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Hebdomadaire d’Économie du 1er juin 2015

Regards et perspectives économiques - 02.06.2015

Les principaux événements et indicateurs économiques de la semaine.

Un pied en récession, l'autre en expansion

En se contractant de -0.2%, entre le 1er janvier et le 31 mars, l'économie suisse a mis un pied en récession. Le Produit Intérieur Brut (PIB) ne progresse plus que de 1.1% en glissement annuel, contre 1.9% précédemment. Il n’a désormais plus de quoi faire pâlir d’envie les économies de la Zone Euro.

Il n’y a, pourtant, pas lieu de s’inquiéter de manière inconsidérée. Certes, cette publication n’est pas une bonne nouvelle en soit mais plusieurs éléments permettent de la relativiser. Premièrement, elle était escomptée depuis le jour où la Banque Nationale Suisse (BNS) avait décidé d’abolir le cours plancher entre l’euro et le franc. Deuxièmement, cette situation ne devrait pas perdurer.

Preuve s’il en faut, les indicateurs avancés reflétant la confiance des industriels helvétiques sont déjà en train de se redresser, que ce soit celui publié par le KOF ou celui compilé par Markit. La croissance ne passera pas durablement en territoire négatif. (...)

Les revers d'une devise forte

La politique monétaire très expansionniste menée par le Japon depuis la fin de 2012 s’accompagne d’une dépréciation marquée du yen, condition nécessaire à l’atteinte des objectifs de reflation et de vigueur renouvelée de l’économie nippone. S’appuyant sur un modèle économique et une structure industrielle comparable au Japon – et possédant donc un biais très marqué vers l’export de produits et services issus de l’industrie automobile et de la filière électronique – la Corée du Sud voit le dynamisme de ses exportations menacé par la forte dépréciation de la devise d’un de ses concurrents commerciaux majeurs.

En raison de la grande ouverture de son économie et de sa forte intégration dans la chaîne de valeur globale, la Corée possède une forte réactivité aux dynamiques industrielles et commerciales internationales. Ainsi, au sein des principales économies mondiales, le pays présente le degré de levier opérationnel* le plus élevé… derrière le Japon. En parallèle, la prépondérance des secteurs cycliques au sein de son indice de référence érige la Corée du Sud comme l’une des économies le plus exposée au rythme de croissance global. (...)


* Le levier opérationnel se définit comme la sensibilité des profits d’une entreprise, d’un pays aux dynamiques industrielles globales.