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Le discours monétaire se durcit

Stratégie d'allocation d'actifs - 07.07.2017

La reprise mondiale se poursuit à bon rythme. Les évolutions récentes mettent en lumière la fin de la phase d’accélération sur les marchés pour laisser la place à un très léger fléchissement ponctuel. Cette reprise est devenue globalement très homogène sur les trois principaux continents et pour l’heure, rien ne semble être en mesure de la remettre significativement en cause. Les tensions inflationnistes s’affichent cependant en retrait dans les pays développés, en Eurozone où le noyau dur de l’inflation reste encore assez faible et aux États-Unis où il ralentit.

Changement de ton des banques centrales

La principale surprise des dernières semaines provient, une fois n’est pas coutume dans un bel ensemble, du durcissement du discours monétaire de la quasi-totalité des pays du G7 (États-Unis, Eurozone, Angleterre, Canada), sachant que pour les marchés, ce sont surtout la Fed et la BCE qui joueront un rôle majeur. Les raisons de ce changement de ton des banquiers centraux alors que l’inflation continue de décevoir sont plutôt diffuses mais le message, sous des formes différentes, est pratiquement le même. Pour les deux grandes banques centrales, comme l’environnement est globalement reflationniste, la politique monétaire devra s’ajuster pour ne pas devenir trop expansionniste.

Le signal émis par les banques centrales est potentiellement négatif pour les marchés financiers car ils s’inquiétaient déjà de la disparition des espoirs de reflation constitués l’an dernier. D’une façon générale, les banques centrales, avec leurs politiques monétaires agressives, ont incité ces dernières années les investisseurs à prendre des risques pour trouver de la rémunération. Tout changement est donc de nature à créer potentiellement de la volatilité à court terme. Cela étant, rappelons que la Fed a jusqu’ici été très pragmatique. Elle a ainsi déjà modulé son tapering comme son programme de resserrement monétaire en fonction des aléas conjoncturels. Il devient difficile d’imaginer qu’il en sera autrement si l’inflation devait continuer à dévier de sa trajectoire.

En Europe, dans son discours de Sintra, Mario Draghi a insisté tout particulièrement sur la prudence avec laquelle la BCE entend ajuster sa politique monétaire pour accompagner la reprise. Ainsi, pour 2018, il est probable que la BCE engage un ralentissement progressif de ses achats d’obligations, ce que les marchés ont déjà en partie anticipé. Nous ne souhaitons donc pas à ce stade extrapoler ce signal, peu convaincus de la portée de l’information nouvelle qu’il comporte concernant la Fed et sa consoeur européenne. Nous réduisons toutefois le poids des obligations américaines dans les portefeuilles et prenons quelques profits sur les obligations financières.

A retenir
  • Surpondération des actions de la zone euro
  • Réduction du poids des obligations américaines
  • Remontée de l’exposition au dollar


La dynamique bénéficiaire jouera un rôle déterminant

Sur les marchés d’actions, en dépit des facteurs éventuels de volatilité évoqués ci-dessus, nous estimons que la dynamique bénéficiaire jouera un rôle déterminant dans l’évolution des indices boursiers. Nous continuons à privilégier la zone euro et dans une moindre mesure le Japon, où la reprise cyclique s’affirme le plus nettement et est en mesure de générer une amélioration des marges des entreprises et sous-pondérons les actions américaines (où le potentiel d’amélioration des marges semble inexistant) ainsi qu’à la marge les actions émergentes. 

Enfin, nous remontons un peu nos expositions au dollar. Le billet vert a sensiblement reculé face à l’euro depuis le début de l’année, notamment sous l’effet de la baisse du risque politique mais aussi de la montée de l’anticipation d’un prochain tapering de la BCE. En revanche, il a peu profité de la persistance de la volonté de la Réserve fédérale en faveur d’un durcissement de sa politique monétaire au cours des prochains trimestres. En effet, le tassement de l’inflation américaine et le retour à une croissance un peu plus molle a rendu le discours de la Fed, qui devrait de fait soutenir le dollar, moins audible. Mais même en intégrant ce point, la progression de l’euro a probablement été excessive. Il suffirait de meilleures nouvelles concernant l’économie ou l’inflation américaine pour assister à un rebond du dollar.

    Nos vues pour juillet Evolution par rapport au mois précédent
ACTIONS
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Emergents
TAUX
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Euro
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High Yield
Monétaire
DIVERSIFICATION    
Convertibles Euro
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A suivre
  • Prochaine réunion de la BoJ : 19 et 20 juillet
  • Prochaine réunion de la BCE : 20 juillet
  • Prochaine réunion de la Fed : 25 et 26 juillet