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Une croissance mondiale en apesanteur

Prévisions macro-économiques - 22/01/2018

En bref
  • La croissance américaine pourrait encore accélérer légèrement en 2018 grâce à la mise en oeuvre des baisses d’impôts sur lesquelles se sont mis d’accord les républicains…
  • … et prendre partiellement le relais de la Chine
  • Les banques centrales vont continuer de contrôler les taux d’intérêt et « manipuler » le prix des actifs

La croissance a accéléré en 2017 partout dans le monde, soutenue par la hausse du prix des matières premières, la reprise du cycle industriel et le dynamisme du commerce extérieur.

Le renforcement de la croissance a été particulièrement marqué en zone euro où la croissance du PIB a atteint 2.6% au troisième trimestre 2017 alors qu’aux États-Unis, elle n’a accéléré qu’à 2.3%. En Chine, elle a été de 6.8%. Toutefois, les moteurs de cette croissance sont fragiles. Ils sont très dépendants de la politique économique chinoise, de l’évolution des taux d’intérêt américains et de phénomènes de rattrapage comme en zone euro ou au Brésil.

Or si le Président chinois a confirmé l’importance de maintenir une croissance du PIB relativement dynamique durant les prochaines années pour que la Chine soit un leader mondial incontestable, elle devrait légèrement décélérer à cause des mesures prises pour limiter l’endettement privé. Du côté européen, l’activité va souffrir de l’appréciation de l’euro observée d’avril à août 2017 (+8%). De plus, 2018 devrait être l’année durant laquelle le PIB de la zone euro retrouverait le niveau qu’il aurait dû atteindre s’il n’y avait pas eu la crise. Cela signifie que la croissance ralentirait peu à peu à un rythme proche de son potentiel qui est de 1.2%, malgré une politique monétaire encore très accommodante.

Ainsi, nous anticipons une croissance de 1.8% en zone euro en 2018 et de 1.6% en 2019. Seuls les États-Unis pourraient voir leur croissance accélérer à nouveau en 2018 grâce à la mise en œuvre des baisses d’impôts. Nous prévoyons donc toujours une accélération de la croissance américaine à 2.5% en 2018 après 2.1% en 2017, ce qui pourrait soutenir une appréciation cyclique du dollar. La croissance mondiale pourrait donc se stabiliser en 2018.

Les tensions inflationnistes devraient rester contenues dans
les pays développés.



Les tensions inflationnistes devraient rester contenues dans les pays développés. En effet, les dépenses de consommation des ménages sont contraintes par la faible augmentation des salaires qui reste déterminée par l’évolution de la productivité. Or d’une part, il existe encore des surcapacités en Asie. D’autre part, la diffusion des innovations à l’ensemble du processus productif est lente. D’ailleurs en 2017, la consommation a déçu. Aux États-Unis, elle a crû au même rythme qu’en 2016, et ce malgré une chute du taux d’épargne à 2.9% au mois de novembre (Bureau of economic analysis), un plus bas depuis 10 ans. En zone euro, les dépenses des ménages ont progressé de 1.8% début 2017 après 2% en 2016 selon Eurostat. Au Royaume-Uni, la consommation a augmenté de 1.8% également grâce à une chute du taux d’épargne. En Chine, si la consommation privée représente 40% du PIB contre 35% en 2010, les ventes au détail n’ont augmenté que de 10.3% contre 10.4% en 2016 (National bureau of statistics of China).

Tant que les salaires resteront contraints par la productivité, la demande progressera mollement et les perspectives d’accélération de l’activité seront limitées. Seules des politiques d’investissement dans l’éducation et la formation professionnelle pourront laisser attendre une diffusion plus rapide des innovations et donc une amélioration de la productivité, en particulier dans les services.

En attendant, les banques centrales continuent d’anticiper une inflation sous-jacente modérée. Même la Réserve Fédérale, qui a commencé à relever son taux directeur, a révisé à la baisse le taux Fed fund de long terme de 3% à 2.8% en septembre dernier. Elle est donc pessimiste quant à la capacité de la politique de Donald Trump à générer autre chose que de la croissance éphémère. Les hausses de taux d’intérêt devraient donc être très graduelles malgré la « normalisation » des politiques monétaires. Les banques centrales vont continuer à contrôler les taux d’intérêt et à « manipuler » le prix des actifs.


Cette analyse est extraite du deuxième numéro de la House View publiée par Edmond de Rothschild. 

Cette publication présente les principales convictions d’Edmond de Rothschild en matière de macroéconomie, d’allocation stratégique et pour les principales classes d’actifs. 

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