​​

Le verre à moitié plein

Analyse de marché - 21/01/2019

Les marchés ont poursuivi cette semaine leur ascension en dépit des signaux de ralentissement et de la persistance du risque politique lié au Brexit.

Tant en Chine qu’aux Etats-Unis, les marqueurs du ralentissement économique se confirment. Le Beige Book de la Fed pointe des signes d’essoufflement de l’économie américaine tout en rappelant la croissance modérée de certaines régions. Selon cette étude, les perspectives sont globalement moins optimistes en raison de la baisse des marchés actions, de la hausse des taux directeurs et des incertitudes entourant le commerce. Les secteurs manufacturiers et de l’énergie ont progressé à un rythme plus faible dans la plupart des régions selon cette enquête. S’ajoute à ces préoccupations, celle liée au shutdown qui entre dans une période record.

En Chine, la situation commerciale continue de se dégrader tandis que les prévisions de croissance tendent à se réduire : sur les 31 provinces, 12 ont déjà publié leurs prévisions de croissance pour 2019 et huit d’entre elles ont réduit leur perspectives.

En dépit de la longue liste de signes de ralentissement et de risques politiques en grande partie intégrés dans les prix des actifs financiers, les investisseurs semblent accorder un poids plus important aux initiatives prises actuellement par certains pays.

En Chine par exemple, le gouvernement œuvre pour relancer l’économie domestique. Les injections de liquidités dans le système et les baisses répétées des taux de réserves obligatoires des banques sont de nature à rassurer les investisseurs. Bien que l'objectif principal soit de remédier à une pénurie de financement avant le Nouvel An chinois, cela témoigne également d'une priorité politique de la PBOC : fournir aux banques des financements moins coûteux pour leur permettre de prêter à des taux inférieurs aux entreprises. Concernant les négociations commerciales, les pourparlers continuent et laissent entrevoir une issue positive à une résolution – même partielle - du différend sino-américain.

Ce contexte nous conduit à rester favorable aux actions, en anticipant une inflexion haussière de la conjoncture chinoise suite au plan de relance et en tablant sur une poursuite du cycle de profits des entreprises européennes et américaines.

  Actions européennes

Accueillant finalement favorablement le vote britannique, et portés par les mesures de soutien monétaire et à l’économie réelle en Chine, les marchés européens ont continué d’être bien orientés. Automobile, technologie et financières tirent ainsi la hausse en début de semaine et le marché italien se démarque après un beau succès obligataire avec 10 milliards d’euros placés sur du 16 ans pour 35 milliards d’euros de demande. 

Les évolutions sur le front des tensions commerciales rattrapent les marchés en fin de semaine : la mise en accusation de Huawei concernant des vols de secrets commerciaux à des entreprises américaines sert ainsi de catalyseur à des prises de bénéfices, avant que des informations sur une possible levée partielle ou totale des droits de douane américains sur les importations chinoises ne soulagent les marchés. Notons que Berlin songerait à imposer des conditions de sécurité que le géant chinois des équipements télécoms ne serait pas en mesure d’assurer pour le déploiement de la 5G.

Les nouvelles sont contrastées au niveau des entreprises. Société Générale a ainsi émis un avertissement sur ses bénéfices compte tenu d'une baisse de 20% de ses revenus dans ses activités de marché au quatrième trimestre en raison de la forte volatilité sur les marchés financiers, remettant la pression sur le secteur après les bonnes performances récentes. Continental a laissé entrevoir des résultats 2018 en ligne mais annonce des révisions baissières por 2019, impacté par les les ventes d’automobile en baisse en Chine. Renault et Peugeot ont annoncé un bilan commercial 2018 record. Pour ce dernier, sans prendre en compte Opel, les ventes sont en réalité en baisse mais de meilleure qualité grâce à un repositionnement réussi sur les SUV. La publication du chiffre d’affaires de Casino au quatrième trimestre en ligne avec les attentes malgré le mouvement des Gilets Jaunes permet au secteur de rebondir. Ryanair a annoncé une deuxième révision à la baisse de son objectif de bénéfice annuel en quatre mois, la compagnie aérienne à bas coûts évoquant cette fois un recul plus marqué que prévu des tarifs de la saison hivernale.

Côté transformations d’entreprises, Panalpina a reçu une offre inamicale avec une prime de 24% de la part du logisticien danois DSV qui avait été éconduit par Ceva Logistics. Les sociétés de paiement européennes Wirecard ou Worldline ont profité de la consolidation du secteur avec le rachat de First Data par Fiserv qui crée un leader mondial. Le régulateur européen et la BaFin seraient en faveur d’une opération transfrontalière pour Deutsche Bank, plutôt que d’un rapprochement avec Commerzbank

  Actions américaines

Les indices boursiers américains se sont inscrits en hausse cette semaine : +1,5% pour le S&P et +1,6% pour le Nasdaq. Tandis que les investisseurs continuent de faire face à l'incertitude liée au shutdown (27ème jour), les spéculations entourant un changement de stratégie potentiel vis-à-vis de la Chine chez plusieurs membres de l'administration Trump semblent avoir suffi à insuffler un élan positif en amont de la rencontre prévue en fin de mois.

