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La tendance haussière se confirme

Analyse de marché - 01/03/2019

Cette semaine confirme la tendance haussière des deux derniers mois mais avec une impulsion plus faible. Après avoir été rassurés par le discours plus accommodant des banques centrales et l’espoir de résolution des tensions commerciales sino-américaines, les marchés ont amplifié leur rebond initial en constatant que les prévisions micro et macroéconomiques faites en décembre étaient exagérément pessimistes. A nouveau, les statistiques sont ressorties moins mauvaises que prévu concernant les PMI chinois, la croissance américaine du quatrième trimestre et les indicateurs européens. Partout, la consommation interne soutenue par les gains de pouvoir d’achat apparaît comme le point fort de l’économie. Cependant, la hausse de plus de 10% des marchés depuis le début d’année incite à être plus circonspect sur la poursuite du mouvement à court terme et ceci nous a conduits à adopter une allocation d’actifs neutre par rapport aux indices tant en termes de classes d’actifs que de zones géographiques.

 

  Actions européennes

Portés par des statistiques démontrant plutôt une amélioration de la situation économique, les taux longs remontent au cours la semaine. Les valeurs bancaires sont les premières bénéficiaires de ce mouvement, tandis que BNP Paribas ou Société Générale annoncent envisager des suppressions de poste.

Le segment de consommation non discrétionnaire a en revanche souffert. Après les avertissements de nombreux poids lourds du secteur (Henkel, Kraft, etc.), Beierdorsf a surpris défavorablement le marché avec un programme d'investissements, impactant significativement les marges en 2019.

Au sein de la chimie, BASF a publié des chiffres au titre du quatrième trimestre au-dessus des attentes après le warning de début décembre, et une guidance 2019 validant un point bas en termes de résultats en 2018. Bayer a également affiché des résultats au titre du quatrième trimestre meilleurs qu'attendu, tirés par sa division agrochimie. La guidance 2019 reste calée sur un solide +4% de croissance organique. Arkema a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 5,9% en 2018 et un EBITDA en progression de 6%. Covestro a en revanche souffert, faisant état de perspectives 2019 en-dessous des attentes du consensus.

Du côté des médias, Vivendi a été porté alors que KKR et Tencent Music Entertainment étudieraient des offres sur 50% du capital de sa filiale UMG. WPP a fait état de chiffres liés à la croissance organique 2018 supérieurs aux attentes. Les perspectives de croissance restent prudentes pour 2019 mais sont déjà prises en compte par le consensus.

ITV a publié une bonne année 2018 et l'investissement sur SVOD est enfin annoncé. Mais le chiffre d'affaires publicitaire sur le début de l'année 2019 est en recul en raison des incertitudes entourant le Brexit. Celles-ci ont également affecté Aston Martin qui a passé une provision exceptionnelle.

Au sein de la distribution, Carrefour est parvenu à stabiliser sa rentabilité opérationnelle à 2,5% grâce à des baisses de coûts qui ont atteint 1,05 milliard d'euros. Le groupe a annoncé porter son objectif d'économies à 2,8 milliards d'euros d'ici à 2020, contre deux milliards auparavant. Grâce à une belle performance en Belgique, Ahold Delhaize a de son côté publié des résultats dans le haut des attentes du consensus.

Air France KLM a souffert après que le gouvernement néerlandais a annoncé sa montée au capital du groupe pour détenir une position équivalente à celle de l'État français (14,3%). Notons quelques bonnes publications qui ont porté certains titres, comme Biomérieux, SEB ou Dassault Aviation.

Enfin, Marks & Spencer s'associe à Ocado, pionnier britannique des supermarchés en ligne, pour proposer la vente en ligne de ses produits alimentaires. Le groupe investira 750 millions de livres pour prendre 50% d'une filiale commune, dans laquelle Ocado logera ses activités de vente en ligne au Royaume-Uni.

 

  Actions américaines

Au cours de la semaine écoulée, le S&P 500 a marqué une pause avec une hausse de 0,35%. Les indicateurs économiques sont toujours positifs. Le dernier chiffre publié fait ressortir une croissance du PIB américain de 2,6% au quatrième trimestre, avec une consommation qui reste solide (+2,8%) et une accélération des investissements des entreprises (+6,2%).

Par ailleurs, lors de son discours, Jerome Powell, président de la réserve fédérale, a réitéré sa volonté d'être « patient » quant à une décision sur les taux.

