​​

Focus États-Unis : la conjoncture donne un coup de pouce à la productivité

L'hebdo des économistes - 18.07.2017

Analyses de Lisa Turk, Economiste Etats-Unis au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild

 

 

La conjoncture donne un coup de pouce à la productivité

  • Alors que la croissance de la productivité du travail a baissé d’environ 1% entre 2000 et 2010, nous anticipons que celle-ci ré-accélère de 1.2% en moyenne entre 2010-2015 à 1.6% entre 2016-2021

  • Elle devrait être stimulée par certains facteurs conjoncturels comme un accroissement de l’investissement en technologies, des dépenses plus importantes en R&D et un plan en infrastructures

  • En revanche, certains éléments structurels, comme le vieillissement de la population ou l’inadéquation grandissante des compétences, pourraient continuer de peser sur la progression de la productivité


Alors même que les innovations en matière de robotique, d’automatisation, d’intelligence artificielle ou d’objets connectés se développent de manière exponentielle depuis plusieurs années, la croissance de la productivité du travail a ralenti aux Etats-Unis. La productivité du travail mesure la production (PIB) par unité de ressource « travail » mise en œuvre, représentée ici par le nombre de salariés. Cet affaiblissement de la croissance de la productivité a débuté avant la crise financière, passant de 3.0% en 1999 à 0.4% en 2012, et 0.9% en 2014.

D’après le FMI[1], les facteurs qui devraient déterminer l’évolution de la productivité dans les années à venir sont avant tout l’investissement en technologies de l’information et de la communication (TIC), l’allocation des compétences, les dépenses en Recherche et développement (R&D), le vieillissement de la population, les politiques migratoires, les dépenses en infrastructure ou encore les régulations. Parmi cette liste, les trois facteurs suivants nous paraissent particulièrement importants :

  • L’allocation des compétences est un facteur essentiel car une inadéquation grandissante entre l’offre et la demande de compétences est visible sur le marché du travail aux Etats-Unis, représentant un poids pour la productivité dans les années à venir.
  • L’investissement en TIC pourrait jouer un rôle prépondérant à moyen terme et son accroissement pourrait permettre au progrès technique de se diffuser de manière plus large dans l’économie.
  • Enfin, les mesures que l’administration Trump mettra en place pourraient avoir un impact considérable sur la productivité, positif dans le cas d’un plan en infrastructures ou négatif dans le cas d’une politique migratoire trop sévère par exemple.

A moyen terme, si des éléments structurels pourraient continuer à peser sur la productivité - des améliorations au niveau cyclique - devraient permettre à la productivité de ré-accélérer de l’ordre de 0.4 point de pourcentage en moyenne à moyen terme d’après nos calculs.

Ainsi, nous anticipons que des investissements en TIC plus importants, un accroissement des dépenses en R&D ou encore la mise en place d’un plan en infrastructures pourraient stimuler la productivité. [...]

 

[1] G. Adler et al., Gone with the Headwinds: Global Productivity, IMF, April 2017. E.Dabla-Norris et al., The New Normal: A sector-level perspective on productivity trends in advanced economies, March 2015, http://www.imf.org/external/pubs/ft/sdn/2015/sdn1503.pdf

 

Pour lire la suite de l’analyse de Lisa Turk, Economiste Etats-Unis au sein de la Recherche Economique d’Edmond de Rothschild, abonnez-vous...


L’intégralité de « Focus » est réservée aux abonnés.
Abonnez-vous gratuitement !