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Panorama Suisse Juillet 2015 : Un pied en récession, l'autre en expansion

Regards et perspectives économiques - 08.07.2015

En se contractant de -0.2%, entre le 1er janvier et le 31 mars, l’économie suisse a mis un pied en récession. Le Produit Intérieur Brut (PIB) ne progresse plus que de 1.1% en glissement annuel, contre 1.9% précédemment.

L'économie suisse

En se contractant de -0.2%, entre le 1er janvier et le 31 mars, l’économie suisse a mis un pied en récession. Le Produit Intérieur Brut (PIB) ne progresse plus que de 1.1% en glissement annuel, contre 1.9% précédemment. Il n’a désormais plus de quoi faire pâlir d’envie les économies de la Zone Euro. Il n’y a, pourtant, pas lieu de s’inquiéter de manière incons-idérée. Certes, cette publication n’est pas une bonne nouvelle en soi mais plusieurs éléments permettent de la relativiser.

Premièrement, elle était escomptée depuis le jour où la Banque Nationale Suisse (BNS) avait décidé d’abolir le cours plancher entre l’euro et le franc. Deuxièmement, cette situation ne devrait pas perdurer. Preuve s’il en faut, les indicateurs avancés reflétant la confiance des industriels helvétiques sont déjà en train de se redresser, que ce soit celui publié par le KOF ou celui compilé par Markit. La croissance ne passera pas durablement en territoire négatif.

Les déséquilibres commerciaux

Si l’on s’amuse à décortiquer ce chiffre de croissance, il est rassurant de noter que ce sont surtout les déséquilibres commerciaux qui l’ont amputé. Fatalement, l’appréciation du franc suisse, de 15% vis-à-vis de l’euro, a lourdement pénalisé la compétitivité des entreprises exportatrices. N’oublions pas que l’Europe représente, à elle seule, 58% des biens et services exportés par les entreprises suisses. À contrario, cette situation a favorisé les achats de produits importés. Au vu de la corrélation historique qui existe entre la balance commerciale helvétique et la parité EUR/CHF, nous ne serions pas surpris de voir le commerce amputer davantage la croissance lors des prochains trimestres, comme en 2008 ou en 2011.

Heureusement, les autres composantes ont toutes permis d’amortir la contraction du PIB du premier trimestre. Les évolutions positives de la formation brute de capital fixe, des dépenses de consommation des ménages sont plus qu’encourageantes. En effet, l’investissement est parvenu à progresser de +0.4% par rapport au quatrième trimestre de l’an dernier. Cet argument ne doit pas, malgré tout, être surexploité car le récent recul du taux d’utilisation des capacités de production laisse augurer d’une phase de désinvestissement imminente. (...)