​​

Hebdomadaire d’Économie du 09 mars 2015

Regards et perspectives économiques - 09.03.2015

Les principaux événements et indicateurs économiques de la semaine.

Le règne sans partage du roi dollar

Les mois passent et le dollar ne cesse d’étendre son empire. Après s’être apprécié de 12.8% en 2014 contre ses principales contreparties, le greenback est déjà en hausse de 7.9% cette année (cf. graphique). Nous sommes positifs sur son évolution depuis fort longtemps. Toutefois, nous avions recommandé d’être prudents à court terme, dans la mesure où les marchés financiers n’évoluent jamais en sens unique et que les replis techniques sont légion.

Plusieurs questions méritent d’obtenir une réponse ou, pour les plus récurrentes d’entre elles, un complément d’informations. Pourquoi le dollar s’apprécie-t-il ? Nous sommes-nous trompés dans notre analyse ? Jusqu’où peut-il aller ? A-t-on déjà connu pareil mouvement ? Quels sont les risques à en acheter aujourd’hui ? [...]

Pourquoi le dollar s’apprécie-t-il ?

Le dollar s’apprécie principalement parce qu’il profite de la dichotomie de politiques monétaires qui existe entre les États-Unis et le reste du monde. Les premiers sont progressivement en train de durcir les conditions d’octroi du crédit, tandis que les autres continuent de les assouplir. [...]

Nous sommes-nous trompés dans notre analyse ?

Non, clairement pas. Nous avions même été parmi les premiers à identifier cette thématique, dès le milieu de l’année 2013, sans doute un peu trop tôt. Nous continuons à défendre cette position et à en tirer profits. Certes, jamais assez aux yeux des plus exigeants, puisque nous avons récemment opté pour une exposition plus raisonnable. [...]

Jusqu’où peut aller le dollar ?

Deux facteurs ont été sous-estimés dans notre modélisation économétrique. Le premier est relatif à la baisse des prix du pétrole. En novembre, lorsque le baril s’échangeait autour de 80 dollars, nous n’anticipions pas qu’il chuterait aussi fortement et qu’il aurait un impact aussi important sur l’inflation américaine. Celle-ci est désormais en territoire négatif. [...]

Le deuxième facteur est lié à notre thématique de long terme : la dichotomie de politiques monétaires entre la Fed et la BCE. Au mois de janvier, Mario Draghi a opté pour un assouplissement quantitatif complet en prenant la décision d’acheter 60 milliards d’euros d’obligations chaque mois. [...]