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Le Maxi Edmond de Rothschild se dévoile

Actualité - 31.03.2017

Ce jeudi 30 mars, le Gitana Team avait convié la presse au Palais de Tokyo pour marquer le lancement officiel du Maxi Edmond de Rothschild, un « géant » de 32 mètres de long pour 23 mètres de large qui connaît ses derniers mois de chantier après plus d'un an et demi de construction.

La mise à l'eau de cette nouvelle unité Gitana est programmée en juillet prochain. Passage en revue du concept général, mise en lumière des formes et des partis pris architecturaux, focus sur les singularités de la plateforme, sans oublier l'annonce du programme sportif ou encore la découverte de la décoration... Sébastien Josse et son équipe n'ont éludé aucune question, exception faite des appendices ; un point hautement stratégique quand l'ambition affichée est bien de construire et de développer un maxi-trimaran océanique volant. 

Maxi d'un nouveau genre

Un nouveau chapitre de l'histoire de la course large est très probablement en train de s'écrire. Qui aurait pu parier il y a seulement dix ans qu'un multicoque de 32 mètres de long pour 23 mètres de large se montrerait capable de voler autour du monde mené par un seul homme ? C'est pourtant bien le pari que se sont lancé Ariane et de Benjamin de Rothschild et les membres du Gitana Team, leur écurie de course au large fondée en 2000.

Cet « Ultime », qui s'inscrit pleinement dans la continuité des recherches et des développements réalisés par l'équipe sur le Multi70 Edmond de Rothschild depuis 2014, témoigne une fois encore du goût pour l'innovation et la performance qui guide quotidiennement les armateurs du Gitana. Dessiné par l'architecte Guillaume Verdier et son équipe en collaboration avec le bureau d'études Gitana, le Maxi Edmond de Rothschild ouvre l'ère d'une nouvelle génération de grands multicoques océaniques. Il sera, en effet, à la croisée des chemins entre un bateau archimédien et une unité volante.

Au-delà d'une plateforme majestueuse qui s'impose dès la première visite au sein du chantier Multiplast de Vannes, le bateau présente des carènes résolument planantes, agressives et novatrices, bien éloignées de celles connues sur les multicoques océaniques actuels. Tout dans les formes des flotteurs et de la coque centrale appelle au vol. Il sera ainsi doté des dernières avancées architecturales et techniques en termes d'appendices, avec des safrans en T et des foils en L qui ne manqueront pas de susciter l'intérêt, mais que le Gitana Team n'entend pas dévoiler avant la mise à l'eau du bateau. Toujours dans cette perspective, l'aérodynamisme de la plateforme a été particulièrement soigné. Les formes des bras de liaison notamment sont là pour en témoigner, tout comme l'intégration de la cellule de vie / cockpit entre les deux bras.

Première compétition officielle en novembre

Les grandes lignes du programme sportif du Maxi Edmond de Rothschild sont d'ores et déjà connues pour les trois prochaines saisons. Et si Gitana 17, de son nom de baptême, a été imaginé, développé et construit plus spécialement pour des navigations en solitaire, il sera également parfaitement taillé pour les courses en équipage ou encore les grands records. Confié aux mains expertes de Sébastien Josse, le skipper des unités Edmond de Rothschild depuis 2011, la première sortie officielle en compétition du Maxi se déroulera en novembre prochain à l'occasion de la célèbre transatlantique en double Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia, au Brésil. Pour ce galop d'essai au large, Sébastien Josse sera accompagné du navigateur Thomas Rouxel. Issu de la filière d'excellence du Figaro, le marin breton compte parmi les fidèles navigants des unités Edmond de Rothschild et il possède une solide expérience du large avec notamment une Volvo Ocean Race et un Trophée Jules Verne à son actif. La Route du Rhum 2018 et un tour du monde en solitaire dès l'automne 2019 viennent compléter le tableau d'un programme tout aussi passionnant qu'exigeant.

Quand l'Art prend le Large

Si le Maxi Edmond de Rothschild se montre innovant dans sa conception et dans sa réalisation, il l'est tout autant pour sa décoration. Cette dernière est le fruit d'une formidable collaboration entre le Gitana Team et le Palais de Tokyo, initiée sous l'impulsion d'Ariane de Rothschild.

Pour sublimer et accompagner ce nouveau projet atypique, les armateurs du Gitana ont en effet souhaité confier à un artiste la « personnalité visuelle » de cette unité aux dimensions hors normes. Grâce à l'engagement et au dynamisme de son président Jean de Loisy, le Palais de Tokyo embarque dans l'aventure et le Maxi Edmond de Rothschild intègre l'un des programmes artistiques du Palais nommé le « Lasco Project ». Ce parcours d'arts urbains qui envahit les souterrains du célèbre Centre d'Art parisien depuis décembre 2012, a vu se succéder plus d'une soixantaine d'artistes internationaux : de Futura à Cleon Peterson en passant par Mode 2, Boris Tellegen, Olivier Kosta-Théfaine, Stelios Faitakis, André, Jacques Villeglé, Dran, SKKI, Evol, Vhils, Azyle, Antwan Horfee, Ken Sortais, Lek & Sowat, O'clock, Pablo Tomek, Philippe Baudelocque, Craig Costello, ou encore JR et les OSGEMEOS. Mais avec ce projet, il sort de ses murs afin de se déployer pour la première fois en mer.

