Actualité économique : L’été ne fut pas meurtrier

Analyse de marché - 23/08/2016

Les actions des banques centrales induisent un environnement favorable aux actifs financiers.

Autant l’été 2015 s’était avéré agité avec la dépréciation inattendue du yuan et les interrogations autour du plan d’aide à la Grèce, autant l’été 2016 aura été épargné par les mouvements de volatilité. La probabilité réduite d’une récession mondiale résultant de l’activisme monétaire des principales banques centrales, renforcé depuis le vote du Brexit, en sont les variables explicatives les plus fortes. Egalement aidés par le rebond des matières premières et rendus attractifs par leur valorisation comparativement plus faible, les marchés émergents sont les gagnants de cet environnement et enregistrent une performance boursière supérieure à celle du bloc développé en cette période estivale (+9.7% vs. +5.1% depuis le début juillet. Ces évolutions confortent nos prévisions de croissance ainsi que notre scénario de taux d’intérêt. Le report à décembre 2016 de la hausse des taux directeurs américains offre par ailleurs une réelle marge de manoeuvre aux banques centrales émergentes pour soutenir leur activité domestique via de possibles baisses de taux.


L’écartement des trajectoires boursières entre les blocs émergent et développé s’inscrit en toute logique avec nos anticipations de croissance, à savoir une accélération de la croissance mondiale au second semestre sous l’effet conjoint des politiques monétaires expansionnistes et du rebond des matières premières. L’activité des pays développés demeure bien orientée tandis que les économies émergentes paraissent avoir atteint un point bas dans le cycle économique et devraient être portées par un rebond de leur croissance.


 


 


Variable de poids dans le comportement de l’ensemble du monde émergent, la stabilisation de l’activité chinoise est encourageante même si les déséquilibres structurels tels l’endettement excessif ou la rentabilité marginale déclinante de l’investissement restent plus que jamais d’actualité. L’ampleur des mesures de soutien initiées par Pékin continuera de perdre en intensité au second semestre. La masse de crédits nouvellement émis, la croissance de l’investissement, des ventes aux particuliers ou encore de la production industrielle devraient également suivre cette tendance à la modération. Ces évolutions devraient toutefois permettre aux autorités gouvernementales d’atteindre leur objectif de croissance du Produit Intérieur Brut de +6.5% pour l’année 2016.

D’ailleurs, les statistiques portant sur le commerce en Chine au mois de juillet sont fidèles aux dynamiques globales en place. Bien que demeurant à des niveaux bas (-4.4%), les exports chinois se stabilisent sur fond de regain de l’activité mondiale tandis que les imports, principalement de matières premières, faiblissent (-12.5%), attestant du ralentissement de la demande agrégée en Chine.

La stabilisation de la croissance chinoise et la garantie d’un environnement mondial de liquidité élevée proviennent de politiques extérieures au monde de l’entreprise, initiées par les gouvernements ou les banques centrales. Si pour l’heure cet environnement est favorable aux actifs financiers, gardons à l’esprit que ce mode opératoire tend à déconnecter le prix des actifs de la réalité fondamentale. A long terme, ce constat est par nature générateur de volatilité.


Hebdomadaire d'économie 22/08/2016