Quelles issues pour les élections présidentielles au Mexique ?

Actualité - 29/06/2018

Patricia Urbano, spécialiste des actions émergentes chez Edmond de Rothschild Asset Management, décrypte la situation mexicaine à la veille des élections.

L’élection présidentielle approche au Mexique. Le dimanche 1er juillet, les Mexicains choisiront leur nouveau président et renouvelleront l’intégralité du Congrès (la chambre basse et le Sénat). Les sondages continuent à indiquer une large avance pour Andrés Obrador (connu sous le nom de « AMLO »), du parti Morena. Le processus des élections présidentielles mexicaines ne prévoit qu’un seul tour, ce qui favorise les alliances de dernière minute et de potentielles surprises. Néanmoins, nous pensons qu’Andrés Obrador remportera ce scrutin et que son parti s’imposera largement au Congrès.

Andrés Obrador est candidat à la présidence pour la troisième fois. Sa cote de popularité a sensiblement augmenté depuis les déclarations de Donald Trump contre les immigrants mexicains et les nombreux cas de corruption pendant le mandat du président Pena Nieto. Il a d’ailleurs mené une campagne anti-corruption et reposant sur des positions nationalistes.

Andrés Obrador critique depuis bien longtemps la réforme du secteur de l’énergie. Il propose également d’augmenter les dépenses sociales, notamment en faveur des étudiants et des personnes âgées, ainsi qu’un meilleur accès à l’éducation. Toutefois, à la fin de sa campagne électorale, AMLO a adopté un ton plus modéré. Il a notamment changé son fusil d’épaule concernant la construction du nouvel aéroport international à Mexico et l’augmentation des adjudications de gisements pétroliers et gaziers. Andrés Obrador a fait savoir qu’il comptait mener une politique fiscale plus responsable que les autres candidats afin de démontrer sa crédibilité face aux investisseurs. Il ne veut commettre aucune erreur de communication. AMLO a réussi à tisser des alliances avec de grands dirigeants d’entreprises et des groupes de centre-droit au Mexique, confirmant notamment la nomination d’Alfonso Romo, un homme d’affaires très influent, en tant que directeur de sa campagne.

L’économie réelle se porte bien. La croissance du PIB ressort à 2,2%1 et le taux de chômage est faible, à 3,2%.1 L’économie américaine est également dynamique et soutient le Mexique. Toutefois, de nombreuses incertitudes subsistent. Quelles seront les décisions de Donald Trump concernant l’accord commercial de l’ALENA ? Imposera-t-il de nouveaux tarifs douaniers sur les importations, en particulier sur le secteur automobile ? Andrés Obrador prendra-t-il des mesures favorables aux marchés s’il obtient la majorité au Congrès ?

Sources : OCDE