La saison des publications de résultats du quatrième trimestre touche à sa fin. 95% des composantes du S&P 500 ont d'ores et déjà dévoilé leurs comptes trimestriels. Actuellement, 72% des entreprises ont battu les prévisions. La croissance des bénéfices pour le dernier trimestre est désormais attendue à +14,7% avec une hausse des revenus de +7,3%. Pour l'année 2019, le consensus table sur une croissance des bénéfices de +4,5%.

Les secteurs qui enregistrent les plus fortes performances sont la technologie (+1,56%) et les services de communication (+0,86%), tandis que l'énergie (-0,52%) et les matières premières (-1,07%) reculent.

 

  Actions japonaises

Les cours des actions japonaises se sont légèrement repliés au cours de la semaine. L'indice TOPIX a cédé 0,12%. Contrairement aux marchés actions des États-Unis et de la Chine, qui ont fortement rebondi depuis le début de l'année, le marché boursier nippon a sous-performé en raison des inquiétudes suscitées par le recul des bénéfices des entreprises et la faiblesse des données concernant la production, celles-ci ayant été affectées par le ralentissement de la demande extérieure. La production industrielle s'est inscrite en deçà des attentes en janvier (-3,7% en glissement mensuel).

Dans un tel environnement, les valeurs à dividende élevé se sont relativement bien comportées, soutenues par l'appétit des investisseurs particuliers en quête de rendements attrayants.

Les secteurs axés sur la demande intérieure ont surperformé au cours de la semaine, tandis que les titres sensibles à la conjoncture économique, qui avaient enregistré les gains les plus importants depuis le début de l'année, se sont repliés. Les valeurs pharmaceutiques comme Daiichi Sankyo, Eisai et Otsuka Holdings ont progressé, à l'instar de Rakuten et de Recruit Holdings, dans le secteur des services. À l'inverse, les secteurs miniers, des machines et des produits du pétrole et du charbon ont enregistré des performances négatives. Ainsi, Fanuc a perdu 5,22% et Inpex, l'un des principaux producteurs de ressources naturelles, a reculé de 4,58%.      

 

  Marchés émergents

Le marché des actions chinoises de catégorie A s'est redressé, avec un volume d'échange quotidien colossal (supérieur à 1.000 milliards de yuans), stimulé par le signal contracyclique clair et cohérent en faveur de la croissance envoyé par la banque centrale chinoise, mais également par la décision de MSCI de quadrupler (de 5 à 20%) la pondération des actions de catégorie A dans ses indices en trois étapes (mai, août et novembre cette année). Une fois cette opération réalisée, les actions de catégorie A représenteront à elles seules 3,3% de l'indice MSCI EM, tandis que la pondération de la Chine dépassera 35%.

Les négociations commerciales sino-américaines ont de nouveau avancé dans la bonne direction et les dernières informations semblent indiquer qu'un accord définitif pourrait être trouvé à l'occasion d'un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping qui se tiendra mi-mars. En Chine, l'indice PMI manufacturier Caixin s'est inscrit en forte hausse à 49,9, un chiffre supérieur aux attentes (48,5). Les prévisions de nouvelles commandes ont affiché un net rebond, tandis que les chiffres des nouvelles commandes à l'exportation ont chuté en raison des pressions extérieures persistantes. Les signes d'assouplissement du secteur de l'immobilier sont de plus en plus manifestes, le taux d'emprunt immobilier moyen pour un premier logement s'étant replié pour le deuxième mois consécutif. Le temps passé par les véhicules en concession a reculé à 42 jours en janvier, contre 60 jours en décembre 2018.

AAC a publié un avertissement sur résultats pour le premier trimestre 2019, avec un effondrement de 70% en glissement annuel de son bénéfice net du fait d'une gamme de produits moins favorable et d'une faible utilisation de ses capacités de production. JD.com a rendu compte de résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre 2018, à la faveur d'une réduction des pertes de son activité logistique. La direction reste optimiste quant à l'amélioration des marges et ses prévisions d'une croissance d'environ 20% de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2019 sont conformes aux estimations du marché. Yili a fait part de solides résultats pour son exercice 2018, avec une croissance de 17% de son chiffre d'affaires, une hausse de 7% de son bénéfice net ainsi que des gains continus de parts sur le marché des produits laitiers à température ambiante.