Les financières affichent une hausse marquée de +4% principalement tirée par les grandes banques américaines qui ont publié des résultats trimestriels de bonne qualité : Citigroup, JP Morgan, Bank of America ont enregistré une croissance solide des activités traditionnelles (croissance des prêts, qualité du crédit en ligne) alors que les divisions de banque d’investissement sont en recul marqué, comme anticipé après un quatrième trimestre particulièrement difficile. Brian Moynihan, CEO de Bank of America, a déclaré observer "un climat sain pour les consommateurs et les entreprises qui favorise une économie solide".

Les services publics représentent le seul secteur en baisse cette semaine, pénalisés par l’annonce du producteur d’électricité californien PG&E concernant un placement en faillite, ne pouvant faire face aux charges dus aux incendies cet automne. 

  Actions japonaises

Le marché actions japonais a progressé à la faveur des perspectives de nouvelles mesures prises par le gouvernement chinois en vue de relancer l’économie. Bien que le rejet par le Parlement britannique de l’accord sur le Brexit négocié par la Première ministre Theresa May n'ait pas affecté outre mesure le marché boursier, les acteurs sont restés prudents, craignant que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine aient un impact négatif sur l’économie réelle, comme en atteste le nombre de commandes de machines inférieur aux attentes en novembre. L’indice TOPIX a gagné 0,88% durant la semaine.

Le secteur des autres produits a été le plus performant, Nintendo ayant vu son cours bondir de 9,30%. Par ailleurs, les contrats à terme sur titres et sur matières premières, les autres activités financières, l’assurance ainsi que les instruments de précision ont figuré parmi les secteurs ayant enregistré une performance positive lors de ce rebond. À l’inverse, Fast Retailing, la maison-mère d’Uniqlo, a chuté de 8,03%, à l’instar du détaillant de mobilier et de décoration intérieure Nitori Holdings, qui a reculé de 4,86% alors qu’il se comportait relativement bien.

Le grand fabricant de moteurs électriques Nidec a fait part de la révision à la baisse de ses prévisions de bénéfices pour l’exercice 2018 (s’achevant le 31 mars 2019) et d’une croissance négative de son BPA (de +12,8% à -14%), en raison du ralentissement de la croissance de son chiffre d’affaires, causé par le recul rapide des dépenses d’investissement des clients chinois en novembre et en décembre. Les bénéfices ont été affectés par le ralentissement de l’économie chinoise, mais son impact sur les cours boursiers est toutefois resté relativement limité dans la mesure où il avait déjà été en partie intégré par le marché avant l’annonce de l’entreprise.     

Le nombre estimé de touristes étrangers en visite au Japon en 2018 a progressé de manière constante, de +8,7% en glissement annuel, pour atteindre un record de 31,2 millions de personnes. Ils ont augmenté leur consommation de 2% au cours de leur séjour, dépensant 4 500 milliards de yens, ce qui constitue un nouveau record. Cette croissance a été stimulée par les touristes chinois, qui ont représenté 26,8% du nombre de visiteurs et 34,1% des dépenses, selon les données de l’Office national du tourisme japonais. 

  Marchés émergents

Les marchés émergents ont continué de faire preuve d’optimisme cette semaine, alors que les négociations commerciales sino-américaines se poursuivront aux États-Unis avec la venue du Vice-Premier ministre chinois, Liu He, les 30 et 31 janvier prochains. Bien qu’aucune nouvelle mesure de relance n’ait été annoncée, les dirigeants du gouvernement central et des autorités locales commencent à adopter des discours de plus en plus accommodants. La croissance généralisée du crédit en Chine est restée stable en décembre, après avoir reculé lors des trois mois précédents, à la faveur d’une amélioration des émissions d’obligations d’entreprise et de prêts bancaires. Cependant, les exportations ont reculé à -4,4% en glissement annuel durant le mois contre 3,9% en novembre.

Les dernières publications de résultats continuent de témoigner d’un ralentissement. Luk Fook, le joaillier hongkongais, a fait part d’une baisse de 10% des ventes à périmètre comparable en glissement annuel au dernier trimestre. Par ailleurs, TSMC a enregistré des résultats conformes aux estimations au quatrième trimestre 2018, mais ses prévisions de chiffres d’affaires (-22% en glissement trimestriel) au premier trimestre 2019 se sont inscrites en deçà des attentes.

