Les banques centrales font la pluie et le beau temps

Stratégie d'allocation d'actifs - 03/04/2019

Depuis le début de l’année, le rebond des marchés des actions et des obligations est aussi impressionnant que l’évolution des fondamentaux et des flux demeure infinitésimale. Le plongeon du quatrième trimestre était une affaire de banques centrales et il en est exactement de même pour expliquer le redémarrage fulgurant de ces dernières semaines.

Indéniablement, les banques centrales ont radicalement changé de braquet. La Fed a ainsi annoncé la fin prochaine de sa politique de contraction de son bilan et n’envisage plus de hausse de taux, la question restant ouverte pour un ultime resserrement l’an prochain. Quant à la BCE, à l’instar de la Fed, elle exclut tout resserrement cette année et dévoilera d’ici le mois de juin les conditions - probablement plus strictes que lors des vagues précédentes – des opérations ciblées de refinancement à long terme (TLTRO) accordées aux banques à partir de septembre pour soutenir la conjoncture. Par ailleurs, elle dit réfléchir à un système qui réduirait les inconvénients posés (aux banques) par les taux négatifs. Sans aucun doute, les banques centrales envoient un signal beaucoup plus favorable pour les investisseurs, invitant à davantage de sérénité et de nature à réduire la volatilité.

Pour autant,

    • Si les banques centrales sont devenues complaisantes, elles ne sont pas non plus redevenues accommodantes. Il existe donc une limite à ce rally orchestré par les institutions monétaires. Après tout, pour un investisseur américain, un certificat de dépôts à 3 mois rémunère 2.6%, un beau rendement pour une solution de repli en cas de montée de l’incertitude.
    • Les statistiques économiques restent plutôt fébriles à ce stade. Même aux Etats-Unis où la visibilité reste pourtant bonne, quelques statistiques ont récemment décroché.
    • L’inversion de la partie courte de la courbe des taux américaine comme la pression baissière des marges des entreprises sont les premiers signaux de « fin de cycle » apparus depuis peu qui peuvent inquiéter les investisseurs.
    • La liquidité des marchés est plutôt modeste et nous notons le retour de fortes positions vendeuses sur la volatilité (contrats VIX).

 

A retenir
  • La prudence tactique est de mise
  • Réduction des risques au sein des portefeuilles
  • Sous-pondération des actions

 

Il est donc tout à fait possible que nous rentrions dans une période plus hésitante sur les marchés, invitant à réduire un peu les risques des portefeuilles. Ainsi, nous abaissons le poids des actions en les sous-pondérant légèrement. Cela étant, nous gardons à l’esprit que les perspectives au-delà du court terme restent favorables. Nous anticipons une reprise progressive en Chine qui ne manquera pas de soutenir l’économie européenne, suscitant un pessimisme nous semblant désormais un peu excessif. C’est donc entre la fin du rally orchestré par les banques centrales et avant la mise en place de cette resynchronisation de la croissance mondiale que la prudence tactique trouve toute sa place.

    Nos vues pour avril Evolution par rapport au mois précédent
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Convertibles Euro
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MONÉTAIRE    

 

A suivre
  • Prochaine réunion de la BCE : 10 avril
  • Prochaine réunion de la BoJ : 24 et 25 avril
  • Prochaine réunion de la Fed : 30 avril et 1er mai

 

Elément complémentaire