signal positif, mais l’intégration de l’ensemble du marché sera longue. L’effet sur les flux entrants de capitaux devrait donc être modéré

 
Zone euro : nouvelle hausse du PMI manufacturier

En zone euro, les dernières données indiquent que le mouvement d’accélération de l’activité économique que l’on observe depuis bientôt un an a fait une pause au mois de juin. L’indice des directeurs d’achat (PMI) composite de Markit a connu sa première baisse depuis septembre 2016, passant de 56.8 en mai à 55.7 en juin. Cet indicateur se maintient toutefois solidement en zone d’expansion et reste à son niveau le plus élevé depuis six ans sur l’ensemble du deuxième trimestre. Si l’indice composite a baissé c’est à cause d’un recul de l’indice PMI des services de 56.3 en mai à 54.7 en juin, reflétant un ralentissement de l’afflux de nouvelles commandes adressées au secteur des services. L’indice manufacturier a, quant à lui, continué sa hausse ininterrompue depuis août 2016 à 57.3 en juin après 57.0 en mai. Ce mouvement fait écho à celui de l’Economic Sentiment Indicator de la Commission européenne, qui a enregistré une baisse marginale en mai en raison d’un léger repli de la confiance dans les services et la vente au détail. [...]

Brexit : les négociations pré-accord commerciaux ont débuté le 19 juin

Les négociations sur les modalités du Brexit ont débuté cette semaine et ont d’ores et déjà confirmé l’asymétrie du rapport de force entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni.

D’une part, le négociateur britannique, D. Davis, a accepté plusieurs exigences de son homologue européen, M. Barnier. Ainsi, les négociations ont bien débuté, comme prévu, le 19 juin et ce en dépit de de l’instabilité politique au Royaume-Uni qui fait suite à l’échec des conservateurs aux élections législatives. En outre, le négociateur britannique a accepté le séquençage des négociations souhaité par l’Union Européenne qui consiste en une première phase visant à établir les termes de la sortie du Royaume-Uni de l’UE avant que la phase de négociation des nouvelles relations puisse être amorcée. D’autre part, les divergences de point de vue sur la manière dont doivent être menées les négociations s’accroissent au Royaume-Uni. Ainsi, le chancelier de l’Echiquier, P. Hammond, a très nettement pris ses distances avec la ligne défendue par le Premier Ministre, T. May, en se déclarant favorable à un Brexit « en douceur ». [...]

Chine : Les actions locales dans les indices MSCI

En Chine, l’inclusion des actions locales, les A-shares, dans les indices MSCI valide les efforts entrepris par les autorités chinoises pour faciliter l’accès des investisseurs internationaux à leurs marchés domestiques. Pour autant, une inclusion totale prendra vraisemblablement des années en raison des contraintes prévalant dans les domaines du rapatriement des capitaux investis, de la nécessité d’une meilleure corporate governance et de la gestion des flux de liquidités. L’effet sur les flux entrants de capitaux devrait donc être modéré. 


Extraits des analyses de Matthias van den Heuvel, Economiste, de Sophie Casanova, économiste banques centrales, et de François Léonet, économiste Marchés Emergents

 

 

 

Les déséquilibres structurels persistent

 

  • Selon les chiffres préliminaires, la croissance annuelle du PIB réel au premier trimestre en Russie s’établit à 0.5% et confirme la sortie de récession entamée fin 2016

  • Ce renforcement de la croissance devrait perdurer ces prochains trimestres, soutenu par la croissance domestique et la reprise de l’investissement des entreprises

  • A plus long terme, le potentiel de croissance reste contraint par la dépendance aux prix énergétiques, la redistribution non-optimale de la rente pétrolière et des dynamiques démographiques défavorables

 

Après sept trimestres consécutifs en territoire négatif, la croissance du PIB russe a enregistré une croissance positive de 0.3% lors du dernier trimestre de 2016. Le premier trimestre de 2017 est venu confirmer cette sortie de récession, la croissance du PIB atteignant 0.5% selon les chiffres préliminaires.

Ce redressement de la croissance en Russie devrait perdurer au cours des prochains trimestres grâce au renforcement de la consommation privée et de l’investissement des entreprises. Passé d’en moyenne USD 45 le baril en 2016 à USD 53 en première partie d’année, le niveau des prix pétroliers est plus favorable à l’économie russe. La décélération de l’inflation – passée de 7.3% à 4.1% sur un an grâce entre autres à l’appréciation du rouble alors qu’elle figurait à 15.2% en moyenne en 2015 – a pour conséquence d’améliorer les salaires réels des ménages.

La croissance de ceux-ci atteint d’ailleurs 3.5% sur 12 mois. Sur ce point, les ventes au détail ont repris une partie du retard qu’elles avaient sur la croissance des salaires, tendance qui devrait se poursuivre d’autant que la confiance des consommateurs se reprend (cf. graphique de droite). Les hausses salariales devraient être renforcées dans un marché du travail serré, marqué par le déclin de la population en âge de travailler. En effet, malgré la récession économique des dernières années, la Russie dispose d’un taux de chômage bas, à 5.2%. L’investissement des entreprises devrait également émerger sous l’effet de l’amélioration des profits des entreprises ayant accompagné la remonté du prix des matières premières.

La poursuite par la Central Bank of the Russian Federation d’une politique monétaire accommodante sous la forme de baisses de ses taux directeurs devrait également contribuer à contenir le coût réel de la dette pour les entreprises domestiques. Dans cette optique, l’environnement bancaire donne des signes encourageants d’amélioration. La trajectoire des prêts non-performants par exemple s’est infléchie et les autorités russes ont continué de retirer les licences bancaires des établissements de crédit considérés à risque. Ces avancées sont de nature à favoriser la création de crédit en Russie. [...]

Extrait de l’analyse de François Léonet, économiste Marchés Emergents au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild