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Marchés : Brexit – la voie de l’incertitude

Regards et perspectives économiques - 27.06.2016

La persistance de l’incertitude politique devrait favoriser les comportements d’aversion au risque. Une fois encore, les mesures monétaires des banques centrales prendront le pas sur les mesures budgétaires.

L'onde de choc générée par le Brexit s'est accompagnée d'une vague de défiance généralisée envers les actifs risqués, Standard & Poor's estimant que les marchés actions mondiaux avaient essuyé sur la seule journée de vendredi une perte de valeur de USD 2'080 milliards.

L'effet de surprise passé, une période de transition politique caractérisée par un degré d'incertitude élevé sur les marchés financiers devrait vraisemblablement voir le jour. L'activation de l'Article 50 du traité de Lisbonne – lequel encadre les modalités de sortie d'un pays de l'Union européenne – ne sera probablement pas imminente. Le démissionnaire David Cameron devrait en effet déléguer cette lourde responsabilité au Premier Ministre qui lui succèdera en octobre, lequel sera alors en charge des longues négociations avec les 27 pays membres. Ces négociations pourraient par ailleurs se voir retardées ou bloquées au cas où de nouveaux accords devaient être validés par la Chambre des Communes du Royaume-Uni, dont 463 députés sur 650 sont en défaveur d'une sortie de l'Union Européenne. La probabilité d'une sécession de l'Ecosse ajoute encore à l'incertitude ambiante.

En zone euro, l'unicité du discours politique semble une condition nécessaire à la crédibilité du projet européen et à la relative stabilité des perspectives de croissance. Pour l'heure, des voix divergentes se sont fait entendre quant à la manière de gérer au mieux les négociations. Aussi, l'agenda politique chargé viendra ajouter au flou actuel. Les élections-clefs en France, en Allemagne et aux Pays-Bas à horizon 2017 poseront la question de comment gérer les revendications des partis eurosceptiques. Les élections espagnoles de ce weekend – et les difficultés associées à former une coalition – interrogent aussi sur le bon respect des mesures budgétaires préconisées par la Commission Européenne, posant la question de l'évolution des rendements souverains en périphérie.

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Les banques centrales substituts des gouvernements

Dans ce contexte d'incertitude politique, il est probable que cette fois encore, après les difficultés à mener une politique budgétaire commune, les banques centrales soient amenées à se substituer aux gouvernements. Les mesures d'assouplissement monétaire – qu'elles soient le fait de la Bank of England, de la Banque Centrale Européenne, de la Bank of Japan voire de la Fed – iraient ainsi vers une poursuite de la création monétaire, dans l'attente de mesures budgétaires initiées par les gouvernements. En ce sens, l'environnement de taux bas a encore de beaux jours devant lui.