Il est encore trop tôt pour alléger les actions

Analyse de marché - 12/09/2016

Malgré le peu d’attente des investisseurs en direction de la BCE, les marchés de taux marquent le pas, enregistrant une légère poussée à la hausse des taux d’emprunt. Si le scénario central de la banque centrale et notamment en termes de contexte économique ou d’inflation a peu évolué (avec un PIB révisé à la baisse de 1,7% à 1,6% pour 2017 et 2018, ainsi qu’une prévision d’inflation révisée à la baisse de 1,3% à 1,2% pour 2017), Mario Draghi a tout de même distillé de nouvelles informations sur la position de la banque centrale.
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Sans modifier ce mois-ci le rythme des achats du Quantitative Easing, et sans annoncer à ce stade une extension du programme au-delà de mars 2017, ni de changements des paramètres du programme, l’annonce d’une mise en place de comités de réflexion pour réfléchir au design du programme QE pourrait laisser penser que des changements de paramètres techniques du programme restent envisageables. Compte tenu de la bonne tenue des conditions monétaires et financières en zone euro durant cet été, nous ne voyions pas de nécessité pour la BCE d’ajouter de nouvelles mesures accommodantes.

Notons dans ce contexte de léger rebond des rendements obligataires que les valeurs financières des deux côtés de l’Atlantique tendent à se redresser. Ainsi, l’éloignement progressif du risque déflationniste avec d’une part, le maintien d’un scénario de croissance au-dessus de 1% sans que le Brexit ait pu provoquer un choc économique pour la zone euro, et d’autre part des prix du pétrole revenus sur des niveaux plus élevés et plus stables, laissent les marchés actions plutôt résilients et soutenus.

Nous continuons de privilégier les actions au détriment des obligations d’Etat, en surpondérant notamment les actions européennes. Il nous semble qu’il est encore trop tôt pour alléger les actions compte tenu des conditions financières accommodantes et du rebond récent des révisions sur les bénéfices.

 

 

  Actions européennes

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Les marchés sont en léger repli cette semaine en l’absence de nouvelles annonces de la BCE sur le programme de rachats d’actifs. L’énergie et les secteurs liés aux matières premières restent les mieux orientés.

Parmi les rares nouvelles sur le front des entreprises cette semaine, les résultats annuels de Pernod Ricard démontrent une performance solide sur la marge opérationnelle. Lors de sa journée consacrée au cognac, LVMH a confirmé que l’Amérique du Nord reste son principal relais en termes d’activité et que le marché chinois renoue progressivement avec la croissance. Scor dévoile son plan stratégique lors de sa journée investisseurs avec un maintien du ratio de solvabilité et une amélioration de son Return On Equity (ROE).

Deux avertissements de résultats ont été lancés cette semaine : chez Zodiac (révision en baisse du résultat opérationnel courant compte tenu de provisions constituées essentiellement de pénalités clients) et révision en baisse chez Ingenico compte tenu de conditions plus difficiles au Brésil et aux Etats-Unis.

Du côté du M&A, Altice a lancé une OPE sur SFR (huit nouvelles actions Altice offertes pour cinq actions SFR). Bayer prévoit un prochain conseil d’administration le 14 septembre pour évaluer l’offre sur Monsanto et discuter d’une éventuelle offre hostile. Dans le même temps, le groupe envisagerait de vendre son pôle de dermatologie afin de préparer son rapprochement avec Monsanto. ChemChina a prolongé l’offre de reprise sur le chimiste Syngenta jusqu’au 8 novembre (contre le 13 septembre jusqu’ici). Enfin, Nokia a déposé cette semaine une offre de retrait du titre Alcatel-Lucent de la cote parisienne (Nokia détenant déjà 95,32% du capital d’Alcatel).

 

 

  Actions américaines

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Les marchés sont restés relativement stables au cours d’une semaine écourtée – lundi étant un jour férié aux Etats-Unis à l’occasion du « Labor day » –. Il n’y a pas eu de nouvelles économiques majeures, hormis la publication d’un indice ISM non manufacturier composite à 51,4 contre 54,9 pour le consensus. Bien qu’en deçà des attentes, ce chiffre mensuel continue de témoigner d’une phase d’expansion de l’économie.

Du côté des entreprises, Apple a dévoilé son nouvel iPhone 7 et un nouveau modèle de sa montre connectée. L’événement est passé relativement inaperçu en comparaison des annonces produits des cinq dernières années. Intel se sépare de son activité cyber-sécurité issue de l’acquisition de McAfee il y a plusieurs années. L’entité est valorisée 4,2 milliards de dollars contre plus de sept milliards de dollars lors de l’acquisition initiale.

Concernant les fusions/acquisitions, il y a eu une multiplication des opérations dans divers secteurs, allant de l’énergie, à la santé en passant par l’industrie et la technologie. Cepheid a fait l’objet d’une offre d’achat par Danaher dans le secteur de la santé. General Electric a proposé 1,4 milliard de dollars pour acquérir Arcam et SLM Solutions en Europe dans le domaine des imprimantes 3D. Intel et Google ont également signé des acquisitions de taille moyenne.

