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Cinq idées de réflexion décalées pour la prévoyance de demain (1/5)

Actualité - 27/11/2018

et si l’on délocalisait nos EMS à l’étranger ?

Ce n’est pas un scoop, en Suisse, la population vieillit. Le groupe de population des 65 ans ou plus s’est fortement accru par rapport à celui des 20 à 64 ans : en 2017, il y avait près de 30 seniors pour cent jeunes, contre environ 6 % au début du siècle dernier, selon les données de l’Office fédéral de la statistique. Actuellement, 1,5 million de personnes ont plus de 65 ans et l’OFS prévoit qu’en 2045, plus de 2,7 millions d’habitants feront partie de ce groupe. La part passera de 18 % à 27 % en trente ans.

La Suisse compte 1’558 établissements médico-sociaux (EMS), recensés dans un atlas à disposition sur le portail de la Confédération. Leur nombre est stable depuis une dizaine d’années. Ils offrent quelque 100’000 places, soit environ 64 places pour mille habitants. La durée de séjour est d’un peu moins de deux ans pour les hommes, un peu moins de trois pour les femmes. Le coût de fonctionnement de ces infrastructures avoisine les 10 milliards de francs annuel. Ce sont les cantons qui assurent le pilotage, la planification et une partie du financement des institutions médico-sociales. La faîtière des EMS, Curaviva, a lancé son « Modèle d’habitat et de soins 2030 », visant à permettre aux personnes de plus de 80 ans de continuer de vivre chez elles, tout en bénéficiant de soins. Les EMS ne seraient plus conçus comme des bâtiments, mais fonctionneraient dès lors comme des structures décentralisées. C’est dans un objectif de maîtrise des coûts, puisque la faîtière estime qu’en raison du vieillissement de la population, le nombre de personnes âgées dépendantes augmentera de 45 % d’ici à 2030.

De multiples pays européens font aussi face au vieillissement de la population : on recense, par exemple en Allemagne, quelque 2,3 millions de personnes dépendantes (sur une population totale de plus de 80 millions de personnes), un nombre qui devrait doubler d’ici à 2050. Les lits se font plus rares et plus chers, faute de personnel qualifié et les retraités partent de plus en plus dans des maisons de retraites des pays de l’Est.

Quoi qu’il en soit, le transfert des personnes âgées dans des EMS en Suisse ou à l’étranger n’aurait a priori aucun effet sur la situation des caisses de pension, car le droit des assurés à toucher leur rente est acquis, quel que soit le modèle d’habitat ou le lieu de domicile.

Article rédigé par Rachel Richterich journaliste au Temps