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Hebdomadaire d’Économie du 11 mai 2015

Analyses - 11.05.2015

Les principaux événements et indicateurs économiques de la semaine.

Janet Yellen dans les pas d’Alan Greenspan

En toute fin de semaine dernière, les analystes géopolitiques ont longuement commenté les élections britanniques qui, contre toute attente, n’ont pas débouché sur un "hung parliament", mais sur un parlement où les conservateurs ont obtenu une très nette majorité. Ce scénario est une excellente nouvelle car il évite les pourparlers politiques incertains. Le Premier Ministre, David Cameron, reste donc au pouvoir, accompagné des deux poids lourds de son précédent gouvernement, George Osborne aux Finances et Theresa May à l'Intérieur.

David Cameron devrait organiser un référendum sur une sortie de l'Union Européenne, comme prévu, en 2016 ou au plus tard en 2017. C’est encore bien trop loin pour que les investisseurs s’en soucient dès à présent. Les récents rebonds de la livre sterling et du Footsie ne représentent, à ce stade, qu’une compensation de la baisse connue dans les jours précédant les élections. Rien de très particulier, si ce n’est de la volatilité de court terme. (...)

Comment expliquer la récente hausse des taux ?

Mis à part la Réserve Fédérale, qui augmentera ses taux directeurs d’ici la fin de l’année, les principales banques centrales continueront d’assouplir les conditions d’octroi du crédit et d’injecter des liquidités dans le système. Ce scénario globalement accommodant ne devrait pas être modifié au cours des prochains mois, ou alors pour être accentué.

Malgré cet environnement très porteur, les actifs obligataires sont sous forte pression depuis trois semaines. Plusieurs raisons permettent d’expliquer ce phénomène. (...)

La très récente hausse des taux souverains à long terme conforte notre stratégie de diversification vers les obligations d’entreprises et émergentes, dont les rendements plus élevés permettent d’être dûment rémunéré pour ces chocs de volatilité.

La relation entre devises et épargne

A l’exception notable du rouble et d’une poignée de devises asiatiques, l’hégémonie du dollar américain face aux devises émergentes est totale depuis ce début d’année. Plus remarquable encore, absolument aucune des principales devises émergentes n’a pu s’apprécier depuis l’entame du rallye du billet vert en juillet 2014. De prime abord, cette dépréciation généralisée pourrait sous-entendre des dynamiques de marché communes entre les monnaies des pays émergents. Il n’en est rien : même si cette phase de dépréciation est collective, une différentiation fondamentale existe.

Généralement, et à raison, la balance courante d’un pays est mise en exergue comme l’une des variables explicatives des fluctuations d’une devise. Une autre relation, particulièrement valide dans la sphère des devises émergentes, veut que la masse d’épargne relative d’un pays influe sur l’évolution de sa devise. (...)