Les risques protectionnistes alimentent la volatilité

Stratégie d'allocation d'actifs - 12/03/2018

Nous avions abordé le début d’année avec une exposition aux actifs risqués plus neutre par craintes de retour de la volatilité. Les deux grands facteurs ayant engendré des tensions sont bien identifiés : la crainte d’une tension inflationniste aux Etats-Unis ainsi que le risque de résurgence du protectionnisme.

Il est trop tôt pour s’inquiéter des excès de l’inflation

Il ne fait aucun doute que l’inflation américaine est orientée à la hausse, mais tout est question de mesure. La réaction des marchés suite à la publication des statistiques sur les salaires horaires aux Etats-Unis de janvier a été si brutale qu’elle a constitué à nos yeux un point d’entrée pour se réexposer sur les actions. En effet, les  statistiques économiques mensuelles sont souvent erratiques, ce qui oblige à ne pas sur-interpréter la lecture des dernières données. Ensuite, pour anticiper trois, voire peut-être désormais quatre hausses de taux cette année, la Réserve fédérale prévoit elle-même une remontée de l’inflation. N’ayant cessé d’être inférieure aux attentes jusqu’ici, il faudrait déjà que l’inflation se redresse davantage pour converger vers le scénario de la Fed avant de commencer à s’inquiéter de ses éventuels excès. Enfin, du fait de positions vendeuses massives de contrats sur les indices de volatilité, les marchés étaient devenus techniquement fragiles.

La mise en place de tarifs à l’importation sur l’acier et l’aluminium a un effet pour l’heure symbolique car elle n’aura pas d’effets tangibles sur l’économie mondiale. En revanche, une course au protectionnisme en aurait très vraisemblablement, même s’il est objectivement difficile d’en mesurer avec un minimum de précision les contours. Les investisseurs, dans le doute, sont donc en train de constituer une prime de risque, intégrant l’éventualité d’une guerre commerciale, et de ses bien incertaines conséquences. Pour l’heure, nous estimons qu’il est prématuré de s’inquiéter à outrance de ce risque, même si nous devrions avoir d’autres rebondissements.

A retenir
  • Privilégier les actions
  • Toujours préférer l’Europe et le Japon
  • Remonter la pondération des obligations américaines

Séduire plutôt qu’agir

Certes, le départ de la Maison Blanche du libre-échangiste  Gary Cohn pose de nombreuses questions sur les intentions protectionnistes de l’administration américaine. Mais rappelons que les mid-term elections dans quelques mois s’annoncent difficiles pour les Républicains et qu’il n’est pas impossible que le Président cherche surtout à envoyer un message politique aux ouvriers du rust belt qui ont voté pour la première fois pour un candidat républicain. Le but ne serait pas tant d’agir que de séduire certaines franges électorales.

Ensuite, au niveau international,  il y a une volonté de forcer la Chine à s’ouvrir davantage et à mieux respecter les droits de propriétés intellectuels. En effet, beaucoup de retours d’expériences d’ entreprises américaines sur leur développement en Chine sont négatifs, du fait d’un protectionnisme explicite ou implicite des autorités de Pékin, et les chefs d’entreprises s’en plaignent à Washington. La Chine, qui aurait beaucoup à perdre dans une guerre commerciale, est de surcroît aujourd’hui plus développée et plus forte pour faire des concessions qui pourraient très vraisemblablement enterrer le risque de guerre commerciale. Ainsi, la question protectionniste risque de perdurer et de créer de la volatilité pendant quelques mois mais nous ne percevons pas à ce stade un risque suffisamment élevé pour modifier notre scénario.  

Nous avons remonté nos expositions en actions dans le creux de février, en gardant les mêmes préférences géographiques (Europe, Japon), tout en atténuant les écarts de pondération avec les Etats-Unis et les pays émergents. Nous considérons également qu’il n’est plus nécessaire de se tenir à l’écart des obligations américaines après la hausse des rendements de ces derniers mois en remontant leurs pondérations.

    Nos vues pour mars Evolution par rapport au mois précédent
ACTIONS
US
Europe
  Euro
  Royaume-Uni
Japon
Emergents
TAUX
US
Euro
Investment Grade
High Yield
Monétaire
DIVERSIFICATION    
Convertibles Euro
Dollar
A suivre
  • Prochaine réunion de la Fed : 20 et 21 mars
  • Prochaine réunion de la BCE : 26 avril
  • Prochaine réunion de la BoJ : 26 et 27 avril

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