«La BCE n’a d’autre choix que la fuite en avant»

Regards et perspectives économiques - 30/06/2016

Grand témoin du Figaro du samedi 25 juin 2016, Mathilde Lemoine, Group Chief Economist, analyse les conséquences de la généralisation des taux négatifs.

Un acte de désespoir ?

Selon Mathilde Lemoine, les taux d'intérêt négatifs sont « le produit de la stratégie des banques centrales, pour lesquelles il s'agit d'un instrument de politique monétaire ». En effet, la BCE est  « confrontée à une situation économique dans laquelle la croissance tendancielle s'affaiblit de plus en plus. C'est une fuite en avant, presque un acte de désespoir, mais elle n'a pas le choix ».

Le paradoxe de l’épargne

Mathilde Lemoine constate les conséquences d’une telle politique. « Les individus, face aux taux négatifs, adoptent plutôt le comportement inverse de celui qui est recherché: ils épargnent plus ! ». C’est selon elle le « paradoxe de l’épargne ».

Et si les taux remontaient ?

« Depuis 2008, le monde a continué à s’endetter. […] En zone euro, le cumul de ces dettes publiques et privées atteint aujourd’hui 250% du PIB ». Toutefois, Mathilde Lemoine l’affirme, « les banques centrales n’ont pas intérêt à engager une politique proactive de relèvement des taux, surtout pas maintenant du fait de l’incertitude créée par le Brexit ».

Qu’est-ce qui pourrait changer la donne ?

« Un choc technologique ou encore de réelles incitations à moins épargner. » Mathilde Lemoine est affirmative sur ce point: « s’ils n’accompagnent pas la politique de la BCE, les gouvernements ne lui laissent pas d’autre choix que d’aller toujours plus loin ».

VIDEO : Mathilde Lemoine dans Le Grand Témoin du Figaro TV