Transformation des entreprises en Europe : un rebond attendu ?

Actualité - 24/10/2019

En début d’année, les journaux économiques s’inquiétaient de la chute des opérations de fusion-acquisition dans le monde retombant sur des niveaux comparables à ceux de 2005. L’Europe se voyait particulièrement touchée par ce phénomène puisque l’activité de M&A y reculait de 67% sur le premier trimestre 2019.

Pourtant, on constate, depuis le début de l’année, une vraie volonté de consolidation et de transformation des entreprises européennes : les opérations de cession d’actifs et de spin-off n’ont jamais été aussi nombreuses et le Private Equity devient une véritable source de transaction en Europe.

Faut-il alors s’attendre à une nouvelle dynamique de transformation des entreprises européennes ?

Le premier critère qui appuie notre thèse puise ses raisons dans la géopolitique. Dans un monde de plus en plus amené à se partager entre les Etats-Unis et la Chine, il paraît nécessaire de favoriser l’émergence de champions européens. Face à deux superpuissances qui préfèrent voir une Europe économiquement balkanisée plutôt qu’une troisième force, l’émergence de groupes transfrontaliers est clairement à l’étude. Certaines tentatives témoignent déjà de cette volonté. C’est le cas de Siemens et Alstom dans le secteur ferroviaire afin de faire le poids face au chinois CRRC qui cherche à apprivoiser un marché européen très régulé. Ou du rapprochement entre Fiat et Renault qui répond à un besoin en investissement fort pour financer le développement de véhicules électriques ou autonomes. Les obstacles politiques, à Bruxelles ou au niveau plus national, perdurent mais ils ne seront pas toujours insurmontables surtout dans l’optique de servir une cause géopolitique plus large.

Au-delà d’une problématique d’influence économique, certains secteurs se voient dans l’obligation de se transformer pour survivre. Face à des disruptions majeures portées par la digitalisation de modèles existants, les entreprises doivent faire preuve d’agilité pour continuer à être compétitives. C’est le cas des médias, qui face à l’émergence de plateformes en ligne comme Netflix, doivent repenser leur modèle. Ainsi, la chaîne de télévision anglaise ITV s’est lancée dans la production de contenu pour faire face à une concurrence grandissante sur ses revenus publicitaires. Dans la grande distribution, Amazon impose à ses concurrents de se réinventer. Carrefour développe son activité digitale et se déleste d’une partie de ses murs en optant pour des franchises. Toutes ces transformations nécessitent de passer par de la croissance externe (fusion-acquisition) ou de se défaire d’une partie de l’activité traditionnelle pour investir (cession d’actif ou spin-off).

Cela est renforcé par les niveaux de croissance actuellement observés en Europe. La croissance du PIB au quatrième trimestre de 2018 de 1,7% par rapport à la même période en 2017 marque un plus bas sur ces cinq dernières années. En parallèle, on observe peu de poches d’hypercroissance organique au sein des entreprises européennes.

Pourcentage des entreprises par niveau de croissance du chiffre d'affaires

Source: Morningstar, Haver Analytics, Datastream, IBES, Goldman Sachs Global Investment Research

 

Les conséquences de ce climat sont doubles : soit les entreprises cherchent d’autres relais de croissance via des acquisitions visant à développer de nouveaux marchés, produits ou services ; soit elles se reconcentrent sur la partie la plus rentable de leur activité. Pour ce faire, elles vendent une partie de leurs actifs devenus non stratégiques ou elles réalisent des spin-off pour extérioriser de la valeur et cristalliser les profits d’une filiale. C’est le cas de Novartis avec Alcon, leader des soins de la vue, ou du français Atos avec ses activités de paiements et services en ligne regroupés dans Worldline. Il est également important de préciser le rôle croissant des activistes en Europe qui exercent une pression sur les entreprises dans lesquels ils sont investis. C’est le cas notamment de ABB qui a vendu sa position Power Grid ou Thyssenkrupp qui envisage de sortir de son activité ascenseurs.

Nombre de spin-off en Europe

Source: Bloomberg, Goldman Sachs Global Investment Research.

 

Dans l’environnement actuel de taux très bas, les entreprises sont en mesure d’obtenir des conditions de financement très favorables alors même que le cash n’est, lui, pas rémunéré. Cela encourage à déployer des liquidités pour réaliser des opérations de fusion-acquisitions.

Enfin, il nous semblait également important de mentionner l’accélération de l’activité de Private Equity qui joue un rôle déterminant dans la transformation des entreprises de taille moyenne en Europe. En effet, on observe un grand dynamisme dans l’environnement des plus petites capitalisations où agissent les acteurs du Private Equity dont l’activité est favorisée par une croissance constante du dry powder – les réserves de liquidités détenues par les fonds – qui les pousse à être à l’affut d’opportunités d’acquisition. Ces sociétés de taille moyenne sont, par ailleurs, moins soumises aux problématiques de lois anti-trust ou à des sujets d’autres politiques.

On constate ainsi que le contexte actuel présente plusieurs critères favorables à des transformations d’entreprises en Europe. Reste à savoir si l’on verra prochainement l’émergence de véritables groupes consolidés transfrontaliers.


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