L’équation économique de M. Trump : un vrai casse-tête

Regards et perspectives économiques - 23/08/2016

A 80 jours du scrutin présidentiel, les sondages indiquent Mme Clinton en tête dans la course face à son rival M. Trump.

A 80 jours du scrutin présidentiel, nous connaissons désormais les noms des deux candidats issus des grands partis en course à la Maison Blanche et élus lors des conventions nationales de mi-juillet, Mme Hillary Clinton pour le parti Démocrate et M. Donald Trump pour le parti Républicain. Le détail de leurs programmes électoraux nous permet aujourd’hui de mieux évaluer l’impact de leurs propositions respectives sur l’économie américaine, sur les marchés des taux et sur les bourses.

Les sondages


Les sondages indiquent la démocrate Hillary Clinton en tête dans la course à la présidentielle face à son rival républicain Donald Trump. L’écart entre les deux candidats les moins appréciés de l’histoire américaine s’est creusé au mois d’août, les sondages et les « prediction markets » conférant respectivement un avantage de 8.3% et de 60% à Mme Clinton (cf. graphiques ci-dessous).
Mais un retournement de situation n’est pas à exclure : d’une part M. Trump pourrait regagner en popularité jusqu’au 8 novembre, d’autre part le Brexit a mis en doute la fiabilité des sondages. D’après les enquêteurs, il est néanmoins plus difficile de prédire un évènement ponctuel comme le Brexit que des élections présidentielles pour lesquelles il existe un historique de sondages long de plus de 65 ans. Le Princeton Election Consortium indique une marge d’erreur des sondages de +/- 4.5% seulement (65 jours avant l’élection), en-dessous de l’avance pronostiquée pour Mme Clinton actuellement. La faculté de M. Trump à bouleverser les types de comportements habituels des électeurs ne nous encourage cependant pas à nous reposer entièrement sur ces statistiques historiques.


 


L’élection présidentielle américaine se dessine dans un contexte de chômage bas, de consommation des ménages élevée et de salaires qui croissent à une vitesse de 2.6% en glissement annuel. Mais elle se dessine également dans un contexte de participation de la population à la vie active de 62.8% seulement et d’inégalités accrues depuis la crise financière. Cela explique pourquoi la campagne s’est davantage tournée vers la répartition de la croissance économique - opposition aux accords de libre-échange afin de rapatrier des emplois industriels, système fiscal plus équitable - plutôt que vers l’accroissement de celle-ci. Si le parti démocrate a historiquement axé son programme vers une telle répartition des revenus, c’est une première pour le parti républicain. La 2ème phrase du discours de M. Trump devant le Detroit Economic Club le 8 août était la suivante: “It’s a conversation about how to Make America Great Again for everyone, and especially those who have the very least.”


Hebdomadaire d'économie 22/08/2016