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Cinq idées décalées pour la prévoyance de demain (4/5)

Actualité - 13/12/2018

et si l’on considérait le taux de projection à zéro ou un système libre ?

La prévoyance professionnelle est obligatoire depuis 1985. À l’époque, pour la partie obligatoire (revenus annuels jusqu’à 84’600 francs), le taux de conversion, qui permet de convertir le capital en une rente, avait été fixé à 7,2 %. Il est passé à 6,8 %. Dans le même temps, l’espérance de vie après la retraite a augmenté – elle était de 15 ans pour les hommes en 1985, 19 ans pour les femmes, contre 19,7 ans et 22,5 ans aujourd’hui – alors que les rendements espérés sur le long terme ont, eux, été divisés par deux en passant de 4% à environ 2 - 2,5 %, notamment du fait de la baisse des taux d’intérêts sur les obligations de la Confédération. La réforme Prévoyance viellesse 2020 voulait ramener le taux de conversion à 6 %, mais le projet a été rejeté dans les urnes.

Dans le même temps, le taux technique (valeur actuelle des engagements) ne fait que de baisser sur la dernière décennie et s’inscrit autour des 2 - 2,5 % reflétant les espérances de rendement futur. Soit bien en dessous des 4 % que l’on estime applicables à un taux de conversion de 6 %. Pour les experts, le niveau réaliste du taux de conversion pour un taux technique de 2,5 % se situe autour de 5,5 %.

Le système flexible existe, pas très loin de chez nous, au Liechtenstein. Dans la Principauté - qui affiche des valeurs démographiques similaires à la Suisse avec un indice de fécondité de 1,59 enfant par femme et une espérance de vie de 82 ans - le taux minimum et le taux de conversion sont déterminés par les caisses de pension elles-mêmes. Elles peuvent l’adapter si nécessaire, en fonction des rendements et de l’évolution démographique. Le taux de conversion est ressorti à 5,9 % fin 2016.