La direction table sur une croissance négative au premier semestre 2019, mais sur un meilleur second semestre, et prévoit d’augmenter son dividende en espèces malgré le ralentissement de la demande. La start-up chinoise ByteDance a déclaré qu’en 2018 son chiffre d’affaires avait seulement atteint l’extrémité inférieure de sa fourchette d’objectif initiale, tandis qu’Alibaba devrait réduire ses dépenses de voyage et reporter l’embauche de collaborateurs.

En Inde, l’IPC a été conforme aux attentes en décembre, s’inscrivant à 2,2%, contre 2,3% en novembre, alors que les prix des produits alimentaires ont continué de contribuer à l’évolution à la baisse de cette tendance. Infosys a rendu compte d’un chiffre d’affaires supérieur aux attentes pour le troisième trimestre, mais ses marges ont déçu. La direction a également revu à la hausse ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires pour l’exercice 2018. Hindustan Unilever a annoncé avoir enregistré des résultats trimestriels conformes aux estimations. La croissance de son volume s’est poursuivie dans le segment des soins à domicile, à +10% en glissement annuel, sa marge brute s’est légèrement contractée, mais sa marge d’EBITDA s’est creusée de 140 points de base sur un an. La direction reste confiante quant aux perspectives de la demande, malgré la faiblesse des données agricoles et le ralentissement des ventes de véhicules. Reliance a fait part de résultats supérieurs aux attentes, à la faveur de la bonne performance de ses activités de commerce de détail et de télécommunications.

En Indonésie, les chiffres des échanges commerciaux ont déçu en décembre. Les exportations ont reculé de 4,6% en glissement annuel, tandis que la croissance des importations s'est essoufflée à 1,2% sur un an, ce qui pourrait entraîner un creusement du déficit courant en 2018, au-delà des prévisions de 3% du PIB de la banque centrale.

Au Brésil, les ventes au détail ont été meilleures que prévu en novembre (+1,5% contre des estimations à +0,2%), ayant été stimulées par les ventes réalisées à l’occasion du Black Friday. La confiance des consommateurs s’est inscrite en hausse de 6% en décembre (son niveau le plus élevé depuis 2014). Le nombre de visiteurs dans les centres commerciaux a également été solide durant le mois, à +3,1% en glissement annuel. La décision du Conseil d’administration de Petrobras d’approuver la cession du contrôle de certaines filiales a constitué un autre élément d’importance.

En Afrique du Sud, la banque centrale a laissé ses taux d’intérêt inchangés et revu ses prévisions d’inflation nettement à la baisse. Mr Price a rendu compte de résultats décevants au troisième trimestre, en raison d’une croissance inférieure aux attentes (et aux prévisions de la direction) de son chiffre d’affaires.

Les souscriptions dans les fonds axés sur les marchés émergents ont de nouveau augmenté au cours de la semaine, avec 3,1 milliards de dollars supplémentaires, à la faveur de valorisations bon marché, du ton conciliant de la Fed et des mesures d'ajustement de la banque centrale chinoise. 

  Matières premières

Après être revenu à 60$/b, le baril de Brent s’est stabilisé autour de ce niveau (52$/b pour le WTI). Les Etats-Unis ont déclaré qu’ils n’avaient pas l’intention d’accorder de nouvelles dérogations pour les exportations de brut iranien. Pour le moment. Il est clair qu’au vu du précédent, les marchés n’acteront rien en avance. 

A ce stade, la certitude est que les pays de l’OPEP font ce qu’il faut pour enlever l’excédent d’offre du marché. Ils ont en effet baissé leur production de 751kb/j en décembre comparé à novembre, dont -468kb/j pour l’Arabie Saoudite. Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis janvier 2017. La coupe de production se produit donc avec un mois d’avance. Et vu le temps mis par les tankers pour atteindre les marchés finaux, cela montre que les décisions ont été prises avant la réunion du 7 décembre.

Les pays de l’OPEP ont par ailleurs prévu différentes réunions au cours des prochains mois, pour suivre au plus près l’ajustement de l’offre. La production vénézuélienne, qui a baissé de -480kb/j en 2018 à 1,22Mb/j fin décembre, pourrait continuer à souffrir. Des responsables de l’administration américaine ont en effet notifié aux raffineurs américains de potentielles sanctions sur les exportations de brut de ce pays, actuellement à 500kb/j. Le plus important cependant reste la très bonne tenue de la demande, surtout dans un contexte d’inquiétude sur l’économie mondiale et de ralentissement chinois.

Le rapport mensuel de l’OPEP laisse ainsi la croissance de la demande inchangée en 2019 à +1,3Mb/j. L’EIA avait fait de même la veille et anticipe une croissance de +1,54Mb/j en 2019. Les importations de pétrole en Chine, à 10,3Mb/j en décembre, sont en hausse de 30% sur un an, et de +10,6% à 9,3Mb/j sur l’ensemble de l’année 2018. Reste que pour équilibrer l’offre et la demande en 2019, l’OPEP devrait produire en moyenne 30,8Mb/j, ce qui est inférieur au niveau actuel (31,6Mb/j) mais lié à la saisonnalité.

