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Chine : le jeu de piste

Regards et perspectives économiques - 14.03.2016

Balancé entre ralentissement structurel et nécessité de tenir un rythme de croissance élevé pour doubler à horizon 2020 le Produit Intérieur Brut (PIB) de 2010, le numéro d’équilibriste du gouvernement chinois est loin d’avoir atteint son dénouement.

La tenue du National People's Congress est l'occasion d'un tour du propriétaire des stratégies de développement – mais aussi des risques majeurs – en Chine.   

 

  • La priorité est donnée à la croissance économique laquelle devance des foyers d'inquiétude pourtant préoccupants comme l'endettement élevé, l'inefficience des entreprises étatiques ou l'amoncellement des risques dans le secteur bancaire. L'objectif est d'atteindre en 2016 une croissance de 6.5-7%, dans la lignée des discours précédents de Pékin mais au-delà de nos prévisions à 6.4% sur l'année (cf. graphique et hebdo précédent). On peut une nouvelle fois regretter l'instauration d'une croissance-cible chiffrée qui laisse peu de marge de manœuvre aux autorités en cas de choc de croissance.

 

  • Avec un creusement du déficit attendu à 3% du PIB, le ton budgétaire est résolument accommodant. Il en va de même pour l'orientation monétaire ainsi que l'illustrent l'expansion attendue des agrégats monétaires et de crédit (+13%) et les probables baisses de taux directeurs et des réserves obligatoires bancaires. Si ces développements soutiendront l'activité à court terme, ils viennent au prix d'un accroissement des risques à long terme, de crédit notamment. L'hypothèse d'un scénario noir où les encours de créances douteuses – vraisemblablement très sous-estimés par les organes officiels – viendraient se superposer à l'endettement accru du pays n'est pas à écarter. L'investissement devrait croître de 10.5%, canalisé essentiellement vers le financement d'infrastructures, le développement des politiques sociales et la relaxe des certaines taxes.      

 

  • Variable-clef dans la transition vers davantage de consommation privée, l'emploi n'a pas été oublié. Comme en 2015, l'objectif est de pourvoir à la création de 10 millions de postes. L'exercice 2015 avait dépassé les attentes en créant 13 millions de postes. En filigrane se pose la question de la qualité des emplois nouvellement créés et comment l'inéluctable reclassification de la main-d'œuvre excédentaire actuellement employée dans l'industrie sera orchestrée.  

     
  • Il est heureux de constater que le gouvernement semble saisir l'urgence de réformer les entreprises étatiques actives dans le secteur industriel. Peu de détails ont filtré à ce jour mais une chose est sûre : la résorption des surcapacités de production prendra du temps. Pékin a annoncé vouloir réduire de 10% ses capacités productives en acier et en charbon au cours des prochains exercices et créer un fonds de compensation de USD 15 milliards pour les travailleurs impactés. Davantage d'informations devraient prochainement être communiquées sur ce sujet.

     
  • Le marché immobilier est – à l'image de la Chine – contrasté et se doit d'être harmonisé. La flambée des prix du logement dans les principales villes du pays jure avec l'atonie régnant dans les villes d'importance moyenne, affectée par une suroffre immobilière. Les récentes mesures accommodantes – telles l'abaissement des prérequis en capitaux propres pour l'achat d'un bien – devront être plus encadrées pour prévenir une débâcle immobilière.
  • La priorité est donnée à la croissance économique laquelle devance des foyers d'inquiétude pourtant préoccupants comme l'endettement élevé, l'inefficience des entreprises étatiques ou l'amoncellement des risques dans le secteur bancaire. L'objectif est d'atteindre en 2016 une croissance de 6.5-7%, dans la lignée des discours précédents de Pékin mais au-delà de nos prévisions à 6.4% sur l'année (cf. graphique et hebdo précédent). On peut une nouvelle fois regretter l'instauration d'une croissance-cible chiffrée qui laisse peu de marge de manœuvre aux autorités en cas de choc de croissance.