Les tensions géopolitiques entre l'Inde et le Pakistan, des avions de chasse ayant été abattus et des frappes aériennes lancées, ont permis au BJP, le parti nationaliste indien au pouvoir, et à Narendra Modi de renforcer leur position à l'approche des élections législatives. La croissance du PIB de l'Inde a légèrement ralenti à 6,6% en glissement annuel lors du dernier trimestre, contre 7% au trimestre précédent, en raison de la baisse des dépenses publiques et de la faiblesse de la croissance agricole.

Grâce à l'injection de capital de la part de la banque centrale (Reserve Bank of India - RBI), de nouvelles banques publiques ont pu éviter d'être soumises à la « Prompt Corrective Action » menée par la RBI, et ce afin de soutenir la croissance du crédit. Dans l'ensemble, le crédit bancaire a progressé de 13% en glissement annuel en janvier 2019, soutenu par les entreprises financières non bancaires et par les crédits aux particuliers.

En Russie, Sberbank a rendu compte de solides résultats au quatrième trimestre 2018, supérieurs aux attentes, sous l'effet de l'amélioration de sa marge nette d'intérêts.

La croissance du PIB brésilien s'est inscrite en hausse de 1,1% en 2018, un chiffre globalement conforme aux estimations du marché, stimulée par l'amélioration de la demande intérieure, mais également par la croissance des importations (+8,5% en valeur réelle) et des exportations (+4,1%).

PagSeguro a publié de solides résultats, atténuant ainsi les craintes du marché concernant sa position concurrentielle. Magazine Luiza a également vu son titre rebondir à la faveur d'une croissance supérieure aux attentes de son chiffre d'affaires (27% en glissement annuel) au quatrième trimestre 2018. Petrobras a fait part de résultats mitigés, alors que la direction poursuit son programme de désendettement et s'attache à améliorer sa génération de flux de trésorerie et ses rendements.

 

  Matières premières

Les prix du pétrole sont restés finalement stable au cours de la semaine, à 66$/b pour le Brent (57$/b pour le WTI), mais avec une certaine volatilité. Les prix ont en effet perdu près de 3% après que le président Trump s'est fendu d'un tweet demandant à l'OPEP de se détendre (« take it easy ») en réaction à la hausse des prix du pétrole depuis le début de l'année (+26%, et +33% depuis le point bas de décembre).

Cependant, tant que les productions iranienne et vénézuélienne resteront sous pression, il est difficile d'imaginer une correction des prix. Le Département d'Etat des Ressources Energétiques a d'ailleurs indiqué, par le biais de son responsable F. Fannon, que l'objectif restait de réduire à zéro les exportations iraniennes, et qu'il était prématuré d'anticiper de nouvelles dérogations en mai pour les huit pays autorisés à continuer d'importer du pétrole iranien. Le Département a par ailleurs indiqué qu'il mettra en vente jusqu'à six millions de barils de ses réserves stratégiques en mai.

La volatilité sur les prix va donc probablement se poursuivre, d'autant que l'effet sur les stocks commerciaux américains commence à se faire sentir. Les statistiques ont en effet fait ressortir une baisse surprise de 8,5 millions de barils des inventaires de brut au cours de la semaine, sous l'effet conjugué d'un niveau d'importation au plus bas depuis 1996 (baisse notamment des exportations d'Arabie Saoudite) et d'un niveau d'exportation particulièrement élevé, conduisant les Etats-Unis à être exportateur net de pétrole pour la 2nde fois. La Chine, de son côté, a modifié ses sources d'approvisionnement, qui se concentrent désormais essentiellement sur la Russie et l'Arabie Saoudite, et dans une moindre mesure sur le Venezuela et l'Iran.

La situation au Nigeria pourrait se dégrader suite à la victoire du président sortant. Alors que le groupe des Nigeria Delta Avengers menace les infrastructures pétrolières, le président Buhari a indiqué vouloir augmenter les taxes sur les sociétés pétrolières, ce à quoi Royal Dutch Shell a répondu que le groupe baissera sa production si cela doit se produire. Le pays produit 1,7Mb/j - production qui était de 2,5Mb/j en 2005. 

 

  Dettes d'entreprises

 

Crédit

Le marché est resté ferme cette semaine, porté par l'optimisme sur les négociations sino-américaines et par les annonces de Theresa May suggérant un report du Brexit. L'indice Xover s'est ainsi resserré de 15 points de base et le Main d'environ six points de base.