C'est l'artiste américain Cleon Peterson qui a été retenu. Pour cela, il a spécifiquement conçu une œuvre originale que Jean-Baptiste Epron, fidèle designer du Gitana Team, a adapté à la silhouette du Maxi Edmond de Rothschild. Il s'agit d'une création engagée qui est en parfaite harmonie avec le caractère et les lignes racées de ce « géant » de nouvelle génération. Avec cette invitation, la peinture de Cleon Peterson prend le large et se confronte à la mer, ce territoire outre-urbain. L'artiste américain anime sa peinture avec la nature houleuse de la mer, et rappelle que l'art et la navigation poursuivent un même mirage : la traversée des marges comme horizon.

EXTRAITS DE LA CONFERENCE DE PRESSE, ILS ONT DIT :

Ariane de Rothschild :

« Ce Maxi Trimaran est l'aboutissement de nombreuses années de réflexion tant technologique que esthétique. Cela faisait quelque temps que je souhaitais pouvoir inviter un artiste d'art contemporain à s'exprimer sur l'un de nos bateaux. Le street art est quelque chose avec lequel nous vivons tous. Il a notamment été très présent dans ma vie dans les années 80 quand je travaillais à New York. Je trouve que c'est une forme d'expression très importante mais pas seulement artistique puisqu'il délivre aussi un certain nombre de messages très forts. Je trouvais très intéressant de rapprocher l'univers Rothschild, que l'on pourrait croire très policé, et un environnement plus brut, très proche de notre réalité quotidienne. Cette combinaison de messages prend tout son sens dans ce projet. Le Maxi Edmond de Rothschild fait converger des sujets que je traite au quotidien tant dans les activités bancaires du Groupe Edmond de Rothschild qu'avec les Fondations Edmond de Rothschild, il met en avant des valeurs que défend notre famille depuis des générations : l'audace, la prise de risque et le panache qui est pour moi une vraie élégance.»

Cyril Dardashti, Directeur Général du Gitana Team :

« C'est un grand plaisir de pouvoir dévoiler le Maxi Edmond de Rothschild. Nous avons une chance incroyable que nos armateurs nous offrent les moyens de nos ambitions et nous permettent de nous dépasser et d'aller explorer pour avancer. Ce nouveau trimaran, tant par sa taille que par la complexité des systèmes embarqués ou encore les objectifs sportifs que nous nous sommes lancés est très certainement le projet sportif et technique d'une vie ! Car faire voler une telle machine en solitaire autour de la planète est juste un rêve incroyable. Un rêve que nous entendons bien transformer en réalité et c'est pourquoi nous y travaillons si dur depuis plusieurs années. Au sein du Gitana Team, nous le mûrissons depuis maintenant plus de trois ans car tout a débuté en 2013 au retour de la Transat Jacques Vabre que Sébastien et Charles Caudrelier avaient remporté sur le Multi70 Edmond de Rothschild. L'année précédente, la Coupe de l'America et surtout Team New Zealand et Guillaume Verdier nous ouvraient la voie et de nouvelles perspectives avec le vol. L'installation de safrans en T sur le bateau pour participer à la Route du Rhum était un pari, mais la 3e place de Sébastien nous a confortés sur le fait que nous étions sur le bon chemin même s'il restait énormément de travail. 2015 a été marqué par de nombreux tests de profils de foils et 2016 par des campagnes de vol au large de Lorient. Le Multi70 Edmond de Rothschild a été un formidable laboratoire grandeur nature et nous a permis d'avancer plus vite en validant des solutions sur l'eau et pas uniquement en restant sur de la théorie virtuelle d'ordinateur. Nous n'aurions certainement pas autant osé sur le dessin du Maxi Edmond de Rothschild si les campagnes d'essais de Gitana XV n'avaient pas existé.»

Sébastien Josse, skipper Edmond de Rothschild :

« Il y a un mélange de trac et d'impatience à quelques mois de la mise à l'eau. On se projette déjà et surtout on fait beaucoup de sport car ce sera un trimaran physique ! Nous voulions un 2 en 1, à savoir un très bon bateau archimédien, solide et marin mais aussi capable de voler sur certaines phases, quand les conditions météorologiques le permettent. Car il n'est pas question de voler dans la grosse mer, comme celle que nous pourrons rencontrer au large. En ce qui concerne le mode aérien, il faut un peu oublier les images des bateaux de l'America's Cup ; le but ne sera vraiment pas de voler aussi haut. Le bateau est désormais connu dans les grands lignes mais pour ce qui est des appendices, nous ne révélerons que peu de choses avant la mise à l'eau pour des questions stratégiques car la construction de nouveaux bateaux est en cours et ces appendices sont une vraie clé de performance précieusement gardée. Le Maxi Edmond de Rothschild est un très grand bateau, puissant, qui ira facilement à 40 nœuds de moyenne en mode archimédien donc il va nous falloir une phase d'apprentissage c'est indéniable. Mais le programme sportif a été pensé en conséquence avec une première course en double dès le mois de novembre et de nombreuses navigations en équipage avant le premier grand rendez-vous en solitaire de la Route du Rhum. Pour l'échéance du tour du monde de 2019 je bénéficierais déjà d'une belle connaissance de la machine même si nous ne serons encore qu'au début du chemin.»

