Le rapport d’emploi accrédite la hausse de taux de 0.25% en mars

L'hebdo des économistes - 14/03/2017

L’excellent rapport d’emploi américain du mois de février a dissipé les derniers doutes concernant le relèvement de 0.25% des taux Fed funds lors de la prochaine réunion de la Réserve Fédérale le 15 mars. La BCE indique qu’elle est moins inquiète du risque de déflation mais elle confirme aussi, comme nous l’anticipions, qu’elle juge la remontée récente de l’inflation comme seulement temporaire.

Le rapport d’emploi américain du mois de février a dissipé les derniers doutes concernant le relèvement de 0.25% des taux Fed funds lors de la prochaine réunion de la Réserve Fédérale (Fed) le 15 mars. La grande majorité des données publiées étaient excellentes. Les créations d’emploi nettes ont atteint 238'000, bien supérieures à la moyenne de 187'000 qui prévalait en 2016, notamment suite à une météo clémente qui a permis au secteur de la construction d’accroître ses embauches. Le chômage et le sous-emploi1 ont tous deux baissé de 4.8% à 4.7% et de 9.4% à 9.2%. Le taux de participation à la population active a grimpé de 62.9% à 63% tandis que les salaires ont progressé de 2.8% après un léger ralentissement à 2.5% en janvier. Cette accélération des salaires pourrait rester contenue dans les prochains mois, en partie pour deux raisons :

  • L’inflation globale devrait rester inférieure à la croissance des salaires. Même si l’inflation devrait accélérer au mois de février, portée par les prix pétroliers, nous escomptons cependant qu’elle retombe rapidement autour de 2% dès mars-avril (cf. graphique). Cette accélération de l’inflation devrait être trop temporaire pour que des effets de second tour poussent les salaires à la hausse.                                            
  • Le taux de participation à la population active pourrait augmenter légèrement et ainsi retirer un peu de pression sur les salaires. Si le taux de participation devrait rester structurellement faible dans les années à venir pour des raisons de vieillissement de la population, d’inadéquation des compétences des chômeurs découragés et de rallongement de la durée des études, conjoncturellement, il pourrait augmenter légèrement au cours des prochains mois. Dans ce cas de figure, la pression sur les salaires pourrait rester maîtrisée.

 

 

 

 

Enfin, l’accroissement du pourcentage d’entreprises qui prévoient de recruter davantage dans les mois à venir a également été un élément encourageant du rapport d’emploi (cf. graphique). Cet indicateur est cependant basé sur des sondages et le véritable progrès pourrait être compromis par une déception des entreprises si le délai de mise en œuvre du programme de relance de D. Trump était prolongé.

Dans l’ensemble le rapport d’emploi a été très bon et a confirmé la hausse des taux Fed funds du 15 mars. En revanche, le dollar s’est déprécié et les taux souverains à 10 ans et à 2 ans ont respectivement baissé à 2.57% et 1.35% ce vendredi. Cette hausse des taux Fed Funds pourrait déjà avoir été intégrée par les marchés dès fin février suite au discours de J. Yellen.

En zone euro, comme nous l’anticipions, le Banque Centrale Européenne n’a pas modifié sa politique monétaire à l’issue de sa réunion du 9 mars : elle a maintenu ses taux de dépôt et de refinancement à respectivement -0.40% et 0.00% et a confirmé qu’elle entendait poursuivre son programme d’achat d’actifs pour un montant mensuel de EUR 80 milliards jusqu’en mars et de EUR 60 milliards d’avril à décembre 2017.

Dans son propos introductif à la conférence de presse, M. Draghi a réaffirmé qu’un niveau « vraiment substantiel de politique monétaire accommodante est encore nécessaire ». En revanche, il n’a pas réitéré que la BCE pourrait, si nécessaire, utiliser « tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat ». Lors de la séance de questions-réponses, M. Draghi a déclaré que cette omission visait à indiquer que le caractère « d’urgence » relatif au risque de déflation s’était dissipé.

Cela n’implique pas pour autant que la BCE soit inquiète du risque inflationniste. Les nouvelles prévisions économiques du staff de la BCE l’ont confirmé. Comme le montre le tableau ci-dessous, si les prévisions d’inflation pour 2017 et 2018 ont été revues à la hausse, celles pour 2019 reste inchangées. Cela montre que la BCE considère toujours que la remontée récente de l’inflation totale résulte de l’effet de base lié aux prix du pétrole et que celle-ci n’aura pas de répercussion haussière sur l’inflation sous-jacente.

 

 

1 Le sous-emploi regroupe les personnes qui sont actuellement en poste mais qui ont la volonté et la capacité d’accéder à un emploi plus adapté.

 

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