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Le pétrole est à surveiller, l’inflation américaine déçoit

L'hebdo des économistes - 20.06.2017

En bref
  • Le pétrole est à surveiller, l’inflation américaine déçoit
  • Focus Politiques monétaires : Une nouvelle ère pour les politiques monétaires ?

Analyses de Sophie Casanova, économiste banques centrales, de Lisa Turk, économiste, Etats-Unis et de François Léonet, économiste Marchés Emergents au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild.

Le pétrole est à surveiller, l’inflation américaine déçoit

  • Depuis le début de 2017, le prix des matières premières s’est contracté sous l’effet de la baisse des cours de l’énergie, et plus particulièrement du pétrole brut
  • Une contraction marquée des cours pétroliers est de nature à modérer l’investissement des entreprises pétrolières aux Etats-Unis et mettrait un terme au cycle monétaire accommodant en Russie et au Brésil
  • Aux Etats-Unis, si le recul des prix des matières premières explique une partie de la baisse de l’inflation à 1.9% en mai, le déclin des prix de la santé et des loyers a aussi sa part de responsabilité


Cette première partie d’année 2017 a connu des évolutions divergentes au sein du spectre des matières premières. Selon les indices S&P GSCI, l’ensemble de celles-ci abandonne près de 10% depuis le début de l’année, essentiellement sous l’effet de la contraction des prix de l’énergie. Le cours du baril de pétrole brut Brent s’établit ainsi à USD 47.5 alors qu’il atteignait USD 57 début janvier, soit une baisse de 16%. Le niveau actuel est donc en ligne avec celui prévalant en novembre 2016, mois au cours duquel l’OPEP était parvenu à un accord destiné à réduire les volumes de production de 1.8 million de barils par jour afin de soutenir les cours pétroliers.

Les autres segments de matières premières délivrent une performance en territoire positif, à l’exception des denrées agricoles dont le cours est demeuré globalement inchangé. Les métaux précieux enregistrent une appréciation proche de 10% sous l’effet des gains enregistrés par l’or depuis le début d’année. La trajectoire baissière suivie par le pétrole depuis la fin mai doit être suivie avec attention en raison de ses potentielles conséquences sur le dynamisme des investissements des entreprises américaines et des exports de certaines économies émergentes.

Si le pétrole brut venait à s’installer durablement en-dessous de USD 50 le baril – seuil de rentabilité moyen de la production de pétrole de schiste nord-américain – l’accélération de la croissance de l’investissement des entreprises pétrolières américaines pourrait être plus modérée que prévu.

Aussi, la baisse des cours pétroliers est de nature à enclencher un effet négatif sur les termes de l’échange des exportateurs émergents de matières premières. Ce constat est particulièrement valable pour la Russie dont les exports de pétrole et de ses dérivés gaziers s’établissent à 44% des exports totaux de marchandises. [...] 


Pour lire la suite de l’analyse de François Léonet, économiste marchés émergents, et Lisa Turk, économiste Etats-Unis, au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild, abonnez-vous !

 

 

 

Une nouvelle ère pour les politiques monétaires ?

  • La Fed vient d’annoncer qu’elle allait prochainement commencer à réduire la taille de son bilan, ce qui constitue la troisième et dernière étape de la sortie de sa politique monétaire accommodante

  • Notre analyse montre que les stratégies des autres banques centrales ne devraient pas nécessairement être identiques à celle de la Fed, tant d’un point de vue temporel que séquentiel

  • En conséquence, les courbes de taux pourraient connaître des évolutions très différentes entre les grandes zones au cours des trimestres à venir

 L’année 2017 est sans aucun doute charnière pour les politiques monétaires : pour la première fois depuis la crise financière de 2008, les grandes banques centrales ne devraient plus envisager la mise en œuvre de mesures additionnelles de soutien monétaire. Bien plus, la question de la normalisation de ces politiques devrait se poser avec de plus en plus d’acuité au cours des prochains trimestres.

Cependant, les grandes banques centrales n’ont pas toutes le même positionnement dans le cycle monétaire et les structures de leur bilan varient fortement. En conséquence, leurs stratégies ne devraient pas nécessairement être identiques tant d’un point de vue temporel que séquentiel.

Notre analyse montre qu’en conséquence les évolutions des courbes de taux entre les grandes zones pourraient diverger fortement :

  1. Nous continuons d’anticiper un aplatissement de la courbe de taux américaine, malgré le dégonflement prochain du bilan de la Fed. Les courbes de taux en zone euro devraient, elles, se pentifier au cours des prochains trimestres, même si la BCE reste accommodante.
  2. Au Japon et au Royaume-Uni, les banques centrales sont dans une impasse car leur marge de manœuvre pour conduire une politique monétaire au regard des fondamentaux est très faible. Nous anticipons que la courbe japonaise devrait se stabiliser tandis que le risque de pentification au Royaume-Uni reste élevé.
  3. La courbe des taux en Suisse devrait suivre une trajectoire similaire à celle de la zone euro. [...]

 

 

Pour lire la suite de l’analyse de Sophie Casanova, Economiste, Banques centrales au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild, abonnez-vous...


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