Guillaume Verdier, architecte du Maxi Edmond de Rothschild :

« Nous avons mis dès le départ les choses à plat. Nous sommes partis des principes physiques premiers de l'objet. Ce maxi-trimaran est une grande première, nous sommes des défricheurs. C'est une chance énorme de travailler pour un tel projet. Il y a cette notion d'aérodynamisme qui a nécessité l'utilisation d'outils sophistiqués comme sur la Coupe de l'America. Nous avons cherché à faire une seule entité entre la plateforme et le gréement. Ce bateau, ne serait-ce que par les échanges et les belles relations humaines entre tous, architectes, chantier, bureau d'études, est déjà bien né… Car pour moi c'est essentiel de bien insister sur le fait que ce projet est un travail collectif. Ce n'est pas le bateau d'un architecte c'est celui d'un groupe avec pour commencer le bureau d'études Gitana dirigé par Antoine Koch (Armand de Jacquelot, Sébastien Sainson, Marine Villard, Julien Marcelet) ainsi que mes collaborateurs, Morgane Schlumberger, Véronique Soulé, Romaric Neyhousser, Hervé Penfornis, un jeune Néo-Zélandais, Bobby Kleinschmidt, dont on va entendre parler très vite, Jamie France sans oublier la société Pure.»

Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo :

« Ce projet est le mariage de l'Art et du Sport, le mariage du Gitana Team et du Palais de Tokyo, et le mariage de la vérité si je puis dire car le point commun entre un artiste de street art et un grand marin est l'impossibilité de mentir. Ce qui nous a tous frappé dans le street art c'est l'absolue sincérité qui pousse ces gens à aller dans la rue et à faire ce qui leur est indispensable, cette expression immédiate. Cette absolue sincérité est également vraie pour le marin. L'autre point de rencontre me semble-t-il est l'expérimentation. Ce sont des artistes qui n'arrêtent pas d'inventer de nouveaux langages et ce sont des architectes, des ingénieurs qui avec des marins inventent de nouvelles possibilités pour glisser et être liés à la nature. Je pense que la liberté dont les artistes peuvent bénéficier doit avoir des conséquences dans nos vies et pour cela il est très important qu'ils sortent des murs des musées où ils peuvent s'épanouir différemment. Mais si on arrive à faire rentrer l'art dans nos vies comme quelque chose qui peut baigner nos esprits, nous proposer des aventures plus larges, nous ouvrir des possibilités esthétiques nouvelles, élargir notre champ de conscience c'est bien. Donc l'art est mieux hors les murs. »

Hugo Vitrani, Commissaire au Palais de Tokyo :

« Pour cette œuvre monumentale qui recouvre sur plus de 900 mètres carrés les coques et les voiles du Maxi Edmond de Rothschild, Cleon Peterson a travaillé sur quatre guerriers tracés en aplat d'ombres bleu marine ; quatre silhouettes qui représentent les quatre filles d'Ariane et de Benjamin de Rothschild. Une scène épique, entre héritage de l'Antiquité et culture underground, dictée par des lignes sinueuses et traversée de flèches guerrières, ces mêmes flèches qui composent depuis sa création le blason du Gitana Team et qui, unies par l'aiguille d'une boussole, évoquent les cinq branches de la famille Rothschild. Adaptée pour la décoration du bateau par Jean Baptiste Epron, cette œuvre tisse des liens entre le combat physique et psychologique de celui qui a vécu la violence de la rue et le combat du skipper qui affronte la puissance de la mer et des vents. Une manière d'affirmer que la rue et la mer sont deux territoires indomptables qui plongent le corps, l'esprit et l'imaginaire sous tension. La mer n'est pas un territoire neutre. Ses courants sont imprégnés de l'histoire des cultures alternatives, des tatouages qui "bousillaient" les corps des marins et racontaient leurs vécus jusqu'aux nombreux métros new yorkais recouverts de peintures qui furent noyés dans l'océan à l'occasion d'une sévère répression anti graffiti à la fin des années 1970. La collaboration entre le Gitana Team et Cleon Peterson prolonge cette rencontre des mondes. »

LE MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD EN CHIFFRES

Début de construction : octobre 2015
Mise à l'eau : Juillet 2017
20 mois de construction
+ 170 000 heures de travail, dont 35 000 heures d'études
+ /- 40 personnes en moyenne sur 20 mois