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Hebdomadaire d’Économie du 18 mai 2015

Analyses - 18.05.2015

Les principaux événements et indicateurs économiques de la semaine.

Marchés : les chercheurs d’or sont de retour

Les investisseurs ont tendance à penser que la Réserve fédérale américaine augmentera ses taux d’intérêt directeurs plus tard qu’initialement prévu. Ce report a des incidences sur le cours du dollar, qui est en train de concéder une partie du terrain gagné au cours des douze derniers mois. Il a de nouveau abandonné -1.5% de sa valeur la semaine dernière.

Cette situation a un double impact sur le cours de l’once d’or. Tant que les taux sont à zéro, l’or ne souffre pas du fait qu’il n’offre aucun coupon et, comme il est coté en dollars, il s’apprécie à mesure que le billet vert recule. Au cours de la semaine écoulée, le métal jaune a donc été très recherché. Il est monté jusqu’à 1’232 dollars l'once, son niveau le plus fort des trois derniers mois. (...)

Japon : la cible semble se rapprocher

Les chiffres du Produit Intérieur Brut (PIB) japonais seront publiés le mercredi 20 mai. Selon toute vraisemblance, ils devraient être positifs. La croissance trimestrielle devrait osciller entre +0.3% et +0.5%, en ligne avec celle des trois mois précédents, mais très clairement au-dessus de ce qu’elle avait été, en moyenne, en 2014. Pour mémoire, l’an dernier, le Japon avait expérimenté sa quatrième récession en moins de sept ans, suite à la hausse de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) de 5% à 8%.

Le pays a enregistré un solde commercial à l’équilibre, une première depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 et l’arrêt d’une grande partie de la production énergétique d’origine nucléaire. Affaiblies par la chute des prix du pétrole, les importations se sont tassées, tandis que la faiblesse cumulée du yen a continué de dynamiser les exportations. Dans le détail, les achats de pétrole ont plongé de -51% au mois de mars, tandis que ceux de produits pétroliers et de gaz naturel liquéfié se sont également réduits de -38% et -12% respectivement. Dans le même temps, les exportations ont progressé de +8.5%, portées par les machines industrielles, les semi-conducteurs et l’automobile.

L’agence de notation Fitch a dégradé la note japonaise, de A+ à A, en considérant le manque d’effort fourni par les autorités nippones pour réduire leur déficit budgétaire. Ces dernières ont, en effet, reporté la deuxième hausse de TVA à 2017, sans prévoir de substitut en termes de rentrées fiscales. Le taux d’imposition des sociétés demeure élevé et pourrait être baissé dans les prochains mois. Cela viendrait soutenir les velléités de progressions salariales des grands groupes japonais. (...)

À plus long terme, l’avancée dans les discussions au sujet du Partenariat Trans-Pacifique (TPP), incluant le Japon et les États-Unis, devrait également être une source de croissance. Ce colossal accord de libre-échange incluant douze pays autour du Pacifique. (...)

Russie : +23% en 2015, comment le justifier ?

La récente publication d’un PIB réel en net recul, à -1,9% pour le premier trimestre de l’année, confirme que l’économie russe ne pourra certainement pas éviter une phase de récession en 2015. Découlant d’une année 2014 cauchemardesque qui a vu les prix pétroliers chuter de moitié et la crise géopolitique ukrainienne accoucher de sanctions internationales, portant à la fois sur les échanges commerciaux et de capitaux entre la Russie et le bloc Union Européenne/Etats-Unis, la majorité des indicateurs économiques sont aujourd’hui mal orientés.

La forte dépréciation du rouble en 2014, conjuguée au rationnement des produits de consommation frappés d’une restriction à l’import, a induit un niveau d’inflation à 16,4% très dommageable pour la consommation des ménages. Ainsi, sur une seule année, les salaires réels se contractent de près de 10% tandis que les ventes automobiles reculent de 42%.

Les sorties massives de capitaux, additionnées aux restrictions frappant les financements extérieurs, induisent une disponibilité du capital moindre pour les entreprises russes, généralement obligées de passer par la banque centrale ou le ministère des finances pour s’assurer des lignes de financement en dollar américain. (...)

Enfin, au motif de restaurer ses réserves de change, amputées de USD 90 milliards en 2014 suite aux opérations de soutien de sa devise, la banque centrale a révélé vouloir reconstruire celles-ci via des interventions sur le marché des changes. (...)