Au cours des cinq derniers jours, les secteurs de l’énergie, des services publics et des télécommunications signent les plus fortes hausses. La consommation – discrétionnaire et de base – ainsi

 

 

  Actions japonaises

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Les marchés actions japonais ont progressé, l’indice TOPIX enregistrant un gain de 0,6%, mais la dynamique du marché est restée faible. La devise nippone a une nouvelle fois rebondi face au dollar, franchissant la barre des 101 yens à la suite d’une baisse des anticipations d’un relèvement des taux américains lors de la prochaine réunion du FOMC en septembre. Elles ont reculé, en raison d’un ISM non manufacturier plus faible que prévu. Cependant, les données économiques du Japon témoignent de légères améliorations, notamment l’indice de confiance des consommateurs en août et la croissance du PIB entre avril-juin, qui a été relevée de +0,2% à +0,7% en glissement annuel.

Le secteur des « Autres produits », qui inclut Nintendo, a tiré son épingle du jeu, avec une hausse de 8,4%. Dans le sillage du rally lié au jeu Pokémon Go, son cours s’est une nouvelle fois envolé après l’annonce du lancement du jeu Super Mario Run sur iOS lors d’une conférence de presse sur l’iPhone. L’impact du nouveau jeu sur sa performance d’activité devrait dépasser celui du jeu Pokémon Go. Nintendo a bondi de 19,3% sur la semaine.

Du côté négatif, le secteur Fer et Acier a cédé 3,7% à cause de JFE Holdings (-4,9%) et Nippon Steel & Sumitomo Metal Corporation (4%) qui ont fait l’objet de prises de bénéfices après la solide progression de la semaine dernière.

 

 

  Marchés émergents

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Les marchés émergents ont continué d’enregistrer de bonnes performances, avec une belle progression cette semaine (en hausse de 2,4%), surperformant les marchés développés (+0,7%). Les fonds en actions marchés émergents spécifiques (marchés émergents globaux + marchés émergents Asie + fonds régionaux EMEA et Amérique latine), hors fonds en actions chinoises de catégorie A, ont enregistré un gain de 1,8 milliard de dollars. Il s’agit de la dixième semaine d’affilée d’afflux de capitaux pour les fonds marchés émergents hors fonds chinois, avec une collecte de capitaux en cumulé de 18,9 milliards de dollars (2,2% des actifs gérés). A noter qu’au cours des trois dernières années, les marchés émergents ont enregistré des sorties de capitaux dépassant les 150 milliards de dollars.

En Chine (en hausse de 3%), China Machinery & Trucks a vu la croissance des ventes de pelleteuses bondir de 45% par rapport au mois d’août l’an dernier, dépassant les attentes. Du côté macroéconomique, l’indice des prix à la consommation au mois d’août est ressorti inférieur aux attentes du consensus, mais l’indice des prix à la production a continué de s’améliorer. Par ailleurs, la China Insurance Regulatory Commission (CIRC) a confirmé que les assureurs chinois peuvent à présent investir via le Shangai-HK Stock Connect.

En Inde, l’événement principal a été l’approbation de la réforme fiscale (GST) qui regroupera plusieurs impôts indirects dans le pays. Au Brésil (en hausse de 2,7%), la production industrielle a continué de s’améliorer. Au Mexique, le groupe aéroportuaire OMA a enregistré une forte croissance de son trafic de 10,7% en août. Au cours du mois, nous avons remplacé ASUR par OMA, qui selon nous devrait continuer de bénéficier d’un solide trafic domestique (par opposition au trafic international en baisse, Asur y étant davantage exposé). A noter la Colombie (en progression de 6%) qui tire son épingle du jeu dans la mesure où le cours du pétrole a rebondi et le pays a continué de bénéficier de l’accord de paix signé entre le gouvernement et les FARC.

En Europe de l’Est, la Russie (en hausse de 4,6%) a rebondi en raison d’un prix du pétrole plus élevé. Sberbank a publié de bons résultats en août. Nous restons optimistes concernant les actions des marchés émergents.

 

 

  Matières premières

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Les prix du pétrole sont de retour vers les 50 dollars le baril. Ce rebond est alimenté à la fois par des raisons spéculatives et fondamentales. Cette semaine, en marge du G20, la Russie et l’Arabie Saoudite ont parlé de leur volonté de coopérer pour stabiliser le marché pétrolier. L’intention est bonne et se comprend de la part d’acteurs qui cherchent à maximiser leurs revenus pétrolier. L’implémentation d’un gel de production serait cependant complexe, et l’histoire ne plaide pas en faveur des acteurs concernés. La question du niveau de production que l’Iran souhaite atteindre reste centrale pour un tel accord. Cependant, la simple mention de discussions entre ces pays suffit à faire monter les prix.