Swedbank, qui a été associé au scandale de blanchiment d'argent de Danske Bank, a engagé des auditeurs externes pour enquêter sur la situation. Ceux-ci remplaceront le cabinet EY, récemment recruté. Après le profit warning de la semaine dernière, le producteur d'éoliennes Senvion a continué à être sous pression cette semaine. Le groupe est en discussion avec ses créditeurs et actionnaires afin de sécuriser un financement. Un rapport d'expertise sur la restructuration a été demandé. Dans ce contexte, la présentation des résultats 2018 a été reportée. Par ailleurs, les obligations General Electrics ont surperformé. Le groupe poursuit sa réorganisation et a décidé de vendre sa division Biopharma pour 21,4 milliards de dollars au conglomérat industriel Danaher.

OHL (Caa1/B+ ) a surpris le marché avec des résultats en amélioration au quatrième trimestre. Le chiffre d'affaires augmente de 15% sur l'année, après plus de deux ans de recul et la génération d'EBITDA est positive. C'est en grande partie l'activité principale de construction qui a permis ce rebond. Hapag-Lloyd (B2/B+) a annoncé des résultats préliminaires dans la fourchette haute de ses objectifs (CA et EBITDA en hausse de 15% et 8% respectivement) mais la rentabilité reste sous pression face à la hausse du coût des carburants (-0,7 point de marge d'EBITDA). Techem (B+/B2) affiche des résultats décevants avec des ventes en baisse en Italie (déclin de 1,5% des revenus). Enfin, UPC Holdings a encore souffert au quatrième trimestre de la pression concurrentielle en Suisse avec un chiffre d'affaires et un EBITDA qui reculent de 3% et 3,7%. Très positif cependant, un accord a été trouvé sur la cession de d'UPC Suisse à Sunrise pour 6,3 milliards de francs suisses. Sunrise a précisé que les obligations existantes d'UPC resteraient en place dans la nouvelle structure de capital. Les obligations 2029 ont gagné 10 points depuis l'annonce du deal.

Les négociations sur la restructuration de la dette de Nyrstar ont commencé. Plus de 80% des obligations seraient échangées contre des actions et les banques pourraient aussi subir des pertes sur certains prêts. En échange, Trafigura injecterait plus de capital dans le groupe.

Sur le front des fusions-acquisitions, Steinhoff chercherait à vendre Conforama d'ici cet été pour environ 600 à 700 millions d'euros. Avant de rentrer en négociation avec un repreneur, un plan social de grande ampleur serait prévu.

Le marché primaire a été assez dynamique. KBC a émis une AT1 pour 500 millions d'euros de coupon 4.75% (book couvert à hauteur de 3,5 milliards d'euros). UBI Banca a émis une obligation Tier 2 à 10 ans de coupon 5.875%. Côté High Yield, Rexel (BB) et Playtech (BB) ont émis à 7 ans pour 600 millions d'euros et 350 millions d'euros (coupon de 2.75% et 4.25%).

 

Convertibles 

Le primaire des obligations convertibles reste calme en Europe pour cause de publications, mais aux Etats-Unis, nous avons assisté à trois nouvelles opérations. LivePerson (logiciel de vente et de service à la clientèle en temps réel) a émis 200 millions de dollars à 5 ans avec un coupon de 0,75% et une prime de 35% pour les besoins généraux de la société.

Prospect Capital (services d'investissement) a émis 175 millions de dollars à 6,375% d'échéance 2025 avec une prime de 30% afin de refinancer une partie de ses obligations convertibles d'échéance 2020. Enfin, après avoir annoncé l'acquisition des activités biopharmaceutiques de GE, Danaher (Life Science Equipement) a lancé simultanément un placement d'actions ordinaires pour 1,35 milliard de dollars et 1,5 milliard de dollars d'obligations convertibles Mandatory.

Palo Alto (plus forte surpondération des fonds globaux) a publié de très bons résultats, supérieurs aux attentes, et de annoncé de bonnes prévisions. Le chiffre d'affaires a augmenté de 33% et la marge opérationnelle a atteint 24,6% par rapport aux attentes à 21,4%. Toutes les régions ont bien contribué (en particulier l'Europe), le nombre de clients continue de croître (+3.500) et la société a déclaré qu'elle est sur un rythme supérieur aux deux dernières années.

 

 

Achevé de rédiger le 01/03/2019

Elément complémentaire



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