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L’Italie et l’Allemagne n’effraient pas les marchés

Analyse de marché - 01/03/2018

Les marchés font preuve d’un excès de confiance dans un environnement économique favorable. Ils semblent peu se soucier du risque politique en Italie et en Allemagne.

Depuis le début de l’année, les spreads à 10 ans de la dette italienne versus allemande se sont resserrés de 30 points de base. Selon nous, il convient de rester prudent à l’approche des élections italiennes et du vote des militants du SPD, appelés à se prononcer sur la participation à une grande coalition. 

Bien que le risque politique reste contenu à court terme en Italie, aucun scenario n’est véritablement acquis. Les investisseurs misent soit sur une coalition de droite- droite radicale qui n’appliquerait pas les mesures coûteuses de son programme incompatibles avec les finances de l’Italie, soit sur un accord de grande coalition entre les partis pro-européens. Mais ce scénario ne tient qu’à un fil dans les projections de sièges alors que le mode de scrutin, caractérisé par un mélange de proportionnelle et de scrutin uninominal à un tour, rend l’issue imprévisible. Dans ce contexte, nous sous-pondérons la dette souveraine italienne. 

Un deuxième rendez-vous politique crucial pourrait venir déstabiliser les marchés. Depuis le 20 février et jusqu’au 2 mars, les militants du SPD sont invités à s’exprimer sur le contrat de coalition négocié avec la CDU/CSU d'Angela Merkel, déjà approuvé à la quasi-unanimité par les 1.000 délégués du parti de la chancelière allemande lundi 26 février, mais approuvé à 56% seulement par les délégués du SPD. Le résultat sera connu le 4 mars. Le « oui » ouvrirait la voie à la formation d’un gouvernement. Dans le cas contraire, l’instabilité politique allemande mettrait en difficulté les projets d’intégration avancée de la zone euro partagés par le SPD et le président Macron, ce qui devrait affaiblir les performances des dettes souveraines périphériques. 

La combinaison de ces deux échéances politiques cruciales pourrait créer de la volatilité, source d’opportunités qu’il faudra savoir saisir au bon moment. Par conséquent, nous conservons des liquidités pour disposer de marges de manœuvre dans le but de réaliser de nouveaux investissements. 

Par François Raynaud, Gérant Allocation d’actifs & Dettes Souveraines chez Edmond de Rothschild Asset Management