Au niveau fondamental, l’ouragan Hermine, le premier à se développer dans le golfe du Mexique depuis 2013, a perturbé la production de la zone, et a limité les importations de brut et de produits pétroliers, les tankers ne pouvant rejoindre les ports. Le niveau d’importation sur la semaine a ainsi été le plus faible depuis 1990. Conjugué à un niveau d’activité encore important des raffineries américaines, la baisse des stocks de pétrole a été massive, à 14,5 millions de barils, soit la plus forte baisse depuis 1999.

La semaine à venir devrait conduire à une normalisation, les tankers pouvant à nouveau vider leurs cuves. A noter également que la demande en provenance de Chine reste forte, avec des importations de brut en août en hausse mensuelle de 6% et annuelle de 24%. Les Chinois continuent de constituer des réserves stratégiques, à l’instar de ce qu’ont fait les pays de l’OCDE. Ces stocks représentent aujourd’hui 37 jours d’importations nettes, mais ne représentent que 40% de l’objectif fixé.

L’once d’or a profité dans un premier temps d’un chiffre de l’emploi américain pour le mois d’août relativement décevant, et de la diminution des attentes quant à une action de la Fed en septembre sur les taux d’intérêt. La hausse de l’or a été tempérée par l’absence de nouvelle action d’assouplissement monétaire de la part de la BCE.

 

 

  Dettes d'entreprises

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Crédit

Le marché est hésitant après le statu quo de la BCE hier. Il se demande si le ton employé par Mario Draghi n’est pas plus hawkish que le consensus. Dans ce contexte de légère incertitude, les spreads de crédit sont stables. L’indice Main est à 66 et l’indice Xover à 307.

Le primaire sur le marché Investment Grade s’avère moins impressionnant en terme de taille que les semaines précédentes mais le marché est stable. Iberdrola, Thermo Fisher, RCI Banque, Sanofi (sur trois souches dont deux à coupon zéro) et Glencore ont émis cette semaine.

Sur le High Yield, le marché primaire reprend fortement. Les flux sont toujours positifs sur le secteur mais les performances du primaire (imposant) et du secondaire (vente pour faire de la place pour le primaire) sont assez faibles. Les primes sont plutôt acquises aux émetteurs qui profitent des taux très bas et de l’intérêt pour la classe d’actifs. Schaeffler, l’équipementier automobile allemand, sort 3,5 milliards d’euros sur six souches. Ardagh et Crown Cork, les packageurs, émettent également. Par ailleurs, Telefonica émet une dette hybride à 3,75% de coupon.

Concernant les financières, le marché primaire est très actif cette semaine avec une AXA perp fix for life, PartnerRe et Société Générale, AT1 en dollars. Le marché performe bien encore cette semaine. A noter, le CEO de Monte Paschi a démissionné et le marché se positionne sur une augmentation de capital à venir pour UniCredit.

Convertibles 

La semaine a été une nouvelle fois chargée, avec l’émission sur le marché de 2,95 milliards de dollars. En Europe, on dénombre trois nouvelles émissions de la part de groupes fonciers. L’autrichien Buwog a émis une obligation convertible assortie d’un coupon zéro de 300 millions d’euros ; le belge Cofinimmo a émis une obligation de 220 millions d’euros à un taux de 0,187% et a dans la foulée racheté l’ancienne obligation convertible à échéance 2018. Enfin, le groupe sudafricain Redefine Properties a émis une obligation de 150 millions d’euros à un taux de 1,5% échangeable en actions Redefine International cotées à la Bourse de Londres.

Aux Etats-Unis, nous avons assisté à cinq nouvelles émissions dont deux avec augmentation de capital incluant des placements de titres en parallèle. Ctrip a émis une obligation convertible de 900 millions de dollars à un taux de 1,25% et a placé pour 1,3 milliard de dollars d’actions nouvelles afin de financer de futures acquisitions et de se développer sur le segment inférieur du marché. Le fabricant de semi-conducteurs AMD a émis une obligation convertible de 700 millions de dollars et a levé de nouveaux capitaux à hauteur de 600 millions de dollars. Ce financement permet un désendettement efficace pour le groupe dont la notation de crédit est CCC+.

Par ailleurs, Fresenius a bondi de 6% cette semaine après l’acquisition du plus grand opérateur hospitalier privé d’Espagne. Ingenico a été sous pression après avoir émis un avertissement sur ses résultats, cédant 14% le jour où il a révisé en baisse ses prévisions au titre de l’exercice 2016 en raison des difficultés rencontrées aux Etats-Unis et au Brésil. En Asie, Khazanah a vendu 82 millions de titres Tenaga pour un montant de 1,2 milliard de ringgits malais, ramenant ainsi sa participation dans le fournisseur d’électricité à 24,8%.


Achevé de rédiger le 09/09/2016

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