Le secteur aurifère démarre l’année 2019 comme il a terminé la précédente, avec une opération de fusion-acquisition d’envergure. Après Barrick-Randgold, c’est au tour de Newmont de se rapprocher de Goldcorp, impliquant quatre des six plus gros producteurs. Si le rationnel de cette dernière opération est moins évident, il laisse présager d’une année 2019 très active pour le secteur. 

  Dettes d'entreprises

 

Crédit

Le marché a ouvert en baisse cette semaine. Les statistiques chinoises publiées lundi (net recul des exportations) ont suscité de nombreuses inquiétudes sur la croissance mondiale. Par la suite, la tendance s’est inversée, portée par le discours prudent de Mario Draghi sur l’économie européenne et par le rejet de l’accord sur le Brexit par le parlement britannique. Certains investisseurs sont de plus en plus convaincus de la non possibilité d’un Brexit sans accord. Dans ce contexte, les indices de crédit ont très bien performés. Le Xover et le Main se sont resserrés de 20 points de base et six points de base au cours de la semaine.

La presse espagnole a indiqué que plusieurs investisseurs seraient intéressés par une participation dans la recapitalisation du groupe Dia. Celui-ci avait annoncé fin décembre une restructuration financière en attendant de réaliser une augmentation de capital début 2019. Côté distribution, New Look (Ca/CCC) est arrivé à un accord de principe avec un groupe de porteurs obligataires sur les termes de la restructuration de sa dette. Cet accord s’accompagne d’un nouveau financement relais de 80 millions de livres afin d’assurer la continuation de l’activité à court terme. Enfin, selon la presse italienne, Salini et de grandes banques italiennes seraient en train d’établir une offre de reprise de Astaldi (Ca2/D). En fin de semaine, Telecom Italia (Ba1/BB+) a fait un profit warning sur son EBITDA pour l’exercice 2018.

La BCE continue à mettre la pression sur les banques italiennes pour le provisionnement des créances douteuses. Par ailleurs, Banca Carige a, cette semaine, déposé une demande auprès de la Commission européenne afin de pouvoir utiliser la garantie d’Etat dans le cadre d’émissions obligataires qui lui avaient été accordés début janvier par décret. On note le profit warning de Société Générale dont les revenus des activités de marché baissent de 20% sur un an mais il n’y aucun impact sur les spreads de crédit.

En ce qui concerne le primaire, BNP Paribas a émis des Senior Non Preferred pour 2,25 milliards d’euros et un milliard de livres (coupon de 2.125% et 3.375%) avec une importante prime à l’émission.

En IG, Engie a émis une obligation hybride pour un milliard d’euros avec un coupon de 3.25%, qui performe bien au secondaire. 

Convertibles 

Du côté des bonnes nouvelles cette semaine concernant les obligations convertibles, le marché primaire européen s’est redressé avec l’arrivée d’un nouveau venu au sein de l’univers. En effet, Takeaway.com (commande de repas en ligne) a émis pour 250 millions d’euros d’obligations convertibles à 5 ans (coupon de 2,25% et prime de 35%). Parallèlement, la société a introduit 8,35 millions d’actions ordinaires. Le produit de ces opérations sera entièrement consacré au financement de l’acquisition de Delivery Hero en Allemagne (annoncée en décembre 2018) et au remboursement du prêt relais de 150 millions d’euros (octroyé en 2018).

En Asie, Lenovo (informatique personnelle et portable) a vendu pour 675 millions de dollars d’obligations convertibles à 5 ans assorties d’un coupon de 3,375% et d’une prime de 40%. Le produit de cette transaction sera alloué au remboursement de son obligation de premier rang assortie d’un coupon de 4,7% à échéance 2019 ainsi qu’aux besoins généraux de l’entreprise.

Le secteur immobilier chinois s’est trouvé sous pression jeudi en raison des rumeurs selon lesquelles Jiayuan International ne serait pas en mesure de rembourser ses obligations assorties d’un coupon de 8,125% à échéance 2019. La direction a par la suite confirmé le paiement de cette obligation.

En Europe, Dassault Aviation a conclu un nouveau contrat de deux milliards d’euros avec le gouvernement français, marquant le lancement du développement du standard F4 du Rafale. La société a en outre obtenu la confirmation lui permettant de lancer la production des 28 derniers Rafale.

Enfin, aux États-Unis, Atlassian (logiciels) prévoit une hausse de son chiffre d’affaires de 4% et une augmentation de sa clientèle de 23% en glissement annuel pour le deuxième trimestre 2019. 

 

Achevé de rédiger le 18/01/2019

Elément complémentaire